SOCIÉTÉ

Mississippi: Elle refuse de louer sa salle pour le mariage d’un couple mixte

Dans l’état américain du Mississippi, la propriétaire d’une salle a refusé de la louer pour le mariage d’un couple mixte. Elle a justifié son choix par ‘sa foi chrétienne’.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.media

En 2010, 37% de la population du Mississippi était noire. Ce taux est le plus élevé de tous les Etats-Unis où la proportion de Noirs n’était que 12,7% à l’échelle nationale.

Cette statistique pourrait naïvement faire penser qu’un couple mixte y serait mieux accueilli qu’ailleurs. Cela est loin d’être le cas. Pour beaucoup d’ailleurs, l’état  du Mississippi est probablement l’un des plus associés à la ségrégation raciale aux Etats-Unis et à l’étranger. C’est notamment dans cet état qu’a eu lieu l’horrible meurtre du jeune Emmett Till en 1955 et l’assassinat du militant des droits civiques Edgar Mevers en 1963. Plus symboliquement, ce n’est qu’en 2013 que l’esclavage a été aboli dans cet état. En ce qui concerne les unions mixtes, un sondage de 2011 avait révélé que 29% des votants du Parti Républicain du Mississippi considéraient que les mariages mixtes devraient être illégaux.

Lire aussi: Le Mississippi n’a officiellement aboli l’esclavage qu’en 2013

Dans la ville de Booneville, un couple composé d’un Noir et de sa fiancée blanche ont contacté le Boone’s Camp Event Hall, une salle de mariage. Au téléphone, un ou une responsable de celle-ci a expliqué que la salle ne pourrait accueillir l’union du couple. Ce après quoi, le 31 août 2019, LaKambria Welch, la soeur du fiancé, est venue s’enquérir des raisons du refus dans l’établissement même.

Elle y a été accueillie par une femme qui lui a expliqué que « tout d’abord, nous ne faisons pas de mariages homosexuels ni de mariages mixtes à cause de notre (…) foi chrétienne. « , ce à quoi Welch a répondu « Nous sommes aussi chrétiens… Où dans la Bible est-il dit que… ». Elle fut interrompue par son interlocutrice qui lui a dit ne pas « vouloir se justifier sur sa foi ».

Un responsable de la salle s’est ensuite excusée sur les réseaux sociaux en expliquant qu’elle avait appris durant sa jeunesse qu’il fallait « rester avec (les gens de) sa race », mais qu’elle venait de vérifier dans la Bible et que rien de tel n’y était dit. Le message a depuis été supprimé.

De son côté, la mairie de Booneville  a publié sur sa page Facebook un communiqué condamnant l’événement. Contactée par nos confrères de la BBC, elle a affirmé que les fiancés avaient pardonné à la personne incriminée et que des responsables de la salle les avaient ré-invités à se marier chez eux.

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