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Nollywood vs Cinéma d’auteur : deux facettes de l’émancipation artistique africaine

Culture

Nollywood vs Cinéma d’auteur : deux facettes de l’émancipation artistique africaine

Par Sandro CAPO CHICHI

Si Nollywood est aujourd’hui incontestablement le visage du cinéma africain à l’échelle internationale, il n’en a pas toujours été ainsi.

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Avant l’émergence de Nollywood, plusieurs styles de cinéma africain préexistaient. Le plus célèbre d’entre eux était sans contexte ce qui est aujourd’hui convenu d’appeler le ‘cinéma d’auteur africain’. Principalement concentré dans les pays d’Afrique de l’Ouest francophone et incarné par de grands cinéastes comme Ousmane Sembene, Djibril Diop Mambety ou Dani Kouyaté, il se voulait un cinéma africain conscient, contrepoids de l’imagerie coloniale.

Avec l’émergence de Nollywood ce cinéma a progressivement perdu sa prééminence dans la vision mondiale du cinéma africain. Cette intrusion d’un nouveau type de cinéma n’hésitant pas à montrer une image caricaturale de l’Afrique n’a pas plu aux grandes figures du cinéma d’auteur africain. Le festival caractérisant le mieux ce dernier, le FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou) refusait encore il y a peu d’inscrire des films de Nollywood à son programme. Cette position de cinéma de l’émancipation africaine qu’incarnerait le cinéma d’auteur africain a toutefois été critiqué par les défenseurs de Nollywood.

https://youtu.be/2gfqDYHCHVk

Pour certains de ces derniers, la fantasque industrie cinématographique nigériane, par ses moyens et ses venues plus accessibles touche davantage de monde et surtout, s’autofinance. Le cinéma d’auteur africain, malgré ses visées afro-conscientes ne devrait son salut, en raison de ses coûts de production, qu’à la contribution des ambassades étrangères en Afrique et des organismes internationaux. Qualifié ironiquement de ‘cinéma d’ambassade’ il pêcherait dans son accessibilité, n’étant malheureusement limité qu’à un public d’initiés. Mais le fossé qui sépare les deux genres dans les mots n’est pas aussi figé dans la réalité. De plus, il tend avec le temps à davantage se combler. Certains réalisateurs n’hésitent plus comme le rappelle Siegfried Forster, à mixer les deux genres.On ne peut que s’en réjouir. Quoi de mieux en effet pour l’Afrique, au delà du domaine artistique, qu’une Afrique économique indépendante et diffusant une image consciente d’elle-même?

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