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Epoque : pionnière de l’afrobeat italien

Musique

Epoque : pionnière de l’afrobeat italien

Par Thalie Mpouho 28 mars 2022

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A l’occasion de la sortie de son dernier single “Aposto”, nous avons rencontré la chanteuse Epoque, précurseuse de l’afrobeat italien.

Elle se positionne comme l’une des pionnières de l’afrobeat en Italie. Signée chez Universal Music sur le label Polydor, la chanteuse italo-congolaise, Epoque, se démarque de par son style singulier qui présente des sonorités afro dans lesquelles elle alterne trap, pop et r’n’b. D’origine congolaise et née à Turin, Janine Tshela Nzua, de son vrai nom, bouscule les codes de la scène musicale italienne, où l’afro se fait rare. 

Quand et comment as- tu commencé à chanter ?

Quand j’étais plus jeune, je chantais à l’église avec ma mère. Cependant, j’ai réellement commencé à chanter il y a 3 ans, de façon très spontanée. Di Gek, qui est mon manager, mon producteur mais aussi un très bon ami, voulait monter un projet musical. Il m’a donc proposé de chanter sur un morceau. En vérité, nous recherchions tous les deux quelque chose de nouveau et j’ai par la suite découvert un côté de moi-même que je ne connaissais pas. 

Tu t’appelles Janine, pourquoi avoir choisi le nom de scène Epoque ?

Je suis une fan de cinéma et de théâtre. J’ai étudié le cinéma à l’université et je voulais être réalisatrice. Il se trouve que j’adore la trilogie “Matrix” et dans le premier volet, j’ai beaucoup aimé un personnage sans grande importance dont le nom était “Apoc”. Je me le suis donc approprié mais en français. 

Tu mélanges beaucoup de sonorités telles que l’afrobeat, le r’n’b ou encore la pop, comment décrirais-tu ton style musical ? Quels éléments de ta culture congolaise apportes-tu dans tes chansons ?

Je fais effectivement de l’afrobeat mais avec des touches d’urban pop, de r’n’b et même de rap. Quand j’étais petite, mes frères écoutaient du Busta rhymes, du Mariah Carey, ou encore du Mary J Blige à tout va et cela a déteint sur moi. En revanche, en grandissant,  j’aurais aimé voir quelqu’un à la télévision qui puisse me montrer toutes ses origines. Certes je suis italienne, mais je suis aussi africaine. Je veux être moi-même à 100% Epoque et incorporer ma culture congolaise à ma musique.

Je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui sans des artistes comme Koffi Olomidé, Fally Ipupa ou Papa Wemba, qui pour moi est mon chanteur congolais préféré. Ils sont agressifs mais de manière positive car ils mettent énormément d’énergie dans leurs morceaux. Je suis vraiment fière d’être congolaise et c’est pour cela aussi que j’intègre du lingala dans les sons que j’écris. Depuis que j’ai commencé, entendre des congolais chanter mes chansons en lingala est très gratifiant.

Justement, pourquoi avoir fait le choix de mélanger italien, français et lingala ? Comment le public italien répond-t-il à ta musique ? 

D’un côté, l’italien est une langue très poétique et de l’autre, l’afro est un style très rythmé. Il est donc compliqué pour moi d’allier les deux lorsque j’écris des chansons. Je m’aide alors avec le français et le lingala qui sont des langues avec des mots plus courts. ça m’aide à poser sur le beat. Il faut aussi savoir que l’afro italienne est un style musical peu commun. Il y a beaucoup d’artistes afro mais peu de musique africaines. En général, elles viennent de l’étranger comme de la France ou du Nigéria. 

Epoque

Les italiens n’avaient que très peu, voire jamais, entendu de l’afro dans leur langue. Certains disent que je copie sur ce qui se fait à l’étranger mais je compte continuer à faire en sorte que mon public s’habitue aux sonorités africaines en italien. Jusqu’à présent, je suis agréablement surprise des retours que j’ai pu avoir. J’espère donc que de plus en plus d’artistes feront de l’afrobeat en Italie.

Quelles sont les thématiques présentes au cœur de tes chansons ?

Mes chansons sont inspirées de mon expérience de la vie mais aussi de mon entourage. C’est tout un mélange. Lorsque j’écris, je souhaite avant tout que le public comprenne le message qu’il y a derrière mes morceaux mais j’aimerais aussi qu’ils procurent de la joie. Dans certains cas, je raconte des histoires qui ne sont pas les miennes comme dans “Boss”, qui est un hommage à un frère et une soeur ayant grandi dans un quartier difficile. Sur les réseaux, certaines personnes soulignent le fait que j’écris des choses dures mais d’une manière douce. Ils ont l’air d’apprécier cet aspect là de ma musique.  

Quels sont tes prochains objectifs concernant ta carrière ?

Je souhaiterai me produire au Magnolia qui est une grande scène à Milan. Mais j’aimerais surtout performer chez moi à Kinshasa. Ce serait un vrai challenge mais également une bonne chose car je n’y suis jamais allée.  

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