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LA CÔTE D’IVOIRE LAISSE PASSER LE QUART

Sport

LA CÔTE D’IVOIRE LAISSE PASSER LE QUART

Par Dozilet Kpolo 27 janvier 2022

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LA CÔTE D'IVOIRE LAISSE PASSER LE QUART
Et pourtant, Eric Bailly a dominé Mohamed Salah.

Certes, la Côte d’Ivoire a perdu mais le match autrefois amical contre le Cameroun a pris une vilaine tournure sur certains réseaux sociaux. Oh honte !

« On va gagner ! » pronostique ce chauffeur court & chauve de VTC, beaucoup plus courtois et bon conducteur que la plupart des chauffeurs YANGO ; compagnie à laquelle il appartient lui aussi.

Dans une Côte d’Ivoire aux 27 millions d’habitants où beaucoup de faux  prophètes prédisent mal l’avenir de personnes esseulées et en détresse, ne sachant plus à quel saint se vouer, chacun y v a de son pronostic. Encore plus les jours de match à élimination directe d’une Coupe d’Afrique des Nations. Un Côte d’Ivoire- Égypte, par exemple, qui aura lieu dans quelques heures.

« On va gagner ! » dit donc à haut voix haute ce monsieur avec qui tu as fait la route. Sur celle-ci, les personnes que tu as aperçues sont aussi confiantes que lui et le montrent ostensiblement.

Vendeuse de légumes maquillée pour l’occasion parce qu’ « Occasion ratée, c’est péché ! », piétonne à la joue orange-blanc-vert, jeune barbu qui attend son YANGO ( ?), etc. C’est beau de voir ces fans qui supportent l’équipe nationale de Côte d’Ivoire, l’autre grande favorite de la compétition – avec le Cameroun – après avoir chicoté l’Algérie (3 – 1).

Même son de cloche sur les Internets en général et Twitter en particulier.

L’ambiance est encore bon enfant malgré de nombreux Camerounais, qui furieux que des Ivoiriens aient critiqué l’organisation calamiteuse de leur 8ème face aux Comores, obligés de faire jouer un arrière gauche dans les buts, faute de gardien disponible, soutiennent les Pharaons de Mohamed Salah ; lequel lorsqu’il donnera la victoire aux siens, après une séance de tirs au but (4-5), déclenchera sans le voir – bien sûr ! – une incroyable bagarre inutile entre des Camerounais et des Ivoiriens sur le réseau à l’oiseau bleu. Tout ça parce que la Côte d’Ivoire a laissé passer le quart qu’il lui tendait les bras.

Mood même !

CÔTE D’IVOIRE – ÉGYPTE, REÇU ONZE SUR ONZE

C’est la onzième fois que ces deux monstres du football africain s’affrontent : un record !

À gauche, donc, double championne d’Afrique, la Côte d’Ivoire, emmenée par Nicolas Pépé, en très grande forme, et, à droite, septuple championne d’Afrique, l’Égypte, conduite par un Mohamed Salah, plus Fantômas que Toutankhamon.

SIFFLET DE L’ARBITRE VERSUS SIFFLETS DANS LES TRAVÉES

Il est seize heures et quelques quand le choc au sommet commence avec un léger temps de réaction en retard chez les vingt-deux acteurs.

Les mains levées, les mots à la bouche, Ibrahim Sangaré, milieu de terrain ivoirien qui s’est révélé lors de ce tournoi, récite encore ses sourates quand l’arbitre congolais, M. Jean-Jacques Ndala Ngambo, donne le top départ. L’ambiance qui électrise le stade et les écrans plats, à distance, couvre son coup de sifflet ; le premier d’une rencontre parfois tendue notamment dans les prolongations.

LES ÉLÉPHANTS FONCENT SUR LES ÉGYPTIENS

Ce sont les joueurs ivoiriens qui démarrent bien, fort même.

Avec une frappe non-cadrée de Frank Kessié dès la 2ème minute.

Serge Aurier, à la 6ème minute, tombe dans la surface sans que l’homme désigne le point de pénalty.

PREMIER DÉLIT SIGNÉ ERIC BAILLY

Rarement rassurante à 100%, l’arrière-garde ivoirienne est en difficulté.

Patron de la défense, Eric Bailly obtient un carton jaune dès la 7ème minute ! Autant dire que pour le coéquipier en défense centrale de Simon, c’est un Déli de prendre un carton aussi tôt dans une telle partie cruciale !

LES ÉGYPTIENS REPRENNENT LES COMMANDES

LA CÔTE D'IVOIRE A LAISSÉ PASSER LE QUART
La tête que tu fais quand tu as été aussi transparent que ton collègue. ©️Tous droits réservés

Tels les roseaux du delta du Nil, les Égyptiens plient mais ne rompent pas.

Mieux encore, ils manquent d’ouvrir le score, contre le cours du jeu.

La frappe de l’attaquant Marmoush trouve la barre transversale de Ali Badra Sangaré ; lequel venait de manquer sa relance.

Puis c’est autour de Salah. L’Égyptien a même comportement que l’Argentin qui joue au Paris Saint-Germain-là. Marcheur blanc compte certifié. Sa demi-volée est écartée par un Sangaré, vigilant.

Puis vient LE tournant du match.

LA SORTIE DE KESSIÉ CHANGE LES PLANS DE BEAUMELLE QUI N’EN A PAS

Depuis le début de cette CAN 2021, la Côte d’Ivoire évolue en 4 – 3 – 3 avec un milieu de terrain à trois plus complémentaire même que les Magic System. Jean Michaël, qui placé devant la défense, est sur une bonne Séri, mais aussi Ibrahim Sangaré, box-to-box aux longues jambes et enfin, Frank Kessié.

Le milieu de terrain du Milan, AC libre de quitter son club depuis le début de l’année et qui intéresse le Paris Saint-Germain d’Idrissa Gana Gueye, qualifié pour les ¼ de finale avec le Sénégal, est précieux dans les phases de jeu ; qu’elles soient offensives ou défensives. Alors quand à la 22ème minute, il se couche sur la pelouse si décriée de Japoma, avant de sortir cinq minutes plus tard : c’est le drame !

L’organisation du sélectionneur Patrick Beaumelle, sans plan B, prend un coup, un coup très dur même. C’est Dié qui aime un peu trop Serey ses adversaires qui le remplace. Il va jouer les auto-tamponneuses avec Mohamed Elneny, l’autre grand nom de la sélection égyptienne.

Placé plus haut, l’habile Séri, malheureusement en deçà hier après-midi, ne peut donc plus relancer correctement. Les Égyptiens reprennent le contrôle du game. EA Sports ! It’s in the game !

SÉBASTIEN TENTE DE REMETTRE LES PENDULES HALLER

Les Éléphants tentent, malgré l’absence de leur métronome, d’inverser la tendance. D’abord à la 38ème par Sangaré dont la bicyclette molle manque de tromper El-Shenawy, le portier égyptien, puis par Sébastien Haller dans le temps additionnel.

Le seul ballon exploitable qu’il a reçu a failli terminer au fond des filets. Le seul.

La supériorité que la Côte d’Ivoire avait affichée s’est envolée vers le ciel chaud de Douala. Logiquement, certains changements devraient être faits. L’entrée d’un Jérémie Boga, qui viendra finalement à la 72ème minute, pour apporter ce lien manquant entre la défense et l’attaque et surtout celle de Wilfried Zaha. Son apparition peut te dynamiser cette attaque lente et inefficace mais en même frustrer ses coéquipiers, lassés de le voir dribbler systématiquement au lieu de centrer. Quand ce n’est pas lui-même qu’elle frustre. C’est ainsi qu’il sera ainsi sanctionné à la 118ème minute après un tête-à-tête inutile avec le défenseur Hegazy.

LA CÔTE D’IVOIRE TIRE MAL AU BUT

Pas de changement donc quand la seconde mi-temps reprend.

Salah s’amuse avec Ghislain Konan, trop loin de son rendement habituel, à la fois crispé par l’enjeu et l’adversaire d’en face.

LA FEINTE DE FRAPPE DE BAILLY

Côté ivoirien, Éric Bailly est le plus surprenant.

Solide et précieux dans ses interventions, il surprend tout le monde y compris son avant-centre de coéquipier.

68ème minute, avec son drôle de casque noir de protection, le défenseur de Manchester United, qui a commencé sa carrière en jouant maracana, football de rue à l’ivoirienne, sort une feinte brésilienne ; laquelle surprend fait sauter Haller à qui Bailly fera une passe lumineuse aussitôt dans la foulée. Ronaldinho, sors de ce corps !

Quelques minutes, plus tard, Nicolas Pépé, clairement le plus entreprenant des Ivoiriens sur le terrain, tente sa spéciale : crochet puis repiquage dans l’axe pour frapper. Sans effet !

LA CÔTE D'IVOIRE LAISSE PASSER LE QUART
Le futur homme du match a fait taire les critiques. ©️Tous droits réservés

Rentré quelques minutes plus tôt, Zaha oblige El-Shenawy à faire un arrête décisif. Mais l’Égyptien se blesse sur l’action et est remplacé par Mohamed Abou Gabal (88ème minute). Le néo-entrant à la barbe bien fournie, bien taillée, est tout aussi que lui sinon meilleur même ! Ce ne sont pas les Éléphants qui diront le contraire.

D’abord à la 104ème minute quand sur une passe de Pépé, Ibrahim Sangaré, d’une frappe mal appuyée, l’oblige à se détendre malgré tout.

Puis lors de la séance de tirs au but à laquelle Haller remplacé par Maxwel Cornet ne participe pas.

Yeux voient, bouche parle pas.

ABOU GABAL PLUS FORT QU’ABOU NIDAL DE GENÈVE

L’amour au temps du COVID-19. ©️Tous droits réservés

C’est Abou Gabal qui repousse la frappe nonchalante d’Éric Bailly que certains excités attendent de pied ferme à Abidjan. C’est le moment pour rappeler que « Personne n’a le monopole du devenir de quelqu’un ! ». Abou Nidal de Genève.

Pour la 10ème fois de son histoire, la Côte d’Ivoire s’incline face à l’Égypte ; une nouvelle fois lors d’une séance de pénaltys après celle de la finale de la CAN 2006 (4 – 2). Pour la petite histoire, la Côte d’Ivoire avait alors  notamment éliminé le Cameroun en ¼ de finale aux tirs au but, là encore : 11 à 12.

La gentille rivalité entre ces deux nations, dopée à l’époque par la domination du football mondial par Didier Drogba, monument vivant/meilleur joueur de l’histoire de Chelsea en 2015/vainqueur de la Champions League en 2012 avec ces mêmes Blues, et Samuel Eto’o, monument vivant/quatre fois Ballon d’or africain/triple vainqueur de la Champions League, est passée à un autre niveau. Personne ne sait vraiment à quel moment ces attachements, moqueries dans le jargon ivoirien, sont devenues aussi violents. Morceaux choisis.

Finalement, certains Ivoiriens y voient clair. Très clair même
Certains ont acheté de nouvelles vestes.
La politique n’est jamais bien loin dans ce cas-là.
Jamais vraiment bien loin.
La bêtise non plus.
Certains gestes ont laissé des traces.
D’autres encore étaient à riposter.
Même certaines compagnies de téléphonie mobile s’y sont mises.
Au final, c’est de ça qu’il s’agit !
Moquerie même est étonnée.

Invaincue dans le temps règlementaire mais battue aux tirs au but, la Côte a laissé passer le quart pour la suite de la compétition. Comme souvent, cette équipe a pris son monde à contre-pied à commencer par ce monsieur qui disait : « On va gagner ! »