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Le père de Vincent Kompany devient le premier maire noir de Belgique

Politique

Le père de Vincent Kompany devient le premier maire noir de Belgique

Par Sandro CAPO CHICHI

Pierre Kompany, un ancien réfugié en Belgique originaire de la République Démocratique du Congo a été élu maire de Ganshoren, l’une des communes de la région de Bruxelles-Capitale. Il est ainsi devenu le premier maire noir de l’histoire de la Belgique.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.media

Contre 8000 ressortissants en 1970, l’Afrique subsaharienne en comptait près de 26000 en Belgique en l’an 2000. Les raisons de cette évolution furent multiples. On retrouve ainsi des Africains venus en Belgique pour étudier ou encore des hommes et des femmes à la recherche d’un meilleur niveau de vie, avec parmi eux des réfugiés de guerre. Parmi cette dernière catégorie figurait Pierre Kompany, arrivé en Belgique en 1975 en tant que réfugié fuyant le Zaïre de Mobutu. Installé dans la région de Bruxelles-Capitale comme une bonne partie des Africains sub-sahariens en Belgique, il y deviendra ingénieur en mécanique-aéronautique après avoir travaillé comme taximan pendant sept ans et de devenir belge en 1982. Il s’y mariera, donnant naissance à trois enfants, tous sportifs : Christel, une ancienne pratiquante de l’athlétisme, François, footballeur, et Vincent, superstar du football international et capitaine de l’équipe nationale belge.

Malgré le succès et la notoriété de ce dernier, Pierre Kompany est parvenu à obtenir, en octobre 2018, sa propre notoriété à l’international. Il est ainsi devenu le bourgmestre (maire) de Ganshoren, l’une des 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale et le premier bourgmestre noir de toute l’histoire du pays. La liste Pro-Ganshoren menée par Pierre Kompany, qui est affilié au parti centriste Centre Démocrate Humaniste, a remporté 28,38 % des suffrages à Ganshoren, une commune d’une petite vingtaine de milliers d’habitants, pour environ seulement 100 d’origine congolaise, d’après Mathieu Zana Etambala, un historien s’exprimant chez nos confrères du New York Times. Pour Pierre Kompany, son succès ne s’est ni fait grâce à sa couleur de peau ou grâce à la notoriété de son fils, mais grâce à son travail acharné de politicien. « Les gens me considèrent désormais comme un homme politique à part entière. Ils me connaissent parce qu’ils me voient constamment. Je suis en permanence au contact des gens et je leur consacre beaucoup de temps » a-t-il déclaré à nos confrères de Het Laatste Nieuws.

Kompany, qui laissera comme convenu avant l’élection la fonction maire à son colistier Jean-Paul Van Laethem, a déclaré vouloir notamment réduire le fossé générationnel entre une partie significative de la population qui est d’un âge avancé et certains couples plus jeunes arrivés récemment.

Son record de ‘premier maire noir de Belgique’, Pierre Kompany a déclaré ne pas trop y penser, cherchant à le normaliser dans le contexte d’une société multiculturelle.

Référence:

Bonaventure Kagné & Marco Martiniello / L’immigration subsaharienne en Belgique 

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