POLITIQUE

Julius Malema souhaite un président et une langue unique pour l’Afrique

Le chef de l’opposition sud-africaine, Julius Malema, a appelé à l’adoption du Kiswahili comme langue commune de l’Afrique et souhaite un continent sans frontières, avec une monnaie commune ainsi que la constitution des « États-Unis d’Afrique ».

Le 30 août 2018, s’exprimant lors d’un point de presse organisé par son parti, l’Economic Freedom Fighters [1], au cour duquel il a prononcé un discours sur une série de sujets d’actualité, dont le tweet de Donald Trump relatif aux réformes foncières en Afrique du Sud, Julius Malema a plaidé pour l’adoption d’une langue commune en Afrique : Le Kiswahili. A ce sujet, Malema a déclaré  :

« Nous devons développer une langue commune utilisable sur tout le continent. A l’instar du swahili, s’il peut être développé en tant que langue du continent ». [2]

Le Kiswahili est une langue « bantoue », lingua franca de la région des Grands Lacs africains et d’autres parties de l’Afrique orientale et australe, notamment la Tanzanie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, le Mozambique et la République démocratique du Congo (RDC). Le Shikomori (langue des Comores) ainsi le Shimaore sont parfois considérées comme un dialecte du Kiswahili, bien que d’autres autorités le considèrent comme une langue distincte (mais ça, c’est un autre débat).

Kiswahili écrit en arabe sur les vêtements d’une femme en Tanzanie (vers le début des années 1900). © Das Bundesarchiv.

Le Kiswahili est la langue maternelle la plus parlée en Afrique, couramment utilisée par près de 100 millions de personnes. Ce chiffre signifie que le swahili est parlé par plus de personnes que le coréen ou l’italien (ça vous embouche un coin, non ?). C’est aussi l’une des langues officielles de l’Union africaine.

Les déclarations du chef de file de l’Economic Freedom Fighters interviennent à peine quelques mois après que Twitter ait officiellement reconnu le swahili comme l’une des langues avec lesquelles les utilisateurs peuvent communiquer [3], faisant du swahili la première langue africaine reconnue par le service américain d’information et de réseautage social en ligne. Au début de l’année dernière, le Rwanda a également rejoint le mouvement et a officiellement adopté le swahili comme l’une de ses langues officielles.

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Logo de de l’Economic Freedom Fighters.

Mais ce n’est pas tout, lors de cette même conférence de presse, Julius Malema a également appelé à l’unification du continent, en s’appuyant sur une monnaie unique, un président unique et un parlement unique (vous avez dit panafricanisme ?) :

« Nous avons besoin d’un continent sans frontières, nous avons besoin d’une monnaie, d’un parlement et d’un président pouvant unir le continent. Nous avons besoin des États-Unis d’Afrique. Nous avons besoin d’une Afrique. » [2]

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Notes et références

[1] L’Economic Freedom Fighters (EFF) est un parti politique d’extrême gauche sud-africain. Il a été fondé en 2013 par l’ancien président de la Ligue de la jeunesse du Congrès national africain (ANCYL), Julius Malema, et ses alliés qui en est l’actuel président.

[2] « Malema calls for the adoption of Kiswahili as Africa’s common language« , thisisafrica.me, publié le 30 août 2018

[3] « Le swahili, première langue africaine officiellement reconnue par Twitter« , www.rfi.fr, publié le 13 mai 2018

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.

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