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SAMUEL MAHARERO, CHEF DES HÉRÉROS ET RÉSISTANT À LA COLONISATION ALLEMANDE

Histoire

SAMUEL MAHARERO, CHEF DES HÉRÉROS ET RÉSISTANT À LA COLONISATION ALLEMANDE

Par SK

Samuel Maharero (vers 1856-1923) était un chef suprême de l’ethnie héréro durant la colonisation allemande de l’actuelle Namibie. De par sa révolte contre le pouvoir allemand en 1904 et par ses tentatives d’union avec les populations namas contre lui, il est aujourd’hui considéré comme un précurseur du panafricanisme et un héros national namibien.

Par Sandro CAPO CHICHI

Jeunesse et origines

Samuel Maharero (ou Maherero) est probablement né en 1854 ou 1856 soous le nom de Uereani Maharero. Il est le fils de Kamaharero un des chefs d’ethnie herero de l’Afrique du Sud-Ouest. En 1868, il est baptisé par des missionnaires qui lui attribuent le prénom de Samuel et par qui il sera éduqué avec son frère Wilhelm. Il en sera toutefois renvoyé, peut-être pour sa dépendance à l’alcool. Samuel grandit dans l’ombre de Wilhelm qui, bien que son cadet, lui est préféré par son père. Wilhelm meurt toutefois en 1880.
Accession au pouvoir

En 1890, devant les attaques répétées du chef nama Hendrik Witbooi contre ses terres et son bétail, Kamaharero, le chef d’Okahandja et père de Samuel avait demandé la protection allemande. Comme l’avait prévu Witbooi dans une lettre envoyée à Kamaharero, ce dernier fut trahi par les Allemands qui ne lui apportèrent aucun renfort. Affaibli par les attaques des Namas, Kamaharero se verra dépossédé de ses biens et mourra de maladie, le 7 octobre 1890. Bien qu’il n’ait pas le droit d’ hériter du pouvoir de son père selon la tradition héréro, il utilise son éducation chrétienne et sa connaissance de la culture européenne pour s’assurer le soutien des missionnaires et des Allemands, grâce à qui il est consacré chef d’Okahandja au détriment de ses rivaux, plus légitimes d’un point de vue traditionnel. Grâce à la menace militaire de l’Allemagne, Samuel Maharero se fait nommer chef suprême des Héréros en 1894. Jusqu’ en 1896, il va asseoir sa position et étendre son pouvoir. Ces gains se font au détriment des populations et autres chefs indigènes, dépossédés de leurs biens au détriment des Allemands. En 1897, une peste bovine frappe le pays héréro et décime le bétail de ses habitants. Très vite, les populations deviennent de plus en plus dépendantes du pouvoir allemand pour leur subsistance. Celui-ci allait en profiter pour asseoir sa domination sur le territoire.

La révolte

En 1903, leschefs héréros ou les missionnaires européens devinrent inquiets de la perte accélérée de terres des héréros qui étaient régulièrement vendues aux colons allemands. Les missionnaires demandèrent la création de nouvelles réserves héréros. Le lieutenant allemand Zürn, qui devait définir avec les chefs héréros des frontières des réserves d’Okahandja et de Waterberg leur ordonna, en contrepartie de la création d’une réserve, de céder une grande partie de leurs terres ancestrales à l’Allemagne. Lorsqu’ils refusèrent, il les renvoya avec dédain et arrogance, tout en créant des faux documents en accord avec ses demandes aux chefs. Zürn s’était déjà fait haïr des Héréros pour avoir fait exhumer des crânes de Héréros pour les vendre à des scientifiques racialistes allemands. Le 12 janvier 1904, alors que les forces allemandes dirigées par le gouverneur local et ancien allié de Samuel Maharero étaient envoyées au sud pour mater une révolte, ce dernier lança une attaque contre les Allemands à Okahandja et dan le plateau central. Précisant à ses hommes de ne pas s’en prendre aux femmes, aux enfants, aux missionnaires, aux autres Blancs, aux métis et aux Namas, Samuel proposa aussi une alliance avec les chefs nama Hendrik Witbooi et baster Hermanus van Wyk. Parmi certaines des victimes allemandes, on trouvait des Allemands violeurs de femmes héréros qui n’avaient pas été inquiétés par la justice pour leurs forfaits. 123 hommes allemands furent tués.

La réplique allemande ne se fit pas attendre et les deux parties se livrèrent des combats qui tournèrent à plusieurs reprises à l’avantage des Héréros. Le 11 août 1904 se déroula la bataille décisive du Waterberg entre Allemands et Héréros. Le combat fut très disputé malgré l’infériorité numérique des Africains, mais tourna à la faveur des Allemands. Ces derniers poursuivirent les Héréros, cherchant à les exterminer. Samuel et quelques milliers de ses partisans purent toutefois se réfugier dans le Bechuana britannique (actuel Botswana).

Exil et mort

Lors de l’invasion de l’Afrique du Sud-Ouest allemande ,dont faisait partie l’ancien territoire héréro, par les Sud-Africains, Samuel Maharero envoya certains de ses soldats pour libérer son territoire. Il espérait que les Sud-Africains le lui rendent. Comme pour son père auparavant, ses attentes envers les Européens pour sa propre survie furent déçues et il mourra en exil le 14 mars 1923 à la suite d’un cancer de l’estomac et d’une crise cardiaque à Serowe (actuel Botswana). Il se vit succéder par son fils Friedrich. Rapatrié à sa demande à Okahandja, il laissa à travers son testament des messages à l’attention des Héréros leur demandant d’être pieux, de s’unir en tant qu’Héréros et de regagner leur terre. L’unité de tous les Héréros commença effectivement à son enterrement, lorsque tous ceux-ci s’y rassemblèrent pour au fur et à mesure, définir une identité ethnique unique aux Héréros. Le regain de leur terre n’apparaîtra que bien plus tard lors de l’indépendance de la Namibie en 1990.

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