SOCIÉTÉ

Salif Keïta : La démocratie n’est pas bonne pour l’Afrique

Le célèbre musicien malien Salif Keïta a déclaré que la démocratie n’était pas une bonne chose pour l’Afrique. Elle aurait selon lui besoin de « dictateurs bienveillants ».

Un autre blanc est sorti en octobre 2018. Il s’agit du dernier album en date du fameux musicien malien Salif Keïta. Cet opus de ce descendant direct de Soundjata Keïta, le fondateur de l’empire du Mali au treizième siècle, sera aussi, selon l’intéressé, son dernier album tout court.  L’artiste né en 1949 souhaite se consacrer à des projets moins importants. Il songe surtout à se reposer, après 50 ans de carrière.

Salif Keïta

Dans le cadre de la promotion d’Un autre Blanc-une référence à sa condition d’albinos-, Keïta s’est entretenu avec le journal britannique The Guardian. Il s’y est exprimé au sujet de son album, de l’albinisme, mais aussi de la politique dans son pays.

« Le Mali est le pays le plus corrompu du monde, après le Cameroun », a-t-il déclaré. « Il est difficile d’être une bonne personne quand on est corrompu et nos politiciens sont toujours corrompus ».

Salif Keïta a aussi évoqué la démocratie en des termes peu flatteurs. Souvent présentée comme une panacée pour les régimes africains, elle serait nocive pour les Africains.

« La démocratie n’est pas une bonne chose pour l’Afrique. Nous étions tous contents de voir la démocratie  arriver en Afrique, mais elle a détruit la sensibilité humaine. Pour avoir une démocratie, les gens doivent comprendre la démocratie. Mais comment les gens peuvent-ils comprendre la démocratie quand 85% de la population ne sait ni lire ni écrire? Ils ont besoin d’un dictateur bienveillant comme en Chine. Quelqu’un qui aime son pays et agit pour son pays. »

Salif Keïta, Un autre blanc, 2018, Naïve Records, avec notamment des featurings, de MHD, d’Alpha Blondy et Angélique Kidjo.

 

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