CULTURE

Avec le sachet noir, l’affaire est encore dans le sac!

Par Georges Dominique. Accessoire préféré de certains invités à un mariage, le sachet noir fait malheureusement encore partie du paysage.

« Joli garçon, viens ici ! », s’empressent de dire certaines Tanties dès qu’elles te voient à un mariage par exemple. Ton prénom ? Tu penses bien qu’elles l’ont oublié depuis la dernière fois qu’elles t’ont vu avec ton pouce dans la bouche. Si elles t’appellent, c’est le plus souvent pour savoir s’il reste encore de la nourriture. Et, en glisser ensuite dans leur sachet noir.

Un compagnon fidèle

Difficile de dire quand est-ce qu’il est apparu pour la première fois mais le sachet noir fait partie du décor dans un événement heureux au même titre que ces enfants qui refusent de dire « Bonjour ! » sous prétexte qu’ils ne te connaissent pas.

Ancré dans le paysage

Il est tellement ancré dans le paysage qu’il fait partie de la famille ou presque. Aller à un mariage et ne pas voir de sachet noir, c’est comme manger attiéké avec des couverts : sacrilège !

La solution de facilité…

Sacs plastiques – Lance Grandahl_unsplash

« Au moins le soir, on va pas préparer ! », préviennent certaines mamans, soulagées de ne pas avoir à faire la cuisine encore. Pour une fois qu’elles pensent à elles…

Grâce à ce sac prêt-à-emporter, elles repartent avec de quoi satisfaire tout le monde. Certes, elles optent pour une solution de facilité mais pourquoi devrait-on les blâmer ? Elles ne font que reproduire un schéma existant, entretenir une tradition.

Oui, le sachet noir est une tradition qui dure, malheureusement, polluant ainsi le paysage africain.

…Qui dure malheureusement

Interdiction de façade

Bien qu’ils soient interdits dans certains pays tels que la Côte d’Ivoire, et une loi datant de 2013, le sac plastique circule encore librement de la boutique, à certaines supérettes de quartier, en passant par certaines stations-services.

Certes, les sacs réutilisables ont fait leur apparition (comptez en moyenne 500 francs CFA pour un grand modèle, soit 75 centimes d’euros) depuis plusieurs années, tout comme les paper bag aussi, mais il est encore utilisé malgré tout.

Trash challenge !

La prise de conscience se fait lentement mais sûrement, parfois de manière étonnante par le biais d’un…challenge.

Dernier en date d’une longue série, le trash challenge, qui consiste à publier des photos en mode « avant » et « après » d’un endroit qu’on a nettoyé, s’inscrit dans cette démarche-là. Sur les photos publiés, par ces nettoyeurs d’un jour on découvre avec une satisfaction certaine le résultat d’une plage délestée de ces déchets, à commencer par les sacs plastiques rejetés par la mer.

Le sachet noir disparaîtra quand il y aura moins de Tanties mais aussi de Tontons sapés comme jamais dans leur costume qui n’héleront plus : « Joli garçon, viens ici ! « 

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