ENTREPRENEURIAT

L’Annuaire des Initiatives de la Communauté Noire Francophone

Nofi vous invite à découvrir AICNF, l’Annuaire des Initiatives de la Communauté Noire Francophone (AICNF).

L’Annuaire des Initiatives de la Communauté Noire Francophone (AICNF)

Bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour, je suis Jeremy Daul, je suis un autodidacte d’origine martiniquaise qui a entrepris de mettre ses compétences, sa disponibilité au service de la communauté. La communauté humaine, mais avant toute chose, la communauté noire, pour faire les choses étape par étape.

D’où vous vient cet engagement pour la valorisation des talents de la communauté afro-caribéenne ?

Quand j’étais enfant, je me disais que le racisme aurait disparu lorsque j’aurais 18 ans. A l’âge de la majorité, la réalité du monde m’a vite fait oublier mes utopies. Par la suite, je me suis intéressé petit à petit à mes origines. Cette recherche m’a fait découvrir l’histoire de mes aïeux réduits en esclavage. Ma volonté a rapidement été de m’opposer à l’esclavage sous toutes ses formes. Mais j’ai aussi fait un peu de rap, avant de me lancer dans l’aventure du commerce bio-équitable. Donc la création de l’Annuaire des Initiatives de la Communauté Noire Francophone (AICNF), avec ma femme, s’inscrit dans cette volonté de conscientiser, mais aussi partager un réseau, de connecter les bulles qui existent déjà, non pas pour créer une nouvelle bulle, mais pour permettre à tout le monde de voir « qui est qui » et « qui fait quoi » et qu’on puisse travailler ensemble concrètement. Il s’agit pour nous de construire aujourd’hui, pour demain.

Pouvez-vous nous en dire plus au sujet de l’AICNF ?

Le nom de l’annuaire et la démarche sont nés de la rencontre avec ma femme (originaire de la Guadeloupe). Elle avait son réseau et j’avais le mien. Nous nous sommes vite rendus compte que malgré le fait que nous soyons tout deux en île de France, nous n’avions pas les mêmes informations. C’est là que nous avons compris qu’il y avait un souci. En effet, si nous voulons soutenir efficacement notre communauté, nous devons savoir où se situent les acteurs économiques, etc. et ce qu’ils font, afin de les mettre efficacement en commun. Nous avons effectué de nombreuses recherches afin de nous rendre compte de ce qui se faisait en terme de référencement. Nous n’avions pas vous grand chose à l’époque. Certains n’étaient pas mis à jour, d’autres axés uniquement sur l’alimentaire. Nous nous sommes dit à ce moment là qu’il fallait agir.

Quelles valeurs défendez-vous ?

Nous voulons montrer que l’on peu faire en respectant à la fois les hommes et l’environnement. C’est ce que nos aïeux faisaient en Afrique, dans la Caraïbes ou l’Océan Indien. Agir en accord avec ce que nous sommes, pour nous-mêmes, par nous-mêmes.

Pourquoi un tel nom pour votre structure ?

Nous avons énormément réfléchi sur le nom AICNF. Nous nous sommes dit qu’il était important de nommer les choses, sans demander l’autorisation au maître. Nous avons donc utilisé les termes « Communauté« , « Noire » et « Francophone » par choix.

Vous ne vous adressez qu’aux Noirs francophones ?

Nous avons la ferme volonté de rassembler, non seulement les Noirs francophones, mais demain de se connecter avec les anglophones, mais aussi les lusophones.

Pouvez-vous nous parler des actions que vous menez et des services que vous proposez ?

Nous référençons les initiatives portées par les associations, les entreprises en passant par des coopératives et autres plateformes afro. Nous entrons en contact avec les différents acteurs afin de les prévenir que nous les avons référencés. Il est également possible de s’inscrire directement sur l’annuaire. De plus, nous avons organisé des rencontres-débats sur des thématiques qui piquent un peu : « Que manque-t-il à la communauté« , « Pourquoi la communauté n’avance pas ?« , « Pourquoi les francophones consomment moins que les anglophones dans les commerces de la communauté« . Au-delà de ça, j’anime une émission sur la web-radio MONPARISFM.com, dans laquelle, même si ce n’est pas fait au nom d’AICNF, les invités sont principalement afro. Nous abordons avec les invités des sujets tels que la traite négrière, mais aussi l’entrepreneuriat éthique ou encore l’avenir de Haïti. Notre but est la conscientisation, à travers toutes les activités que nous menons. Vous aurez peut-être remarquez qu’au dos de notre carte de visite, nous posons des questions de culture générale afro allant de l’inventeur du feu de circulation à trois positions [1] au dédommagement qu’à du payer Haïti aux esclavagistes. Vous retrouverez de la même manière des citations et des proverbes, chaque semaine sur notre site.

Il existe un grand nombre d’initiatives positives, mais c’est encore microscopique par rapport à l’échelle qu’est la francophonie. C’est ce qui nous a poussé à mettre la carte du monde sur notre logo pour que les gens vois l’impact de la francophonie. L’objectif est donc de faire des connections avec des annuaires anglophones et lusophones.

L’aspect communautaire de votre démarche constitue-t-il un frein  pour vous ?

Pour moi, il s’agit d’une force, parce que lorsque je communique je sais directement vers qui je dois aller. Ma cible est clairement identifiée, que ce soit sur les cartes de visite ou sur le site internet. Le plus gros obstacle serait le partage de l’information et sa circulation. Réussir à toucher les gens et leur faire savoir qu’une initiative comme la nôtre existe. D’où l’intérêt d’une telle interview dans votre média. Mais on ne doit surtout pas sous-estimer la procrastination. Je parle de tout ceux qui savent que nous existons et sont enthousiasmés par notre démarche mais repoussent toujours leur implication à plus tard. C’est dommage.

Les concernés ne saisissent pas l’importance du service que vous proposez ?

Au début oui, en effet, maintenant, ça va mieux. Cela va faire deux ans que nous existons. Nous avions de nombreuse personnes qui nous demandaient à l’époque de démontrer que nous étions sérieux. Ça m’avait choqué à l’époque, mais désormais je comprends. Donc, nous avons pris le temps de consolider notre travail, ce qui nous permet d’offrir un service de qualité.

Quels sont vos objectifs à moyen et long terme ?

L’Annuaire des Initiatives de la Communauté Noire Francophone c’est un outil, ce n’est pas LA solution, mais l’une des solutions que nous proposons à la communauté. A moyen terme, j’espère qu’AICNF continuera à contribuer à cette conscientisation, car ce n’est que lorsque l’on sait qui nos ancêtres étaient que l’on sait qui on est, et in fine que l’on peut définir qui on sera.

Un conseil à donner à ceux qui aimeraient emprunter la même voix que vous ?

Rejoignez et collaborez avec les structures existantes, comme nous l’avons fait, parce c’est mathématique, la solution est écrite noir sur blanc sur le drapeau de Haïti : « L’Union fait la force« . Donc il nous incombe de réaliser cette union, il ne suffit pas d’en parler. Comme le dit l’adage, « parler ne fait pas cuire le riz ».

Quelles personnalités vous inspirent ?

J’ai une grande admiration pour l’homme qui a rebaptisé sa nation « le pays des Hommes intègres« , Thomas Sankara. Mais plus que tout, j’espère avoir de l’inspiration demain pour les Chris Brown , Tyga, des gens qui peuvent agir, qui aujourd’hui portent le montant d’une maison à leur cou, qui pourraient changer concrètement les choses demain. J’espère, étant donné qu’ils sont jeunes, qu’ils agirons plus pour la communauté demain. Je pense notamment au dernier clip de Snoop Doog, « So Misinformed » ft. Slick Rick riche en enseignement. Je le trouve très concret, ça m’a d’ailleurs étonné de l’entendre parler d’autre chose que de choses qui se fument.

Selon vous qu’est-ce qu’être Noir&Fier ?

Beaucoup ont du mal à assumer leur négritude. C’est une étape pour aller plus tard vers « Humain&Fier »

Parlez-nous un peu de votre actu.

Nous auront un stand à l’événement de la PAFHA (Plateforme d’Associations Franco-haïtiennes) où nous vous vendrons des casquettes « Cap K » avec l’Afrique à l’endroit.

Nous vous y attendons donc nombreux au 13e Forum des associations de la communauté haïtienne : 

Samedi 5 octobre 2019,

de 10h à 21h,

à la Bourse du travail de Saint-Denis,

située au 9-11 Rue Génin,

93200 Saint-Denis

Où peut-on vous retrouver et suivre votre actualité ?

Vous pouvez nous retrouver :

Mais aussi sur :

Notes et références

[1] Garrett A. Morgan

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.

Articles : 610