SANTÉ

Ebola: un second vaccin administré en RDC

Plus de 2.000 personnes sont mortes sur les 3.200 personnes qui ont contracté le virus Ebola en RDC depuis le début de l’épidémie en 2018 dans la province du Nord-Kivu avant de se propager à l’Ituri et au Sud-Kivu voisins, une région isolée à la frontière de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi. Cela correspond à six victimes sur dix personnes contaminées. En moyenne, 50 % des infectés décèdent des suites de la maladie.

Un second vaccin pour contrer l’épidémie ?

La première campagne de vaccination a commencé une semaine après la déclaration officielle de l’épidémie le 1er août 2018. Depuis, 251.079 personnes ont été vaccinées par le premier vaccin rVSV-ZEBOV. L’épidémie d’Ebola en cours est la dixième sur le sol congolais depuis l’apparition de la maladie en 1976.

Le ministre provincial de la Santé du Nord-Kivu « a réceptionné vendredi 11 000 doses sur les 50 000 prévues pour le premier lot du deuxième vaccin contre le virus Ebola, Johnson & Johnson », indique le ministère de la Santé de RDC dans son bulletin sur la situation de l’épidémie publié samedi.

Néanmoins, ce second vaccin nécessite un rappel 56 jours après la première injection.

Jusqu’à présent, seuls ceux qui avaient été en contact avec un patient d’Ebola confirmé étaient vaccinés pour briser la chaîne de transmission. Désormais, toute personne ayant été en contact avec un malade clairement diagnostiqué doit être vacciné. S’ajoute à cela les « voisins », c’est-à-dire les personnes ayant été en contact avec des proches d’un malade.

Un vaccin controversé

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé son soutien pour une évaluation clinique plus poussée de ce vaccin en RDC. De son côté, le ministre de la Santé, le Dr Oly Ilunga Kalenga, a démissionné le 22 juillet, dénonçant entre autres dans un communiqué de « fortes pressions » exercées depuis plusieurs mois pour l’introduction de ce nouveau vaccin. Il a également déploré la composition du comité mis en place pour faire face à l’épidémie et évoqué « des initiatives prises par des membres ayant suscité des interférences dans la conduite de la riposte ». « Le vaccin actuellement utilisé (…) est le seul qui a démontré son efficacité », poursuit-il.

Le 14 novembre 2019, la Commission européenne a autorisé la mise sur le marché du premier vaccin contre le virus Ebola déjà utilisé depuis plus d’un an. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a « préqualifié » ce vaccin en octobre dernier, ce qui signifie qu’il répond aux normes de l’ONU.

Le lendemain de l’officialisation, le président congolais Félix Tshisekedi a estimé que l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola devrait être éradiquée « d’ici à la fin de l’année ».

« Nous pensons que d’ici à la fin de l’année nous aurons mis un terme complet à la maladie », a affirmé le dirigeant lors d’une conférence de presse avec la chancelière allemande Angela Merkel.

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