Trilogie Kemi Seba

QUAND LE MÉTIS ÉTAIT LE NOUVEAU NÈGRE…

Politique

QUAND LE MÉTIS ÉTAIT LE NOUVEAU NÈGRE…

Par Noella

En Angleterre au XVIIe siècle, la pratique d’accouplement forcé entre esclaves noirs et esclaves irlandais a été arrêtée parce qu’elle portait préjudice à l’industrie du transport d’esclaves

Notre récit se déroule au milieu du XVIIe siècle, entre 1641 à 1652, un temps où le commerce d’esclaves était plus que prospère.
Les Britanniques détestaient les Irlandais au point de vouloir éradiquer cette « race » de la surface du globe. En une décennie, des milliers de citoyens irlandais périrent, des femmes et des enfants ont été arrachés à leur foyers pour être vendus sur le marché des esclaves en Inde.

À l’époque, donc, la traite négrière était un des business les plus juteux. Un esclave noir valait 50 livres sterling, soit dix fois plus qu’un esclave irlandais. Les propriétaires de ce bétail humain, de plus en plus rapaces, ont alors trouvé un moyen de s’enrichir encore plus à moindre coup : obliger Blancs et Noirs à procréer entre eux. Quelle économie, cette main-d’œuvre, sur place à portée de main !
Cette nouvelle progéniture métisse, appelée « mulâtre » (terme totalement péjoratif, on le rappelle car se référant au mélange entre le cheval et le mulet), valait nettement plus cher que les autres esclaves. Cette pratique  a duré des dizaines d’années.
Le fait de faire s’accoupler les Irlandais(es) avec les Africain(e)s dans le but de produire des esclaves métis à vendre était si répandue qu’une loi a été décrétée interdisant cette pratique qui portait préjudice à l’industrie du transport d’esclaves. Nous sommes alors en 1681.

« Le Blanc avec la Noire, ou le Noir avec la Blanche produisent également un mulâtre dont la couleur est brune, c’est-à-dire mêlée de blanc et de noir ; ce mulâtre avec un Blanc produit un second mulâtre moins brun que le premier ; et, si ce second mulâtre s’unit de même à un individu de race blanche, le troisième mulâtre n’aura plus qu’une nuance légère de brun qui disparaîtra tout à fait dans les générations suivantes. » Georges Louis Leclerc, comte de B(o)uffon.

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