POLITIQUE

Après le massacre de 160 civils à Mopti, le Mali est en deuil

Une semaine jour pour jour après le massacre de 160 civils dans les villages d’Ogossassou et Welingara, le président malien déclare trois jours de deuil national.

Massacre dans deux villages peuls

village peul d’Ogassogou après le massacre du 23 mars 2019

Dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 mars, deux villages ont été sauvagement attaqués par un groupe armé. Des hommes, femmes, enfants et vieillards ont été brutalement massacrés à Ogossagou et Welingara. D’après les témoignages, les criminels étaient vêtus en chasseurs traditionnels Donzo, et auraient fait 160 victimes.

« Presque toutes les cases [à Ogassagou ndlr] ont été brûlées par les chasseurs traditionnels », rapporte l’AFP.

Dans un communiqué, le gouvernement malien condamnait « un acte odieux » et s’engageait à « traquer les auteurs de cette barbarie d’un autre âge ». Dès le début, les regards se sont tournés vers le groupe dogon Dan Nan Ambassagou. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé sa dissolution dès le 24 mars. En outre, cela équivaut à une accusation indirecte. Néanmoins, le chef du groupe dogon, Youssouf Toloba, a nié toute implication est refuse la dissolution. Avec ce groupe d’auto-défense, il entend « protéger » les populations civiles dogon abandonnées à elles-mêmes par le gouvernement.

Nos confrères de Malijet ont pu s’entretenir avec le chef du groupe. Voici ce qu’il déclare dans un audio de 11 min:

« Nous ne sommes pas d’accord avec la décision prise par le Premier ministre et son président. Pour quelle raison vont-ils  dissoudre notre association ? Qu’ils nous le disent ! »

Ensuite, Youssouf Toloba fait référence aux groupes djihadistes qui sévissent dans la zone sahélienne. Il considère en outre que leur groupe armé leur permet de se défendre contre les attaques répétées de ces milices et pointe la faiblesse de l’Etat.

« J’informe l’opinion nationale et internationale que si ceux qui sont dans la forêt déposent les armes, Danna Amassagou déposera aussi. Tant que cela n’est pas fait, on ne déposera pas les armes ».

Trois jours de deuil national

La tuerie d’Ogassogou est l’attaque la plus meurtrière au Mali depuis la fin des principaux combats de l’opération lancée en 2013. Image: AFP

D’après les Nations unies, plus de 500 morts et 58 attaques y ont été recensées en 2018. Suite à ce dernier massacre, le président Ibrahim Boubacar Keïta s’est rendu sur les lieux pour promettre « justice » et « sécurité » aux survivants. Il s’est recueilli sur les trois fosses communes où les victimes ont été enterrées. Il a également décrété trois jours de deuil national à compter de ce vendredi 29 mars.

Par ailleurs, l’enquête a menée à l’arrestation de cinq suspects.

« Parmi les blessés, cinq personnes ont été identifiées par les rescapés comme étant des assaillants présumés. Nous les soupçonnons d’être des membres du groupe qui a attaqué le village d’Ogossagou le 23 mars dernier », a annoncé jeudi à Jeune Afrique le procureur de Mopti. « Les cinq individus ont été acheminés à Bamako pour continuer à bénéficier de soins, mais aussi pour y être auditionnés dans le cadre de l’enquête », a-t-il précisé.

Sources:

RFI

Malijet

Le Monde

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