CULTURE

Nappily ever after : ou la dictature du cheveu !

Que serions-nous sans nos cheveux ? « Nappily ever after » est une comédie de la réalisatrice Haifaa Al Mansour qui s’attaque à un sujet délicat pour les femmes : les cheveux. Sanaa Lathan, en tête d’affiche, incarne Violet Jones, qui nous transporte au cœur de ses péripéties capillaires. Une fiction réaliste, à la fois drôle et sérieuse, à découvrir en ce moment sur Netflix.

Sanaa Lathan (Love and Basketball ; The perfect guy) est Violet Jones, l’incarnation de la femme parfaite. Belle, sûre d’elle, occupant un poste important dans une grande société. Pour ressembler à cette princesse d’un conte de fées moderne, Violet passe des heures à soigner son apparence, du bon accessoire au maquillage, elle ne relâche jamais ses efforts. Le miroir comme allié, vanité des vanités, de même que Samson son identité entière et sa force tiennent dans ses cheveux. Parfaitement lissés (brûlés), aucun épis, aucune frisette. Elle les arbore fièrement telle une armure et ça fait mouche. Il faut dire que, question beauté, Violet s’y connaît, elle qui gère les campagnes de communication des grands comptes pour les produits cosmétiques dédiés à la femme.

Femme-vitrine

Nous avons toutes connu dès l’enfance ces moments de torture où notre mère nous attend le peigne à  la main. L’heure du coiffage est celle qu’on aurait échangée pour n’importe quoi d’autre ! Pour Violet, les séances de lissage intensives ont fini par s’installer comme un rituel qu’elle respecte religieusement bien qu’adulte. Il est par ailleurs le seul vrai moment mère-fille qu’elle partage avec sa génitrice (Lynn Withfield) car, pour madame Jones, l’apparence est capitale. Celle de son mini double encore plus ! Femme indépendante, Violet est donc de celles qui se lèvent quelques heures avant leur compagnon pour se refaire une beauté, histoire d’être parfaite au réveil de son amoureux. Une vraie poupée, en chair et en os ! Violet n’est pas exposée au centre de la vitrine, elle EST la vitrine !

Sous-pression

Pourtant, aucune femme ne peut approcher, encore moins rivaliser avec la perfection. Le job de rêve, le corps de rêve, une vie rêvée. Notre héroïne est proche de la consécration lorsqu’un malencontreux accident capillaire la pousse à renoncer à cette satanée tignasse. Dans le dénuement total, Violet va être contrainte de s’affronter et de découvrir qui elle est vraiment. Paradoxalement, c’est hors de sa cachette confortable qu’elle va enfin s’ouvrir au monde réel et prendre pleinement conscience de son potentiel. La coupe des cheveux chez la femme à une symbolique toute particulière. Pour cause de décès, autre perte ou même folie; faire table rase de ses cheveux est synonyme de changement important. La beauté, du moins les standards véhiculés par les arts et les médias ont longtemps prôné un standard figé.

La femme belle est celle qui porte les cheveux longs et lisses. Un diktat qui poussa les femmes héritières d’une autre nature de cheveu, à se les lisser, se les défriser… souvent au péril de leur santé. Le colorer aussi, pour cacher le temps qui passe. Puis, la longueur qui symbolise le statut social voire même la personnalité, plus ou moins rigide selon le carré… Une pression constante et discriminatoire qui écrase la gente féminine et est directement lié à la confiance en soi. Tout cela avant qu’heureusement les femmes ne s’affranchissent de ces stéréotypes carcans et osent définir leur propre mode capillaire. Bref, le message de ce film, dans lequel la ravissante Sanaa Lathan crève une fois de plus l’écran, est « femmes, libérez-vous ! »

A voir en ce moment sur Netflix !

SK est la rédactrice/ journaliste du secteur Politique, Société et Culture. Jeune femme vive, impétueuse et toujours bienveillante, elle vous apporte une vision sans filtre de l'actualité.

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