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6 Questions à Justin Simien, réalisateur de Dear White People

Divertissement

6  Questions à Justin Simien, réalisateur de Dear White People

Par SK

Justin Simien, le réalisateur du film « Dear White People », était présent lors de l’avant-première au festival Brown Sugar Day. A la fin de a projection, il a accepté le jeu des questions-réponse et accordé à Nofi un entretien privé et exclusif.

 

Quel est votre parcours cinématographique ? Pourquoi avez-vous choisi de faire des films sur la communauté noire ?

C’est mon premier film, et j’ai toujours  pensé que j’étais né pour faire ça. Je ne me reconnaissais pas dans le cinéma afro américain que je voyais. Alors j’ai décidé de faire ce film pour montrer ma façon de voir les choses.  L’idée du  m’est venue à l’époque de l’université, alors que j’étais dans une fac majoritairement blanche, au milieu d’un quartier pourtant majoritairement noir. J’ai donc expérimenté à plusieurs reprises ce conflit sous-jacent et omniprésent entre les noirs et les blancs au sein de ces structures.

 

Pourquoi avoir choisi de traiter ces problématiques avec humour ?

J’ai choisi de traiter ces problèmes par la comédie afin que la pilule passe mieux. Comme tous les êtres humains, le noir est aussi autre chose que cette couleur de peau. C’est ce que je voulais démontrer dans ce film. Est-ce que cela a permis de transformer le noir dans l’imaginaire du blanc ? Peut-être.

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A propos du thème de l’homosexualité, qui est un sujet très tabou dans la communauté noire. Vous avez souhaité l’aborder pour briser ce tabou ?

Je suis moi-même homosexuel et dans la culture noire, on met toujours les homosexuels d’un côté et les noirs de l’autre. C’est comme si on ne pouvait être les deux à la fois, alors que ça existe ! J’avais l’impression de n’appartenir à aucun groupe, c’est pourquoi je voulais aborder le sujet, afin de réconcilier ces deux états de chose qu’on a l’habitude de séparer. C’est important car lorsqu’on n’arrive pas à s’identifier à une culture, c’est comme si l’on n’existait pas.

 

Vous êtes originaire du sud des Etats-Unis, partie la plus raciste du pays. Pouvez-vous nous parler de votre expérience de noir dans un Etat sudiste américain ?

J’ai grandi à Houston Texas alors oui, j’ai expérimenté le racisme là-bas. Ma mère est originaire de Louisiane et y a été confrontée plusieurs fois ; dans le sud, vous voyez beaucoup de gens faire des choses affreuses. Ça ne change pas comme je pense  que les Etats-Unis auraient déjà dû évoluer. Ce n’est pas  assez rapide, même si  lentement les choses changent. L’engouement suscité par l’élection de Barack Obama est à double-tranchant car la fierté peut nous pousser à ignorer les problèmes qui demeurent encore quant à la question raciale. La réussite d’un homme noir ne fait pas la réussite de tous les hommes noirs.

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En France, la culture afro est très peu représentée au cinéma. A-t-il été difficile de faire distribuer votre film ici ?

C’est drôle parce que j’avais entendu parler de ce problème et j’ai été  le premier surpris d’apprendre que mon film serait distribué en France. C’est Happiness Distribution qui était à New York et a vu Dear White People. Ils m’ont ensuite contacté pour acheter les droits. Le problème des films afros dont on a l’impression qu’ils ne voyagent pas est un cercle vicieux. Comme on a l’impression qu’ils ne s’exportent pas, on ne va pas forcément les chercher. Je suis  ravi de voir que j’ai pu briser cette règle qui dit que le cinéma afro n’attire pas les foules.

 

Une suite du film en projet ?

Je vais adapter Dear White People en Show Télévisé.

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