POLITIQUE

[NIGER] Après Niamey et Maradi, Tahoua aura aussi son hôpital de référence

Le Niger renforce son système de santé publique avec la construction d’un nouvel hôpital général de référence à Tahoua. L’annonce a été faite le 15 avril 2019 par le président de la République, Issoufou Mahamadou.

La santé dans le « Programme Renaissance du Niger »

Le « Programme Renaissance du Niger II » (PNDS) initié en 2016 par le président Issoufou Mahamadou, vise à l’amélioration des conditions de vie des Nigériens. En outre, le programme prévoit de relever les défis du secteur de la santé.  A terme, l’objectif est de « garantir la bonne santé, de promouvoir le bien­être de tous à tous les ages, d’éradiquer les principales maladies (ODD 3)« . Son programme 2016-2021 poursuit son orientation vers le développement des activités de la santé de la reproduction, de l’intensification de la lutte contre la maladie mais aussi du renforcement du système de santé en général.

L’objectif est de passer la couverture sanitaire de 47,47% en 2015 à 60% en 2021. Cela passe notamment par la construction de nouvelles infrastructures de santé.

 

Le président nigérien Mahamadou Issoufou inaugure l’hôpital général de Maradi en 2018.

Les hôpitaux de Niamey et Maradi

Dès août 2016, l’hôpital général de référence a été inauguré à Niamey, la capitale nigérienne. Financé par la Chine, l’infrastructure de 68 millions d’euros s’étend sur 16 hectares avec a une capacité d’accueil de 500 lits. Par ailleurs, cet hôpital devait permettre de réduire les évacuations sanitaires qui s’élevaient en 2016 à plus de 7,5 millions d’euros.

« L’Hôpital général de référence dispose d’un personnel hautement qualifié et d’un plateau technique de pointe. Sa mise en service devra permettre de réduire de manière significative les coûts liés aux évacuations sanitaires à l’extérieur du pays », a expliqué le ministre de la Santé publique, Idi Illiassou Maïnassara, lors du conseil ministériel en mars 2018.
Depuis sa mise en service, l’hôpital général de référence de Niamey, a réalisé plus de 36 000 consultations pour un taux global de guérison de 98 %.

Hôpital général de référence de Niamey, capitale du Niger.

Plus moderne et plus équipé encore que celui de Niamey, l’hôpital général de référence de Maradi, capitale économique du Niger, a été inauguré en 2018. Il est le plus grande et le plus moderne des hôpitaux de la sous-région.

D’après les déclarations du président nigérien, le nombre de médecins au Niger a crû considérablement ces huit dernières années. Il « est passé de 350 à 1 400 aujourd’hui. D’une capacité de 550 lits, cet établissement offre tous les soins avec des équipements de pointe ». La Turquie a financé sa construction à hauteur de 35% sous forme de don et le reste en prêt.

Hôpital général de référence de Maradi

Le nouvel hôpital de Tahoua

Ce 15 avril 2019, le président Issoufou a annoncé le début du chantier de l’hôpital de Tahoua. Au même endroit a eu lieu la pose de la première pierre symbolique du pipeline domestique de transport de produits pétroliers raffinés de Zinder à Torodi, ainsi que celle de la Tour du Pétrole à Niamey.

Ce futur établissement hospitalier aura une capacité d’accueil de 500 lits comme celui de Niamey, mais légèrement plus petit que celui de Maradi. Il sera doté de plateaux  modernes tels que des scanners et IRM.

Crédit photo: nigerinter.com

Il sera construit et financé par l’entreprise chinoise Sinoconst Hong Kong, la même entreprise qui assure la maîtrise d’œuvre du pipeline domestique, ainsi que de la Tour du pétrole de Niamey.

Des économies pour l’Etat

L’Etat nigérien paie le fonctionnement de ces centres hospitaliers qui coûtent plusieurs milliards par an. Ainsi, afin de réduire les dépenses, le ministre de la Santé Idi Illiassou avait interdit en 2018 aux ministres et députés du Niger de se faire soigner à l’étranger. S’ils le souhaitent néanmoins, ce sera « à leurs propres frais », avait-il souligné.

« Dorénavant les ministres, les députés et toute autre personnalité vont se faire soigner aux frais de l’Etat à l’hôpital général de référence de Niamey ». « Seuls les cas ne pouvant y être traités feront l’objet d’une évacuation à l’étranger », avait-il poursuivi.

Objectif : réduire les coûts liés aux évacuations sanitaires à l’extérieur du pays.

Cette décision vise à réduire de manière significative les coûts des évacuations sanitaires, vers des pays tels que  le Maroc, la Tunisie et la France. Selon les chiffres avancés par le ministre de la santé, les coûts de ces évacuations ont été « multipliés par dix entre 2010 à 2017 ». Les coûts sont passés de 800 millions FCFA (1,2 millions d’euros) en 2010 à 10 milliards en 2017 (15 millions d’euros).

Crédit photo: nigerinter.com

Pour s’assurer d’une meilleure application de la nouvelle mesure, les responsables de l’hôpital de référence donneront leur « avis préalable » sur « tout dossier médical » avant une évacuation à l’étranger.

Sources:

Site gouvernemental

Banque Mondiale

NigerInter

French.China.org

Sahelien

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