Malkia - Le réveil du Ka

CINÉMA : YAHYA ABDUL-MATEEN II OU L’ART DE TIRER SUR L’« AMBULANCE »

Cinéma

CINÉMA : YAHYA ABDUL-MATEEN II OU L’ART DE TIRER SUR L’« AMBULANCE »

Par Dozilet Kpolo 11 avril 2022

Pour ne rien manquer de l'actualité,
inscrivez-vous à la newsletter depuis ce lien
Recevez du contenu exclusif, de l'actualité, des codes promos Nofi Store ainsi que notre actualité évenementielle chaque week-end !

Après « Candyman » et « The Matrix Ressurections », tous deux sortis au cinéma, Yahya Abdul-Mateen II passe à l’art de tirer sur une « Ambulance »  ; film d’action avec un soupçon d’humanité.

« La main qui demande est toujours en bas ! » dit on en nouchi au pays de Didier Drogba qui vient juste à peine de déposer, sa candidature à l’élection présidentielle de la Fédération Ivoirienne de Football ou FIF. L’expression, elle, est généralement utilisée pour parler du fait qu’il faille se faire petit quand on sollicite une aide, un prêt, etc.

Selon des experts dont personne, absolument personne, n’a pourtant sollicité l’avis, l’ancien attaquant de Chelsea aurait « la main dure ».

Sous-entendu : pas sûr qu’il remplisse la main qui demande, celle qui est toujours en bas.

Celui qui n’a pas eu d’autre choix de que de demander de l’aide, c’est Will Sharp (Yahya Abdul-Mateen II, vu dans Candyman).

Mais il ignorait qu’une fois sa demande acceptée, il serait dans pain, le pétrin en VOSTFR.

Gros plan sur « Ambulance », remake d’un film danois et réalisé par Michael Bay, où l’acteur afro-américain Yahya Abdul-Mateen II tient le rôle principal aux côtés de Jake Gyllenhaal.

« AMBULANCE » OU QUAND LE SORT S’ACHARNE SUR UN VÉTÉRAN NOIR

CINÉMA : YAHYA ABDUL-MATEEN II OU L'ART DE TIRER SUR L'« AMBULANCE »
Frères d’armes.©️Tous droits réservés

Depuis qu’il est revenu du front, Will Sharp passe le plus clair de son temps auprès de sa femme, rongée par un cancer, et de leur enfant mais surtout au téléphone. L’ex-Marines passe notamment sa colère froide, son agacement sur des automates naturellement incapables de l’aider à trouver une réponse, obtenir une solution de financement.

Dans sa grande bonté, l’assurance refuse en effet toute prise en charge. Résultat : Sharp, coincé, doit demander de l’aide…à son cambrioleur de demi-frère Danny (Jake Gyllenhaal, Prisoners) avec qui il ne parle pourtant plus depuis un bon moment.

Mais voilà, ce dernier profite de cette visite de courtoisie pour lui proposer un plan bancal : le braquage d’une banque qui devrait rapporter à la bande la modique somme 32 millions de dollars. Sauf que rien ne se passe comme prévu.

Du jeune flic qui se prend une balle, après avoir décidé de venir draguer une caissière précisément ce jour-là, aux autres malfrats bodybuildés mais qui bizarrement tombent comme des mouches, dès que les premières balles de l’unité de répression du grand banditisme ( ?) pleuvent, en passant par ces courses-poursuites en plein Los Angeles : rien ne se passe comme prévu. Et le sort s’acharne encore plus sur Sharp. Et finalement : « Tout est mal qui finit mal ! »

YAHYA ABDUL-MATEEN II, TÊTE D’AFFICHE

Incapable de trouver un boulot avec lequel il puisse s’en sortir ou encore de se réadapter à une vie normale, Sharp souffre un peu/beaucoup/sûrement. Et quand cet homme à la barbe de trois jours décide enfin d’appeler à l’aide, c’est pour un but précis : sauver sa femme. Depuis la dernière cérémonie des Oscars, tu n’avais pas vu pareil comportement chevaleresque. Attention à ne pas prendre une claque, quand même.

Costume et col roulé dans la chaleur californienne, Danny a décidé de rendre hommage à ces jeunes qui en font autant à Abidjan dès que l’Harmattan y souffle. Bravo !

Mais le demi-frère de Will n’utilise pas toute sa cervelle contrairement à ce qu’il croit. Ses plans semblent bons mais s’avèrent souvent foireux. On dirait ces arnaqueurs qui te proposent un business : « Comment devenir riche grâce à mon hévéa ? » avant de mettre les voiles.

Et au milieu de ce duo choc, se glisse malgré elle : Cam Thompson (Eiza Gonzalez, Fast & Furious : Hobbs & Shaw)

CINÉMA : YAHYA ABDUL-MATEEN II OU L'ART DE TIRER SUR L'« AMBULANCE »
La meilleure infirmière du monde mondial.©️Tous droits réservés

Bonne samaritaine/infirmière de choc/otage.

Contrainte et forcée de les suivre dans cette ambulance qui roule à vive allure, la jeune femme ne se laisse que rarement faire.

Tout ce beau petit monde a été dirigé par le maître en matière de films d’action où tout explose toutes les cinq minutes : Michael Bay.

CINÉMA : YAHYA ABDUL-MATEEN II OU L'ART DE TIRER SUR L'« AMBULANCE »
L’action est toujours au coeur de ses films.©️Tous droits réservés

AU CINÉMA, EXPLOSION IS BAY MAIS PAS QUE

CINÉMA : YAHYA ABDUL-MATEEN II OU L'ART DE TIRER SUR L'« AMBULANCE »
Homme au volant, mort au tournant.©️Tous droits réservés

Le réalisateur du premier Bad Boys, sorti en 1995 et sans doute le meilleur de la saga, s’est une nouvelle fois fait plaisir.

Cette fois-ci, pas d’Optimus Prime, ni de Bumblebee pour se transformer, mais toujours son désir ardent et brûlant de tout casser. Tout ça c’est Vegedream de Gagnoa !

Outre les effets spéciaux en veux-tu en voilà, il y a aussi : ces courses-poursuites où comme dans la plupart des cas, des policiers sont ridiculisés, ces carambolages, où tu te demandes : « Mais qui va payer ? », mais aussi ces fusillades, ces drôles de personnages dont la tête te dit quelque chose. Coucou, Wale !

Mais dès l’instant précis où Will et Danny braquent l’ambulance, le véhicule de plusieurs tonnes, devient un confessionnal.

Au milieu des négociations entre un étrange chef d’unité spéciale et les braqueurs, les langues ce délit et quelques moments d’humanité apparaissent. Quand Cam les prévient de la présence de snipers, par exemple.

Mais le point culminant, c’est à la fin quand : menotté, les bras dans le dos, couché à même le sol après avoir pris une balle, Will, qui a par ailleurs sauvé le fameux policier dragueur du dimanche, suffoque sous les regards complaisants et complices des forces de l’ordre, toutes unités confondues. C’est finalement l’otage, celle qui devait avoir une dent contre, lui qui l’aide.

« Ambulance » n’est clairement pas le film de l’année mais en allant le voir, tu verras que les retombées sont parfois dangereuses quand : « La main qui demande est toujours en bas ! »