SOCIÉTÉ

SaaTurn brûle le drapeau aux serpents de la Martinique

Ce dimanche 20 mai, le chanteur martiniquais SaaTurn a publié une vidéo dans laquelle on le voit brûler le drapeau aux serpents de la Martinique.

Une vidéo qui pourrait faire le buzz. SaaTurn, de son vrai prénom Mathias, est un artiste martiniquais de reggae-dancehall. Ce dimanche 20 mai, une vidéo dans laquelle on le voit brûler le drapeau de la Martinique pose question. Il le déchire, le piétine pour enfin le brûler…

Peut-être cette vidéo est-elle destinée à son album « Own Boss », dans lequel on retrouve le titre « No snake on the flag »? Toujours est-il que le pavillon appelé « drapeau aux serpents » n’a aucun caractère officiel en Martinique. Il n’est pas un drapeau mais un pavillon de la marine marche qui l’adopte suite à un ordonnance du 4 août 1766.

« Tous les propriétaires de vaisseaux, bâtiments, goélettes et bateaux de la Martinique et de Sainte-Lucie feront pourvoir leurs bâtiments d’un pavillon bleu avec une croix qui partagera le dit pavillon en quatre ; dans chaque carré bleu, et au milieu du carré, il y aura la figure d’un serpent en blanc, de façon qu’il y aura quatre serpents en blanc dans le dit pavillon, qui sera reconnu dorénavant pour celui de la Martinique et de Sainte-Lucie. »

Ce pavillon fait polémique en raison de son histoire. Il flottait sur les navires négriers durant le commerce triangulaire. Pour de nombreux martiniquais, il symbolise la traite d’esclaves et fait l’apologie d’un passé douloureux.

Drapeau aux serpents

Il est encore présent sur les édifices publics de la Martinique (préfecture, l’hôtel de police, gendarmerie). En octobre 1995, l’ancien maire de Sainte Anne, Garcin Malsa, prenait la décision politique d’accrocher un drapeau rouge, vert et noir au fronton de la mairie, les trois couleurs brandies par les insurgés de 1870 lors de la révolte du Carbet.

Drapeau nationaliste martiniquais

Il fut repris est interprété à plusieurs périodes de l’histoire martiniquaise. Le rouge représenterait le socialisme, le noir, le combat pour la cause noire et le vert celui pour la paysannerie, ces trois couleurs reprenant celles du drapeau panafricain de l’UNIA de Marcus Garvey.
Le 23 août 2017, une manifestation à de Fort-de-France dénonçait les statues de Joséphine De Beauharnais et de Belain Desnambuc, des manifestants avaient également brulé le pavillon sur la place de la Savane.

SaaTurn relance aujourd’hui le débat…

Sources:

Francetvinfo

97land.com

Webadubradio

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