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El Camino : pourquoi Gustavo Frings est le meilleur personnage de Breaking Bad ?

Par Georges Dominique. Gustavo Frings, c’est le type tellement froid qu’il mettrait fin au réchauffement climatique.

(L’article comprenant de nombreux spoilers, assure-toi s’il te plaît d’avoir vu la série et le film.)

Disponible sur Netflix, ta plate-forme de films et séries préférée, El Camino : A Breaking Bad Movie marque la fin de l’aventure de la série Breaking Bad. Tu sais l’histoire de Walter White, cet enseignant atteint du cancer qui se lance dans le trafic de méthamphétamine, avec son ancien élève branleur Jesse Pinkman, comme s’il faisait un vulgaire saut dans sa piscine. Sur la route du duo bancal, se dressent de nombreux personnages charismatiques parmi lesquels Gustavo Frings. La faiblesse du film inspiré par la série rappelle malheureusement à quel point il y a joué un rôle important. Peut-être même le plus important. En voici quelques raisons.

L’INCARNATION DU RÊVE AMÉRICAIN

L’homme qui cachait son trafic derrière son fast food – Tous droits réservés

Joues plus lisses que celles d’un bébé, monture fine pour verres carrés, cravate toujours bien nouée et élocution impeccable, Gustavo « Gus » Frings – incarné par le fascinant Giancarlo Esposito – représente le patron comme certains l’imaginent ! Propre, trop propre sur lui-même.

La vengeance est un plat qui se boit froid

Gus, c’est ce boss dont la seule présence suffit à empêcher les mouches de voler ou faire en sorte que ton collègue avachi dans son fauteuil à roulettes se redresse plus rapidement que l’économie d’un pays africain pourtant sous perfusion.

Gus, c’est aussi le puissant patron d’une chaîne de fast-food Los Pollos Hermanos, qui lui permet d’écouler sa drogue ni vu ni connu.

Mais avant de prospérer, Gus a grandi dans la pauvreté, aurait fui la dictature de Pinochet, a été ensuite humilié puis a perdu son meilleur ami assassiné sous ses yeux. Quelques années plus tard, il obtient sa revanche : il boit lui-même le poison qui tue Hector Salamanca, le narcotrafiquant responsable de la mort de son associé, et ses acolytes. Il s’en sort indemne.

LE DIABLE EST DANS LES PETITS DÉTAILS, GUSTAVO AUSSI

«  Le diable est dans les détails » dit-on. Et bien, Gustavo aussi ! Il ne laisse rien ou presque au hasard.

Que ce soit la prudence dont il fait preuve en rencontrant pour la première fois l’imprudent Walter White, sa vraie-fausse implication dans la communauté pour s’attirer les bonnes grâces des services de police de la ville d’Albuquerque (dons, récompenses, visite à l’hôpital, etc.) ou encore son allergie à l’à-peu-près, ce Monsieur Propre qui trempe dans de sales affaires ne laisse rien au hasard.

Son double jeu prend le visage de l’horreur

Dans l’épisode final de la saison 4, intitulé Face Off, Frings manque de vigilance quand il entre dans la chambre de son dernier ennemi vivant Tio Salamanca. Ce vieil homme active la bombe accrochée à son fauteuil roulant, après avoir écouté Frings déversé sa colère sur lui.

Quelques minutes plus tard, l’entrepreneur successful apparaît à l’écran une partie du visage arraché et l’autre intacte : c’est à ce moment précis que tout son double visage qu’il avait étalé tout au long de l’intrigue éclate définitivement au grand jour. Assurément l’une des scènes les plus marquantes du petit écran.

RÉVÉLATEUR DE PERSONNALITÉ(S) ET ACCÉLÉRATEUR D’INTRIGUE

La mort aux deux visages – Tous droits réservés

Si certains se sont contentés de suivre les ordres précis de Gustavo Frings, d’autres sont tombés dans la rébellion comme Walter White.

Docteur White, Mister Heisenberg

En voulant coûte que coûte se débarrasser de Frings avant qu’il ne le fasse, le professeur de physique chimie devenu drug dealer a renforcé son côté Heisenberg : ce street name qu’il s’est lui-même attribué pour rentrer dans son personnage.

Certes, Heisenberg a organisé sa violente prise de pouvoir avec moins de discrétion qu’une puissance étrangère, voulant installer son champion à la tête d’un état d’Afrique Noire, mais il a fini par révéler son vrai visage. Celui d’un homme violent et avide de pouvoir. Comme dirait l’autre : « Petit à petit, l’ennemi s’est dévoilé ».

L’intrigue s’emballe comme papier cadeau

Avec la mort de Frings, l’intrigue s’emballe ! Le duo mal assorti est désormais sans ressource et l’étau se resserre autour d’eux. Sans fournisseur, Walter et Jesse s’associent à un groupe néo-nazi que Monsieur White finira par liquider et sauver ainsi l’otage Pinkman. Point de départ du film El Camino : A Breaking Bad Movie.

La faiblesse du film inspiré par la série rappelle malheureusement à quel point Gustavo Frings y a joué un rôle important. Peut-être même le plus important.

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