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Volcan Nyiragongo : risque d’éruption et évacuation de Goma

Société

Volcan Nyiragongo : risque d’éruption et évacuation de Goma

Par Redaction NOFI

Des dizaines de milliers d’habitants fuient la ville de Goma exposée à de nouveaux risques d’éruption du volcan Nyiragongo

Potentielle éruption du Volcan Nyiragongo

Les autorités de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont ordonné ce jeudi matin l’évacuation d’une partie de la ville en raison des risques d’éruption du volcan Nyiragongo, considéré comme le plus dangereux d’Afrique. Une exode d’une dizaine de milliers de personnes s’est alors mise en place. 

« Les données actuelles de la sismicité et de la déformation du sol indiquent la présence de magma sous la zone urbaine de Goma, avec une extension sous le lac Kivu », a déclaré à l’aube, dans une adresse à la population sur les médias locaux, le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, le général Constant Ndima. « On ne peut actuellement pas exclure une éruption à terre ou sous le lac (Kivu) qui pourrait advenir sous très peu, voire sans aucun signe précurseur », a ajouté le général Ndima, citant les noms de dix quartiers de la ville.

Volcan Nyiragongo

Justin Kabumba/AP/SIPA

Dans une déclaration depuis Kinshasa, le ministère de la Communication a lui aussi justifié: « la menace persistante d’éruption et des secousses sismiques à répétition obligent le gouvernement à activer à titre préventif un plan d’évacuation progressive des habitants au plus tôt ».

« De samedi à mardi matin, plus de 269 tremblements de terre ressentis ont été enregistrés » par l’Observatoire volcanologique de Goma (OVG). Le séisme de plus grande ampleur enregistré a été ressenti mardi avec une « magnitude 5,2 sur l’échelle de Richter », a-t-il ajouté. Les séismes se sont poursuivis avec la même intensité mercredi dans la ville, où d’impressionnantes fissures étaient visibles sur le sol. Avec les nouvelles secousses, plusieurs de ces fissures se sont notablement élargies.

Situation sous surveillance

« La situation peut changer rapidement, elle est sous surveillance constante » et, en « prévision de cette éventuelle catastrophe, l’évacuation est obligatoire et se fera vers Sake [localité située à 20 kilomètres à l’ouest de Goma]. Elle devra se faire dans le calme et sans précipitation sous la coordination des humanitaires et avec les moyens de transport mis à disposition par les autorités provinciales dans chaque quartier », a détaillé le gouverneur.

« Les gens doivent emporter le seul minimum, pour donner la chance à tout le monde d’embarquer après avoir pris soin de fermer leurs maisons », a-t-il conclu. Appelant au calme, les autorités disent avoir mis à disposition des moyens de transport et déployé des patrouilles des forces de l’ordre « pour sécuriser les biens et les personnes ».

Dans la partie sud de Goma, les bouchons s’étendaient jusque sur une vingtaine de kilomètres, les rues ont été immédiatement envahies de milliers de piétons, des familles, des enfants, des vieillards, portant des matelas, des sacs de sports ou autres maigres biens. 

Volcan Nyiragongo

MOSES SAWASAWA / AFP

Au port de Goma, c’était également la panique. La foule s’est pressée dès l’aube pour monter à bord de bateaux en direction de Bukavu, au sud du Kivu, avant que les autorités n’interdisent la navigation près du port. Des personnes fuyaient également par le nord de Goma, empruntant par milliers et la plupart à pied la route coupée dans cette direction par la coulée de lave de samedi. Les dix quartiers de Goma évacués ce jeudi sont « exposés à des points de sortie de lave, lesquels ne sont pas prévisibles pour le moment », selon le gouverneur Ndima.

A ce jour, le bilan est de 32 morts depuis l’éruption samedi. La précédente éruption majeure du Nyiragongo, le 17 janvier 2002, avait fait une centaine de morts. L’éruption la plus meurtrière, elle, avait fait plus de 600 morts en 1977.

Source

AFP

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