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FRANCISCO MACIAS NGUEMA, TYRAN DEBRIDE DE L’EQUATEUR

Politique

FRANCISCO MACIAS NGUEMA, TYRAN DEBRIDE DE L’EQUATEUR

Par SK

Longtemps fonctionnaire des autorités coloniale espagnoles, Nguema intègre le gouvernement de la Guinée-équatoriale à partir de 1964. Progressivement, il va faire dériver le régime vers une dictature sévère, rythmée par ses pulsions sanguinaires, sa folie et sa brutalité. Peu instruit, Macias transforme sa frustration en férocité envers tous les intellectuels et son profond mépris pour les espagnols, anciens colons, grâce à qui il a pourtant pu accéder à la politique. Il demeure le tyran le plus débridé qu’a connu l’équateur entre les années 60 et 70

Francisco Macias Nguema, naît le 1er janvier 1924 à Rio Muni (région continentale de la Guinée-équatoriale). Son père est un grand sorcier traditionnel de l’ethnie Fang, ethnie majoritaire de la Guinée-équatoriale. Cet avantage tribal lui permettra plus tard de prendre de l’avancement au sein de l’administration. Comme la plupart des enfants nés dans les colonies noires, Francisco fera son éducation à l’école de la mission catholique. Très peu de détails sur son enfance, sauf que très tôt il termine ses études et se retrouve sous l’aile des colons espagnols. Ces derniers, conscients des lacunes intellectuelles de Nguema, voient tout de même en lui de grandes qualités d’orateur et comprennent qu’il serait un pion utile pour renforcer la domination coloniale. En effet, appartenant à l’ethnie Fang, il a la sensibilité nécessaire et la maîtrise du dialecte pour s’adresser à eux de façon plus éloquente. Aussi, ils instrumentalisent le jeune Nguema, lui confiant d’abord des tâches administratives, puis, le promouvant rapidement à diverses fonctions politiques.

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D’abord interprète-adjoint au tribunal indigène de Mongomo, ce qui  lui faut d’être surnommé « le maire de Mongomo » par ses compatriotes ; puis, conseiller des Travaux publiques (équivalent de ministre). En 1958, les autorités coloniales acceptent la mise en place d’un régime autonome, qui reste néanmoins une dépendance de l’Espagne. Francesco Macias en devient le vice-président, porté par ses mentors, et sous la direction de Bonifacio Ondo Edu, en 1964. Pourtant, ces derniers ignorent la haine profonde que nourrit Nguema envers eux et la colonisation dans sa globalité. Ayant comprit qu’il était instrumentalisé afin de servir leurs intérêts, il avait alors prit le parti d’être discret et docile afin de ne pas éveiller leurs soupçons. Cependant, il ne tardera pas à opérer un spectaculaire changement de camp. Vers 1967, alors qu’il est toujours vice-président et que l’indépendance se négocie, Francisco Macias Nguema se révèle le porte-parole de la lutte pour la liberté. Sans concessions et désormais intransigeant avec ses maîtres, il endosse la révolution avec agressivité et rigidité. Il est soutenu par nombreux indépendantistes, désireux de suivre des leaders locaux plutôt qu’européens.

Le 11 août 1968, un referendum est proposé à la population et des élections libres sont organisées sous la surveillance des Nations Unies, opposant Nguema et Ondo Edu.

Lorsque la Guinée espagnole accède à son indépendance le 12 octobre 1968, pour devenir la république de Guinée-Equatoriale, Francisco Macias Nguema en devient le président. Peu de temps après, son ministre des affaires étrangères, Atanasio Ndong Miyone, tente un coup d’état. C’est là le point de départ de la radicalisation du régime, la dictature se met en place. Son rival de l’élection est emprisonné et exécuté, plusieurs membres et ex-membres du gouvernement sont également arrêtés et torturés ou se suicident en prison. Dès 1970, il établit le parti unique des travailleurs, un an plus tard, en juillet 1971, il fait abroger une partie de la constitution.

En 1972, il se proclame président à vie ainsi que ministre de la Justice et des Finances. Il abolit le fédéralisme d’avec le roi d’Espagne. Les citoyens ont l’obligation de l’appeler « Miracle unique de la Guinée-Equatoriale » et doivent se soumettre à sa gouvernance tyrannique et totalement dénuée de sens commun : Durant son règne, il est interdit de porter des chaussures…Beaucoup d’équato-guinéen s’exileront pour fuir la répression, autant d’autres seront arbitrairement condamnés et/ou tués.

En 1976, il impose que tous les noms d’ascendance espagnole soient transformés afin de reprendre leur identité africaine. Pour être en cohérence avec cette loi et afin de donner l’exemple, il change son nom pour Masie Nguema Biyogo Negue Ndong. C’est là peut-être la seule action en faveur d’une unité et d’une réconciliation avec les racines africaines, la seule mesure pertinente et symbolique de sa contestation quant aux legs de la période coloniale, avec l’africanisation des noms des villes : La capitale, Santa Isabel, devient Malabo.

En dehors de cela, Nguema prend des décisions qui enclavent le pays et détériorent la situation économique et sociale : Les hôpitaux et les écoles sont fermés, au profit d’une médecine plus traditionnelle ; la pêche est interdite pour les habitants ; la culture du cacao est  gravement ralentie et il fait démanteler le chemin de fer. En 1978, il interdit la pratique de la religion catholique. Le régime est centré sur la militarisation extrême et la sécurité, à l’intérieur des frontières exclusivement.

Il accepte que les russes installent une base sous-marine secrète dans le pays. Parallèlement à cette situation d’isolement, Nguema, qui fut postier avant d’intégrer le gouvernement, fait produire des milliers de timbres pour son propre plaisir, n’ayant nul part où les exporter…

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Pour diriger l’Etat, il s’entoure de ses proches, et massivement de membres de sa famille comme son neveu Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Ce dernier, d’abord chef de la prison Black Beach, devient Colonel de l’armée nationale. Le 3 août 1979, il renverse le président avec l’aide de ses soldats. Masie se réfugie dans un bunker et détruit les réserves de change du pays, faisant ainsi chuter le cours de la monnaie (ekwele-bikwele) ce qui entraîne nécessairement une grave crise fiduciaire. Masie Nguema Biyogo Negue Ndong est arrêté, jugé et condamné à mort. La commission internationale des juristes surveille la régularité du jugement, mais, faute d’institutions juridiques fiables, c’est le code militaire espagnol qui est appliqué. Le dictateur est fusillé le 29 septembre 1979, par des militaires marocains, les soldats locaux n’osant pas accomplir la tâche tant l’homme était mystifié.

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Masie Nguema Biyogo Negue Ndong aura régné pendant 11 ans, imposant une terreur sans limite. Il laisse le pays dans une situation économique et structurelle critique et un souvenir amer aux équato-guinéens. Près des deux tiers de la population auront trouvé la mort ou l’exil  sous son régime.

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