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Présidentielle au Sénégal : les Wade face à leur destin

Politique

Présidentielle au Sénégal : les Wade face à leur destin

Par Sébastien Badibanga

En ce début d’année, on assiste à un retour en force des dynasties. Alors qu’aux Etats-Unis, l’élection présidentielle de 2016 pourrait bien opposer Jeb Bush à Hillary Clinton, au Sénégal, les Wade font de plus en plus parler d’eux. Le fils, toujours incarcéré, a même été investi candidat officiel du Parti démocratique sénégalais (PDS) pour la prochaine élection présidentielle.

Ce lundi 23 mars, la ville de Dakar est quadrillée par des forces du Groupement mobile d’intervention. Elles sont chargées de sécuriser la capitale sénégalaise. En cause, le procès de Karim Wade qui rend aujourd’hui son verdict. Jugé depuis le 31 juillet 2014, le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade est notamment soupconné d’avoir détourné de l’argent public.

Autant dire que l’issue doit absolument être positive pour Wade fils. D’autant plus que ce dernier a été, samedi 21 mars, investi candidat officiel du Parti démocratique sénégalais (PDS) pour la prochaine élection présidentielle. « Désigné par le bureau politique, avec 257 voix sur 268 votants, face à quatre autres candidats de second rang –  trois autres s’étaient désistés à son profit en dernière minute  –, le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade savait pouvoir compter sur le soutien assumé de certains cadres importants comme Oumar Sarr, le coordinateur national, et avait bénéficié de la défection de plusieurs poids lourds (…) », indique JeuneAfrique.com.

père-fils

Candidat par erreur ?

Or, Karim Wade, incarcéré depuis deux ans, est un candidat risqué. Plusieurs configurations possibles pourraient l’empêcher de participer au scrutin présidentiel. En premier lieu : en tant que Franco-Sénégalais, il ne remplit pas pour l’heure les conditions d’éligibilité. Puis, il suffirait d’une peine de quatre années de prison pour lui priver d’élection. Enfin, il est passible d’une privation des droits civiques.

Pire,  les charges judiciaires à son encontre sont beaucoup plus lourdes. Accusé d’enrichissement illicite, Wade fils risque 7 ans de prison. La justice le soupçonne d’avoir détourné des deniers de l’Etat lorsqu’il occupait des postes ministériels au sein du gouvernement de son père. S’il est condamné, il devra par ailleurs payer 250 milliards de FCFA d’amende.

Alors, pourquoi le principal parti de l’opposition le choisit-il comme son candidat à la présidentielle ?

Politique politicienne

Depuis le début du jugement, les avocats de Karim Wade accusent la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) de connivence avec le pouvoir. Pour la défense, on peut parler d’un « procès politique ». Récemment, l’ex-président Abdoulaye Wade, lui-même, avait lancé : « Prisonnier politique, réponse politique ». En clair, l’investiture de Wade fils s’apparente à une forme de pression politique visant à contraindre la justice sénégalaise à faire preuve de clémence.

Mais, jusqu’ici, rien ne dit que la Crei lâchera du lest. D’autant plus que le président Macky Sall a fait de la lutte contre les biens mal acquis son cheval de bataille. Dès son arrivée au pouvoir, en avril 2012, il avait déjà mis en garde l’ancien régime. Une chose est sûre : le destin des Wade est suspendu aux lèvres des juges. Selon ce verdict, la succession Wade sera assurée ou non au Sénégal. A suivre…

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