SOCIÉTÉ

Sénégal: un institut d’égyptologie autour des thèses de C.A.Diop

L’Université de Dakar s’apprête à ouvrir un institut d’égyptologie moderne et bien doté. Ses recherches et enseignements se baseront sur les travaux de Cheikh Anta Diop.

Un enseignement en égyptologie, mais sans moyens

En 1987, l’Université de Dakar a été nommée après Cheikh Anta Diop. Cela s’est fait un an après la mort du savant sénégalais. Depuis, deux égyptologues, Aboubacry Moussa Lam et Babacar Sall, y assurent l’enseignement de l’histoire ancienne. Tous deux étaient des disciples de Diop. Ces chercheurs, dans le cadre du département d’histoire, peuvent diriger des thèses d’égyptologie. Pourtant, les ressources financières de l’université de Dakar ne permettent pour l’instant pas de faire des recherches au Sénégal. Pour préparer leur thèse, les candidats se doivent d’aller faire des recherches dans des bibliothèques françaises. Un comble pour le pays pionnier de l’égyptologie africaine et pour l’université qui porte le nom de son fondateur!

Vers un Institut moderne

Mais les Sénégalais ont décidé de réagir. Cheikh M’Backé Diop, fils aîné de Cheikh Anta Diop, a proposé le projet d’un institut d’égyptologie moderne doté d’une bibliothèque universitaire digne de ce nom il y a plus de dix ans. Le président de l’époque, Abdoulaye Wade,   a accepté ce projet. Depuis, toute une équipe se prépare d’arrache-pied à l’ouverture de cet institut. Tout d’abord, à travers la formation.

Une formation et un enseignement pluridisciplinaires

Depuis plusieurs années, des chercheurs africains se forment dans des universités du monde en égyptologie et d’autres disciplines afin de pouvoir enseigner à l’Institut d’Egyptologie de Dakar. C’est le cas, par exemple, de Yoporeka Somet. Somet avait soutenu une thèse en philosophie en 1995. Récemment, il a défendu en 2016 une autre thèse de doctorat, cette fois-ci en égyptologie.

Ce chercheur burkinabé dirigera l’institut d’Egyptologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Outre Somet, d’autres chercheurs rejoindront l’équipe de l’Institut. Comme lui, ils sont à la fois diplômés en égyptologie et d’autres disciplines annexes (archéologie, linguistique, religion). Et leur but sera de montrer, à la suite de Cheikh Anta Diop, que l’Egypte appartient bien au monde négro-africain. Par cette approche, il s’agira aussi de revitaliser l’égyptologie.

L’institut devrait collaborer avec le Musée des Civilisations Noires. Comme on l’a dit, il conservera des répliques d’objets égyptiens pharaoniques. Peut-être que des recherches en archéologie égyptienne de l’Institut permettront d’y faire venir de véritables artefacts, découverts par des archéologues africains.

Ainsi, l’égyptologie africaine se libérera de sa tutelle européenne, en même temps, on l’espère, que le continent tout entier.

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