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Le réalisme politique : une invention africaine

Culture

Le réalisme politique : une invention africaine

Par Sandro CAPO CHICHI

Les Enseignements pour Mérikaré sont un texte égyptien vieux de près de 4000 ans qui anticipe de manière très frappante les écrits d’écrivains européens dans l’histoire comme Le Prince de Machiavel. Il préfigure ainsi la doctrine philosophique que constitue le réalisme politique.

Par African Strategies

Les Enseignements pour Mérikaré

Les enseignements pour Mérikaré sont un texte égyptien vieux de près de 4000 ans. Ils font état des conseils donnés par un roi en fin de vie à son fils et successeur. Ce roi est Khety, un roi de la Première Période Intermédiaire, plus précisément de la période héracléopolitaine, qui correspond aux neuvièmes et dixièmes dynasties égyptiennes (environ  2081-1987 avant notre ère). Il s’adresse à son fils Merikare Khety, d’où le titre donné au texte, ‘Enseignements / Instructions pour Mérikaré’. Le texte a toutefois vraisemblablement été écrit plus tard, durant la période du Moyen Empire.

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L’origine africaine du réalisme politique: Représentation moderne de Khety, père de Mérikaré

Celle-ci dura entre le 20ème et le 18ème siècle avant notre ère. La Première Période Intermédiaire est une période d’instabilité politique en Egypte ancienne qui fait pont entre les périodes plus stables que sont l’Ancien et le Moyen Empire. Durant la période héracléopolitaine, Khety et Mérikaré étaient souverains d’un petit royaume formé autour de la ville d’Héracléopolis au sud de l’Egypte. Ce texte est une sorte de manuel destiné à comment bien régner et conserver le pouvoir.

Le réalisme politique en Occident

Le réalisme politique est un courant de pensée philosophique. Ses tenants proposent que la politique, tant extérieure qu’intérieure, doit tenir compte de la réalité humaine telle qu’elle est et non pas comme on voudrait qu’elle soit. L’égoïsme fait partie intégrante de l’humanité et les êtres humains,  comme les Etats par extension, doivent en tenir compte. L’absence de gouvernement international oblige les états à devoir lutter pour ses propres intérêts et pour sa survie, indépendamment de, ou en tous cas avant toute considération morale ou éthique.

Le réalisme politique : une invention des Grecs de l’Antiquité?

Thucydide était un général et philosophe grec du 5ème siècle avant notre ère. Il a participé à la guerre du Péloponnèse. Cette guerre a opposé sa cité d’Athènes à celle de Sparte. Thucydide a écrit une histoire de ce conflit, ‘Histoire de la guerre du Péloponnèse’. Dans cet ouvrage,  il présente le conflit sans le filtre de la religion. Un passage du livre illustrant particulièrement le concept de réalisme politique est celui du ‘dialogue mélien’. Dans celui-ci, les Athéniens, de fait plus puissants que les Méliens, leur demandent de se soumettre à eux ou à être envahis et détruits.

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Le réalisme politique,  une invention africaine : Portrait antique de Thucydide, Musée Pouchkine

Les Méliens refusent, citant leur droit en tant que cité de rester neutres et libre. Ils se disent prêts à se battre et sont convaincus qu’ils seront aidés par leurs dieux et par leur justice, malgré leur infériorité militaire.  Ils affirment que les ennemis d’Athènes, les Spartiates, sont apparentés aux Méliens et leur viendront en aide en raison de cette parenté.

Les Athéniens répondent de manière cynique et affirment qu’ils n’ont pas de raison de ne pas les envahir. La justice ne s’applique pas entre puissances inégales. Les Athéniens mettent alors à exécution leurs menaces. Ils mettent le siège devant la cité de Mélos, tuent les hommes en état de se battre et mettent en esclavage les femmes et enfants de la cité. Dans le texte, les Athéniens peuvent être considérés comme l’archétype de celui qui abuse de sa puissance, et les Méliens de l’idéaliste. La position réaliste se situe entre les deux.

Les Athéniens abusent en utilisant la force contre un ennemi qui ne constitue aucune menace. C’est ce même usage abusif de la force, couplé à l’orgueil des Athéniens qui les conduira plus tard à leur catastrophique invasion de la Sicile, invasion qui constitua un tournant dans la défaite finale des Athéniens dans la guerre contre Sparte.

Une situation parallèle se retrouve à propos du royaume de Dahomey, état situé au sud de l’actuelle République du Bénin entre les 17ème et 19ème siècles. L’économie du royaume était basée sur les razzias effectuées envers d’autres populations voisines. Cet usage de la force contre des populations parfois sans défense a fini par causer de sérieux problèmes à la survie du royaume après avoir assuré sa prospérité. L’hostilité des populations voisines se manifestera à plusieurs reprises, jusqu’à l’acclamation de la conquête du royaume par les colons français par la grande majorité des populations voisines du royaume.

Le réalisme politique de Machiavel

Nicolas Machiavel était un homme politique et écrivain italien des 15ème et 16ème siècles. Il est principalement connu pour son ouvrage ‘Le Prince’. Il s’agit d’un manuel expliquant comment gagner et conserver le pouvoir. Machiavel l’a dédicacé à Laurent de Médicis, dont il espère qu’il parviendra à bien régner sur la cité-état de Florence, la cité de Machiavel, et à y conserver le pouvoir.

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L’origine africaine du réalisme politique : Machiavel par Santi di Tito

En rupture avec les écrits de ses contemporains et prédécesseurs empreints de morale et d’éthique chrétienne et gréco-latine, Machiavel met au second plan tout recours à la morale et à l’éthique au détriment de ce qui est bon et nécessaire au bien-être et au maintien de l’Etat. Pour assurer ces derniers objectifs, Machiavel justifie le recours à des actes qu’il considère comme étant ‘mauvais’. Même s’il ne l’a pas employée dans ‘Le Prince’, la phrase ‘la fin justifie les moyens’ est souvent utilisée pour symboliser la pensée ‘machiavélique’.

Malgré la connotation négative associée à son nom dans l’inconscient collectif, Machiavel était en réalité un patriote florentin soucieux de voir un prince unifier l’Italie dans le cadre d’un état fort. Son souhait à l’époque n’est pas très différent de ce qu’attendent aujourd’hui nombre d’Africains et d’Afro-descendants, las de voir le continent noir détruit par des conflits et incapable de se défendre de son exploitation par des puissances extérieures.

Le réalisme politique de Hobbes

Selon Thomas Hobbes, philosophe anglais du 17ème siècle, la nature est par essence anarchique. Dans son ouvrage Léviathan, il explique que l’homme peut à tout moment être victime de violence de la part de son prochain, pour avoir accès à des ressources, à la gloire et au pouvoir. Il doit pouvoir se défendre de ces agressions naturelles et peut avoir recours à des actions violentes pour éviter d’être victime de telles agressions.

Seule la soumission des hommes à un souverain suffisamment fort  peut faire cesser cet état d’anarchie et leur garantir la sécurité.

Dans l’histoire de l’Afrique, cette situation est parfaitement illustrée par l’insécurité régnant dans le sud de l’actuelle République du Bénin au 18ème siècle et avant, dans le contexte de la traite des Noirs. Comme l’explique Patrick Claffey, citant Robin Law:
« «La traite esclavagiste transatlantique a exercé une pression énorme sur les sociétés de la Côte de Guinée. Les commerçants européens rivalisaient entre eux et recherchaient des monopoles avec les pouvoirs locaux et au début du XVIIe siècle, l’évidence suggère un scénario hobbesien de « guerre de chacun contre contre chacun» pour tenter de satisfaire la demande des usines d’esclaves de la côte.

[Dahomey], comme [l’empire] Asante, a émergé tôt au XVIIIe siècle en réponse au chaos croissant, ayant réussi à vaincre les petits royaumes de Ouidah et d’Allada. Allada, la puissance dominante à l’époque, était un État faible, dépourvu de la structure et du pouvoir coercitif nécessaires pour contrôler la situation. Entre 1690 et 1724, Ouidah était en conflit à la fois interne et avec Allada auquel il était soumis.

Dans cette situation, il n’est guère surprenant que ce qui en est ressorti était un État excessivement fort, et qui, au XVIIIe siècle, a présenté « une image cohérente [. . .] caractérisée par trois éléments principaux : le militarisme, la brutalité (notamment la pratique du sacrifice humain) et le despotisme dans le gouvernement ».

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L’origine africaine du réalisme politique : Carte du royaume de Dahomey

Cependant, le simple fait était que « Dahomey [avait] finalement réussi à rétablir l’ordre dans la région, parce qu’il était organisé sur des principes radicalement différents ;  « sa structure politique était très centralisée, ses rois élevant leurs l’autorité sur la conquête militaire plutôt que le droit dynastique, et jouissant pouvoir autocratique effectivement illimité ». Il s’agissait d’une solution hobbesienne à un problème hobbesien. »

En outre, comme l’a écrit Edna Bay, « bien que des esclaves vendus dans le royaume et les prisonniers de guerre pouvaient être condamnés au nom de la religion d’état, l’élite de l’état montrait paradoxalement en principe un grand respect pour la vie humaine, et contrôlait avec soin le fait de prendre la vie (d’autrui) », ceci pour les sujets du royaume de Dahomey bien sûr et non pour leurs voisins objets de leurs exactions.

L’épopée de Soundjata, fondateur de l’empire de Mali vers le 13ème siècle présente celui-ci comme restaurant l’ordre social, notamment dans les razzias auxquelles étaient soumises les populations du Manden, la région qui constituait le coeur de l’Empire. Dans les sociétés de Mali et de Dahomey comme le montrent les observations de voyageurs étrangers, maghrébin et européen respectivement. Ainsi, pour Ibn Battuta, visiteur de l’empire de Mali au XVème siècle:

« Parmi leurs qualités il y a le maigre degré d’injustice parmi eux, parce qu’il n’y a pas de peuple qui en soit aussi éloigné. Leur sultan ne pardonne personne en ce qui concerne toute affaire d’injustice. Parmi ces qualités, il y aussi la prévalence de la paix dans leur pays, le voyageur n’a pas à y avoir peur, ni celui qui y vit n’a à avoir peur du voleur ou du braqueur.

Ils n’interfèrent pas avec la propriété de l’homme blanc qui meurt dans leur pays, même si celle-ci est constituée de grandes richesses, mais la confient plutôt à une personne de confiance parmi les Blancs qui le garde jusqu’à ce que le prétendant légitime ne la récupère ».

De même, en 1728, un voyageur français anonyme rapporta du roi Agadja qu' »il coupe la tête de quiconque vole ne serait-ce qu’un cauri; on voyage dans son pays avec plus de sécurité qu’en Europe; ceux qui trouvent quelque chose sur la route n’osent pas le toucher, il reste là jusqu’à ce qu’à la personne qui l’a perdue ne la récupère. »

La situation était, selon, les voyageurs étrangers, différente à Ouidah où régnait l’insécurité.  William Baillie, en 1718 par exemple, avait noté que « personne ne peut dire de ses affaires qu’elles sont en sécuirité dans ce pays ».

Le réalisme politique et son application à la vie de tous les jours par Robert Greene

Robert Greene est un écrivain américain. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les dynamiques sociales tels que les 48 lois du pouvoir, l’Art de La Séduction, les 33 stratégies de la guerre et la 50ème Loi (avec le rappeur 50 Cent). Surnommé le Machiavel du 20ème siècle, il utilise des exemples de l’histoire du monde entier pour illustrer des lois sur la nature et les comportements humains.

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L’origine africaine du réalisme politique : Robert Greene

L’une des lois les plus fameuses énoncées par Robert Greene est issue de son premier ouvrage les 48 Lois du pouvoir : « Ne faites jamais de l’ombre au maître ». Par ce conseil, Greene explique comment la volonté de réaliser des actions remarquables pour impressionner leurs supérieurs hiérarchiques peut parfois se retourner contre eux. Plutôt que de les satisfaire, ils fragilisent l’ego de leurs supérieurs qui ne trainent généralement pas pour s’en débarrasser.

En Afrique, un exemple particulièrement illustratif de cette situation se trouve dans l’épopée de Soundjata Keïta, fondateur, au treizième siècle de notre ère de l’Empire de Mali. Un passage de cette épopée met en scène Tiramagan Traoré, l’un de ses plus fidèles généraux. Soundjata lui confie la conquête du royaume de Djolof, dans l’actuel Sénégambie. Le souverain de Djolof avait manqué de respect à Soundjata en refusant de lui vendre des chevaux. Comme le rappelle John William Johnson:

« Soundjata donne donc à [Tiramagan] le commandement de la campagne et l’ancêtre des Traoré conquiert la Gambie, décapitant son roi, lavant l’affront et devient incontestablement un héros à part entière. Avant de se mettre sur la route du retour vers le Mali, [Tiramagan] observe une scène étrange où un immense aigle s’abat sur un puissant faucon volant à un niveau plus bas dans le ciel.

Le guerrier Traoré interprète cette vision comme un signe de sa mort imminente avec lui-même dans le rôle du faucon et Soundjata dans le rôle de l’aigle. Evidemment, une bande d’assassins arrive de manière inattendue de Mali et tue [Tiramagan] , qui était devenu un héros d’une telle dimension qu’il menaçait désormais la puissance de son maître. »

Le réalisme politique : similarités entre les Enseignements pour Mérikaré et Le Prince de Machiavel

Plusieurs chercheurs ont comparé les Instructions pour Mérikaré et Le Prince de Machiavel. Le plus récent et le plus détaillé d’entre eux est l’oeuvre de l’Allemand Christian Langer.

Un des plus fameux passages du Prince de Machiavel est probablement celui qui explique comment pour posséder en sûreté des territoires, « il suffit d’avoir exterminé la lignée du prince qui en était le maître ». En ajoutant à cela un autre passage du même ouvrage, « il faut remarquer que les hommes doivent être ou caressés ou écrasés : ils se vengent des injures légères ; ils ne le peuvent quand elles sont très grandes ; d’où il suit que, quand il s’agit d’offenser un homme, il faut le faire de telle manière qu’on ne puisse redouter sa vengeance », on se retrouve avec un parallèle parfait avec le passage des Enseignements pour Merikare qui dit :

Si tu trouves quelqu’un qui n’avait originellement pas beaucoup de partisans et que ses concitoyens ne connaissaient pas, mais dont les partisans sont désormais une multitude, qu’ils le respectent pour ses possessions et pour son intelligence, qu’il a gagné la confiance des gens, qu’il est entré dans les bonnes grâces de ses dépendants et qui persiste à semer le trouble et faire parler de lui, débarrasse-toi de lui et tue ses enfants, fais disparaître son nom, détruis ses partisans, et bannis son souvenir de celui de ceux qui le respectent. 

Un autre parallèle tracé par Langer concerne le passage de Mérikaré:

Promeus tes dignitaires de manière à ce qu’ils obéissent à tes demandes, parce que celui qui est riche ne te trahira pas et que celui qui ne manque de rien est un homme riche. Un homme qui se dit ‘Si j’avais eu…’  ne peut pas être fiable. Il sera partial envers celui qui est généreux envers lui et biaisé envers celui qui le paie.  Grand est le souverain dont les dignitaires sont grands (…) C’est la façade d’une maison qui permet à son arrière d’être respecté. 

Parallèles avec le monde contemporain

Certains auteurs ont proposé que la brutalité du commentaire du texte égyptien est probablement due à un contexte particulier. L’Egypte vivait alors la période troublée de la Première Période Intermédiaire. Le territoire  égyptien était morcelé et caractérisé par l’anarchie et l’absence d’un pouvoir fort capable de garantir la sécurité de la population sur l’ensemble du territoire.

On pourrait se dire que c’est aussi cette nécessité de maintenir l’ordre, après une période d’insécurité dans le Mali médiéval qui avait aussi conduit, Soundjata Kéïta, fondateur de l’Empire de Mali à faire assassiner les vieux souverains de la région qui refusaient de se soumettre à son autorité de Mansa (roi des rois).

En comparaison, l’un des successeurs de Soundjata, le Mansa Sulaiman, ne fit pas couler le sang de son épouse principale et partenaire de règne, qui chercha pourtant à le déposer et à le remplacer par un de ses frères. Il ne fit que la destituer et la remplacer par une de ses épouses après un court exil, de sincères excuses de sa part et de celle de sa famille.

Plus tard dans l’histoire, le pharaon égyptien Thoutmosis III, après sa prise de Qadesh, n’appliqua en effet pas l’instruction pour Mérikaré. Au contraire, il plaça des superviseurs égyptiens sur place, laissa la vie sauve aux chefs syriens, mais déporta leurs enfants en Egypte. Ceux-ci étaient contraint à un travail forcé.

Toutefois, cette activité semble avoir été réalisée d’une manière moins coercitive que celle des déportés syriens de classes sociales inférieures. Cette prise en otage forçait les souverains locaux à se tenir tranquilles et à ne pas se rebeller contre l’Egypte.

Lorsqu’ils devaient revenir pour régner dans leurs pays d’origine, les jeunes princes, travaillant dans de meilleures conditions que leurs compatriotes, seraient élevés dans la reconnaissance de l’Egypte, dans un sentiment de noblesse et deviendraient des alliés des Egyptiens et peu prompts à se rebeller.

Toutefois, d’autres exemples montrent que des rois Egyptiens n’étaient pas aussi scrupuleux que Thoutmosis III. Amenhotep II, par exemple, avait personnellement exécuté sept princes syriens et accroché leurs cadavres à l’envers sur la proue de son bateau. L’un d’entre eux fut accroché à Napata, dans l’actuel Soudan, pour décourager toute velléité de rébellion dans cette région.

Les égyptologues ayant comparé ces passages des Enseignements pour Mérikaré et le Prince ont noté une différence entre les deux. Alors que Machiavel se désintéresse complètement de la question de la morale chrétienne,  les Enseignements pour Mérikaré sont décrits comme étant conformes à la Maât, l’ordre divin.

Le réalisme social des Egyptiens anciens se retrouve aussi dans le traitement des subordonnés. Pour les auteurs des instructions pour Mérikaré, la loyauté est le privilège du plus offrant. Les gens ne se satisfont pas pas tous d’une vie d’amour et d’eau fraîche. Au delà du minimum nécessaire pour vivre et faire vivre les leurs, leur égo les conduit à être jaloux de leur voisin et à exiger une rémunération ou un statut identique, voire supérieur.

Le réalisme politique: quelle récupération par les Africains?

On l’a vu, le réalisme politique est, en l’état actuel de nos connaissances, une invention des Egyptiens anciens, donc de l’Afrique. L’Afrique et les Africains d’aujourd’hui peuvent en être fière et s’en réclamer. Sans dérives contre les droits de l’homme, mais pour se situer, comme elle le devrait, dans un monde qui n’est pas peuplé, comme le dirait Robert Greene, par des descendants d’anges, mais des descendants de chimpanzés bien souvent guidés par leur égos et leurs intérêts personnels.

 

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