L’excellence Noire – Kouokam KAMTCHUENG

L’excellence noire, ou comment faire de la discipline un mode de vie

Culture

L’excellence noire, ou comment faire de la discipline un mode de vie

Par SK

« L’excellence ce n’est pas l’élitisme mais plutôt, un degré à atteindre. »

L’Excellence noire est le premier livre de Kouokam Kamtchueng. Un ouvrage pratique, un guide de vie pour atteindre le plus haut niveau d’élévation de l’homme noir.

C’est en tout cas le message que souhaite diffuser ce militant de la cause panafricaine. Jeune français d’origine camerounaise, cet ancien sportif de haut niveau  est aussi co-fondateur de l’association Kemwana. Ses parents étant engagés dans la cause, il l’a été lui aussi dès son plus jeune âge et veut maintenant poursuivre cette quête afin d’atteindre le but suprême : l’Excellence noire.

Sa vision, ses projets, il a accepté de les partager dans ce portrait pour NOFI.

 

QUI EST KOUOKAM KAMTCHUENG ?

Je suis camerounais, j’ai 34 ans. J’ai été sportif de haut niveau et maintenant je suis éducateur sportif. Je pratiquais le RinkHockey, c’est du hockey sur patins à roulettes,  j’en ai fait 20 ans. Dans ce sport c’est compliqué d’être professionnel parce qu’il n’est pas assez connu.

Depuis une dizaine d’années j’exerce en tant qu’éducateur sportif pour la ville de Puteaux et  suis également coach particulier.

 

QUEL A ETE LE DECLIC POUR VOUS LANCER DANS LE COMBAT DE REVALORISATION DE L’HOMME NOIR ?

Mes parents et mes grands-parents étaient déjà engagés. Ma mère organisait pas mal de manifestations contre la Françafrique par exemple. On habitait en Normandie et elle faisait beaucoup d’allers-retours entre la maison et Paris pour ses activités. Mes grands-parents ont connu la guerre contre l’armée coloniale au Cameroun, donc on a toujours été impliqués. Je suis né dedans, depuis petit ils me racontaient leur histoire, on les a vus faire, se déplacer, rencontrer des gens engagés en politique. Pour moi c’était naturel de continuer dans cette voie.

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COMMENT EST NEE L’ASSOCIATION KEMWANA ?

A l’époque, il n’y avait pas grand-chose sur internet pour l’Afrique. J’avais un blog sur lequel j’écrivais pas mal d’articles et c’est comme ça que j’ai fait connaissance avec des gens dans la même démarche que moi. Nous étions un groupe hétérogène, chacun avait son propre niveau de connaissance sur l’histoire africaine, certains ne connaissaient rien, d’autres en savaient un peu plus. Naturellement, on s’est regroupés. On a fondée l’association en 2006, au départ nous étions une vingtaine.

 

QUE SIGNIFIE KEMWANA ?

Kemwana c’est un nom qu’on a inventé qui signifie « Enfant d’Afrique ». C’est la contraction de Kemet (l’Afrique) et de « Mwana » qui signifie « enfant » dans plusieurs langues d’origine Kongo. Kemwana est une association pour les afros-descendants qui regroupe des gens de tous profils et, c’est ça qui est génial. Au début, il y’avait plus de filles et c’est elles qu’on voulait mettre en avant. Ensuite, beaucoup d’entre elles sont parties et une majorité d’hommes nous ont rejoints.

 

AVIEZ-VOUS DES ACTIVITES EDUCATIVES ?

Pendant un an, on a énormément lu, chacun de son côté. Puis, comme on se retrouvait pour échanger sur l’Afrique, on s’est dit que peut-être d’autres personnes aimeraient apprendre et discuter autour de ce sujet. Donc on a commencé par préparer des modules d’histoire africaine, en partant d’aujourd’hui pour remonter jusqu’à l’Antiquité. A l’origine, on destinait ces cours aux enfants, mais dès la première séance on s’est aperçu qu’il y avait plus d’adultes, alors on a continué avec eux. Les cours ont toujours été gratuits et dispensés toutes les deux semaines en région parisienne pendant trois ans.

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Un an après la création de l’association, on a décidé d’éditer les calendriers panafricains, qu’on imprime entre 150 et 200 chaque année généralement, donc ça marche plutôt bien. Ces calendriers racontent l’histoire de tout le monde noir, citations, événements, etc…

On a aussi donné des cours d’auto-défense dans le cadre de l’excellence. On part du principe que pour qu’un Afro soit complet, il doit pouvoir se défendre et défendre sa famille. Avec l’hiver on a arrêté parce qu’avec le froid les gens ne viendront pas (rires). Les calendriers sont la seule activité qu’on a gardée pour l’instant, mais d’autres choses sont en préparation en lien direct avec le Continent.

 

L’EXCELLENCE NOIRE EST EN VENTE DEPUIS QUELQUES SEMAINES.POURQUOI AVOIR ECRIT CE LIVRE ?

J’ai toujours beaucoup lu les écrits des leaders de la communauté. Du coup, j’avais pu prendre ce qu’il y’avait de bon dans chaque pensée. Pour ce livre, je me suis inspiré d’un ouvrage de Marcus Garvey « Le cours de philosophie africaine », dans lequel il donnait des clés pour que le noir atteigne son niveau d’accomplissement. C’est un guide qui enseigne comment se comporter au quotidien, et en le lisant, je me suis dit que c’était le genre de bouquin que je devais écrire. Ça m’a parlé tout de suite parce que je suis quelqu’un de pratique. Mon livre est donc un patchwork des différentes pensées panafricaines que j’ai amélioré. J’ai ajouté des éléments modernes dans ce guide, comme la formation des enfants, le couple, la gestion du patrimoine ou « la société d’excellence », à savoir, comment on doit se comporter en société. Ce sera d’ailleurs le sujet de mon prochain livre qui s’intitulera « Société d’excellence».

 

POURQUOI METTRE L’ACCENT SUR CES VALEURS ?

Pour moi, ce sont les bases, parce que l’excellence ce n’est pas l’élitisme mais plutôt, un degré à atteindre. Mon but avec ce livre, c’est que tous les noirs atteignent l’excellence, ça ne m’intéresse pas d’être en avant. Ce qui me ferait plaisir ce serait que tous les noirs soient en haut. J’ai donc fait ce livre à ma sauce, en incorporant plusieurs termes sportifs et en me basant sur mon expérience mais ce n’est pas une autobiographie.  Je me suis inspiré de mon enfance, mon éducation, les rapports entre enfants et parents…

 

DEPUIS LA SORTIE DU LIVRE AVEZ-VOUS EU DES RETOURS ?

Il y a une page Facebook qui s’appelle « L’excellence noire » https://www.facebook.com/Kemwana sur laquelle je publiais des extraits, donc les gens savaient à quoi s’attendre. C’est un bouquin facile à lire, même pour ceux qui n’aiment pas la lecture, mais très directif. J’ai eu de bons retours pour l’instant et j’attends aussi les critiques négatives, car j’en ai besoin pour m’améliorer puisque je ne suis pas écrivain.

OU PEUT-ON SE LE PROCCURER ?

Auprès de moi directement. Sinon, il est en vente sur le site de l’association Kemwana. (Je suis en train de voir pour qu’il soit vendu à la librairie Tamery en février)

 

QUELS RAPPORTS ENTRETENIEZ-VOUS AVEC L’AFRIQUE AVANT L’ASSOCIATION ?

Avant mes dix ans, j’avais déjà été deux fois au Cameroun, et je n’en garde que de supers souvenirs. J’y suis retourné plus tard vers 23 ans. J’insistais depuis longtemps auprès de mes parents pour repartir seul mais ils repoussaient l’échéance alors j’ai pris moi-même mon billet et finalement mon père m’a accompagné. Je parle très  mal ma langue, c’est terrible, il va falloir que je m’y mette sérieusement. J’aimerai aussi parler plusieurs langues africaines.

 

ET DEPUIS, REGARDEZ-VOUS TOUJOURS VERS LE CONTINENT ?

Dans le cadre de l’association, nous avons beaucoup voyagé et pris la température sur place pour pouvoir organiser le retour, mais on s’est rendu compte que les gens ici n’étaient pas encore actifs. En revanche, sur place il y’a des gens vraiment opérationnels. Comme ils n‘ont pas le même accès que nous à internet, on ne se rend pas compte mais il y’en a qui sont vraiment loin. On s’est aussi créé un carnet d’adresses surtout au Cameroun. Certains d’entre nous ont rencontré Winnie Mandela en Afrique du Sud, ont passé du temps avec elle dans sa maison pour échanger et travailler sur des collaborations diverses.

 

ETES-VOUS AFFILIE A UN MOUVEMENT MILITANT EN PARTICULIER ?

Non. Je suis en contact avec tous ceux qui veulent réellement avancer mais, je ne suis rattaché à aucun mouvement, je roule pour le panafricanisme, en évitant du mieux possible les conflits parce que connaissant notre histoire, je sais combien ils ont été destructeurs pour la communauté. Les problèmes d’ego restent l’ennemi numéro un.

 

QUELS SONT VOS ESPOIRS POUR CE LIVRE ?

Avec ce livre, j’espère avoir apporté quelque chose de nouveau. Sans histoire, on est comme un élément perdu sur terre. Alors qu’en la connaissant, on s’insère dans une lignée et on sait où on doit aller. Plus tu te connais plus tu es solide, c’est pareil quand tu connais l’histoire du monde. Il faut analyser la situation pour agir en fonction. Ce livre va à l’encontre de l’éducation occidentale qui veut que tu sois un individu lambda qui ne tient pas compte du cadre dans lequel il s’insère. Tu dois rentrer et te mettre à ta place, sans pour autant être dans un carcan.

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PRÔNER LE COMMUNAUTARISME NE VOUS SEMBLE UN COMBAT PERDU D’AVANCE ?

Lorsqu’on est à l’extérieur de ses terres, il faut vivre en communauté, vivre en communauté c’est favoriser les siens. C’est ce que tout le monde fait, même ceux qui disent qu’ils ne sont pas communautaristes. Personne n’est neutre, rien n’est neutre, c’est pour cela qu’il faut vivre en communauté. Mais cela ne signifie pas être contre les autres, mais pour soi et pour les siens avant tout, afin de ne pas être un individu perdu et balloté dans tous les sens. La communauté te stabilise. Il faut s’aimer et aimer les siens sans limites.

 

QUE PENSEZ-VOUS DU « BACK TO AFRICA » ?

Tu n’es pas obligé de vivre au même endroit toute ta vie. C’est pour ça qu’on ne peut pas opposer ceux qui restent et ceux qui partent. Tu bouges aussi selon les opportunités, mais je trouve ça dommage de ne pas tenter. Je pense que c’est un manque de ne pas rentrer ne serait-ce qu’une fois pour vivre au quotidien les réalités du monde panafricain.

 

L’EXCELLENCE NOIRE, Kouokam Kamtchueng. A se procurer sur le site www.kemwana.com

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