SCIENCE

Marie Korsaga, la première femme astrophysicienne d’Afrique de l’Ouest

La Burkinabè Marie Korsaga est devenue en soutenant sa thèse de doctorat en 2019 la première femme astrophysicienne d’Afrique de l’Ouest.

L’absence de femmes de science en Afrique de l’ouest

En Afrique de l’ouest, l’astrophysique- c’est-à-dire l’étude des astres du point de vue de la physique- est représentée par un petit nombre de savants dont le nom est familier d’une partie du grand public. C’est le cas de Cheick Modibo Diarra, ancien Premier Ministre malien et ex-participant à la mission Pathfinder de la NASA. Celle-ci était consacrée à l’envoi d’une sonde spatiale sur la planète Mars.

Parmi ces astrophysiciens ouest-africains peu nombreux, on ne trouvait jusqu’à récemment aucune femme. Et pour cause, selon un récent rapport de l’UNESCO sur la parité dans l’éducation, 70 femmes s’inscrivent à l’université pour 100 hommes en Afrique subsaharienne, loin derrière la moyenne mondiale où 111 femmes sont inscrites contre 100 hommes. L’étude précise que dans le domaine des sciences, l’Afrique de l’ouest est particulièrement en retard par rapport au reste du monde.

Peu seront donc surpris d’apprendre, à la lumière de ces statistiques, qu’avant 2019, l’Afrique de l’ouest ne comptait pas de docteure en astrophysique.

Marie Korsaga

Cette absence, c’est Marie Korsaga qui est venue la combler, à sa petite échelle. Fascinée par les astres depuis son enfance, elle s’est spécialisée dans les matières scientifiques dès le lycée et le début de son parcours universitaire, se spécialisant dans la physique. Puis, l’astronomie apparaît comme discipline dans l’enseignement universitaire au Burkina Faso. Elle y assiste et tombe sous le charme de cette matière qui répond à des questions qu’elle se pose depuis l’enfance. Une fois son DEA en poche, comme nombre de ses prédécesseurs ouest-africains, Marie Korsaga quitte son pays pour poursuivre un doctorat en astrophysique. Préparée en co-tutelle entre l’Université du Cap en Afrique du Sud et au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille en France, sa thèse propose une reconsidération du rapport entre les matières noires et visibles avec la luminosité des galaxies. Forte de ce diplôme, cette femme, qui a déclaré avoir du surpasser les préjugés liés à son sexe dans un domaine jugé masculin, espère enseigner au Burkina Faso pour inspirer les jeunes filles de son pays et de son continent  pour que comme elle, un jour, elles puissent atteindre les étoiles, au sens propre comme figuré.

Bonus : une intervention de Marie Korsaga filmée au lors d’un événement TED à Koulouba, Ouagadougou, Burkina Faso.

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