SANTÉ

Cet homme a créé une couveuse fonctionnant sans électricité

L’ingénieur camerounais Serge Armel Ndjidjou a mis au point une couveuse néo-natale fonctionnant sans électricité. Il s’agit de la première couveuse néonatale entièrement conçue et fabriquée en Afrique au sud du Sahara.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.media

Naissances prématurées et couveuses inadaptées

Au Cameroun, 100000 naissances sur le million de naissances annuelles sont prématurées. Or, pour survivre dans ces conditions, l’enfant prématuré a besoin de vivre dans des conditions, notamment de température similaires à celles qu’il aurait vécues jusqu’au terme d’une grossesse. Les couveuses ou incubateurs permettent de recréer ces conditions.

Malheureusement, les couveuses fonctionnent pour la plupart grâce à l’électricité. Ce type de fonctionnement n’est toutefois guère approprié à l’Afrique Subsaharienne, région durement touchée par les délestages. En 2019, seules 100 couveuses néonatales étaient en état de marche dans les quelques 500 établissements de santé du Cameroun.

Serge Armel Ndjidjou et sa couveuse adaptée aux réalités africaines

Face à cette situation qui coûte la vie à des dizaines de milliers de bébés chaque année dans son pays, Serge Armel Ndjidjou a offert son expertise. Le chercheur à l’Université de Dschang et ingénieur fondateur de l’Agence Universitaire pour l’Innovation, un réseau de d’innovations scientifiques, technologiques et entrepreneuriales a créé avec ses équipes un type de couveuse différent de ceux existant précédemment au Cameroun.  En premier lieu, ils coûtent moins cher. Les couveuses conçues par Ndjidjou ne coûtent que 2900 euros avec un paiement flexible et un service après-vente. En revanche, les couveuses importées peuvent coûtent de 3000 à 6000 euros et ne disposent pas de services après-vente. Mais la patte de l’AUI réside dans le fait que sa couveuse résiste aux difficultés liées à l’absence d’électricité et qu’il est connecté à un smartphone. L’utilisation de ce dernier permet au médecin de l’utiliser et de la contrôler à distance.

La couveuse de l’AUI, en attente d’homologation par l’OMS a en tous cas trouvé validation au Cameroun à travers le Ministère de la Santé et le Prix du Chef de l’Etat pour l’Innovation et à l’international avec le Prix du projet innovant pour les femmes en Afrique décerné par l’Agence Française pour le développement.

Ndjidjou cherche aujourd’hui à distribuer la couveuse  sur l’ensemble du continent africain. Une entreprise des plus nécessaires qui consistera à maintenir en vie des petits êtres qui venaient à peine d’y accéder.

 

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