POLITIQUE

Quand la France se mêlait de la politique intérieure camerounaise

Il est frappant de voir à quel point la France continue à montrer ses ambitions coloniales au 21 ème siècle…

Quand la France se mêlait de la politique intérieure camerounaise

La situation politique intérieure au Cameroun ne laisse pas le gouvernement français indifférent, même s’il s’agit d’arrestation d’un représentant de l’opposition. Le 8 octobre 2018, au lendemain de l’élection présidentielle camerounaise dont les résultats ont été fortement contestés, Maurice Kamto, avocat de profession, ancien ministre délégué à la justice et homme politique camerounais, revendiquait la victoire. Toutefois, le Conseil constitutionnel avait rejeté ses recours et l’avait donné perdant avec 14,23 % des voix [1]. La victoire de Paul Biya sera qualifiée de « hold-up électoral » par Kamto.

Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun. Credit : Zohra Bensemra/Reuters

Le 28 janvier, le Président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) sera arrêté par les autorités camerounaises à Douala en compagnie de plusieurs cadres, sympathisants du MRC, journalistes, membres de sa famille au domicile de Albert Dzongang. Cette arrestation faisait suite aux manifestations et protestations du 26 janvier 2019 [2]. Ils ont conduits au Groupement d’Opération à Yaoundé. Le 26 janvier 2019, Maurice Kamto et 200 de ses partisans seront arrêtés et enfermés à la prison de haute sécurité Kondengui à Yaoundé, au Cameroun. Le 9 avril dernier, son recours en appel a été négatif et sa demande de libération provisoire rejetée. Mercredi 13 février dernier, l’ancienne puissance coloniale s’est dite « préoccupée » par l’inculpation de l’opposant camerounais. Ainsi, Agnès von der Mühll, la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a déclaré :

« Nous sommes préoccupés par ce développement judiciaire et restons attentifs à la situation de M. Kamto et à celle d’environ 200 de ses partisans qui sont détenus (…). L’opposition camerounaise, dont il est l’une des figures, doit pouvoir s’exprimer librement, dans le respect de la loi ». [3]

Agnès von der Mühll, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. Crédit : Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

Comme vous pouvez le constater, la situation politique intérieure au Cameroun ne laisse pas le gouvernement français indifférent. Même lorsqu’il s’agit de l’arrestation d’un représentant de l’opposition. Si la France croit qu’il est approprié d’exprimer son point de vue sur ce qui se passe, la prochaine étape sera-t-elle une intervention militaire « démocratique » ?

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Notes et références

[1] « Cameroun : Paul Biya réélu président dans un pays morcelé« , lepoint.fr, publié le 22 octobre 2018

[2] « Au Cameroun, le premier opposant du pays, Maurice Kamto, arrêté« , lemonde.fr, publié le 28 janvier 2019

[3] « La France « préoccupée » après l’inculpation de l’opposant Kamto« , voaafrique.com, publié le 

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.

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