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A 19 ans, il a créé un système pour diagnostiquer les cancers du sein

Le Ghanéen Mustapha Diyanol Haqq est un jeune programmeur autodidacte. Il a créé un système permettant de détecter et de diagnostiquer les cancers du sein.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.media

Le cancer du sein, un tueur silencieux en Afrique subsaharienne

La panique autour des épidémies comme Ebola ou le Coronavirus génère souvent des réactions immédiates des autorités des pays africains. Ce fut notamment le cas au Nigeria en 2014. Contrairement aux nombreuses prévisions pessimistes, le pays parvint à neutraliser l’épidémie grâce à un système de prévention efficace. Derrière ce succès, d’autres maladies continuent pourtant à tuer de manière silencieuse au Nigeria et ailleurs en Afrique. C’est le cas des cancers du sein.

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Certes, les cas de cancers du sein sont relativement faibles en Afrique noire. Toutefois, le taux de mortalité qui leur est associé est étonnamment élevé. Le taux, d’environ 20% aux Etats-Unis et en Europe serait de 60% en Afrique subsaharienne. Il devrait aussi doubler d’ici 2030. Les cancers du sein impactent aussi les femmes noires d’une autre manière. Selon une étude de 2012, les deux tiers des femmes noires atteintes du cancer du sein l’ont eu avant la ménopause. Ces statistiques tranchent avec la situation chez les femmes blanches victimes de cancers du sein. Celles-ci sont majoritairement ménopausées.

Mustapha Diyanol Haqq, créateur d’un système pour détecter et diagnostiquer les cancers du sein

Trois des principales sources de la mortalité associée aux cancers du sein en Afrique noire sont les suivantses. Il s’agit de l’absence de prévention, d’outils de diagnostics et les diagnostics tardifs. Un jeune Ghanéen, Mustapha Diyanol Haqq a pris conscience de ce problème. Pour y apporter une solution, le jeune homme âgé de 19 ans en 2019 a utilisé ses compétences en codage. Ces dernières, il les acquises dans des cours en ligne. La connexion internet n’est toutefois généralement pas bonne à Kumasi au Ghana.  Il a donc du compter sur le soutien financier de ses parents pour fréquenter des cybercafés.

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Grâce à ses connaissances, il a créé un système permettant, en mobilisant l’intelligence artificielle, de déterminer si une tumeur est maligne, bénigne et si, dans le premier cas, dans combien de temps elle réapparaîtra. elle sera  récurrente. Le jeune homme a testé son invention sur une base de données comprenant des échantillons de tumeurs bénignes et malignes compilées par l’Université de Californie à Irvine.  Le jeune homme espère que son invention sera utilisée par les médecins pour diagnostiquer les cancers du sein. Avec un système adéquat de prévention de la maladie, on peut espérer que comme Ebola, que le monde pensait voir ravager l’Afrique, le cancer du sein n’augmentera pas de manière aussi inquiétante qu’on le croît d’ici 2030.

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