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Elle écope de 11 ans de prison pour avoir excisé sa fille de 3 ans

Au moment des faits, la maman avait invoqué une simple chute dans la cuisine pour expliquer la blessure de son enfant. Retour sur une sombre affaire de mutilations génitales féminines.

Elle écope de 11 ans de prison pour avoir excisé sa fille de 3 ans

Selon l’agence de presse britannique Press Association (PA), un juge a condamné une ougandaise de 37 ans à 11 ans de prison pour avoir pratiqué des mutilations génitales féminines (MGF) sur sa fille de 3 ans. La mère a été reconnue coupable d’acte de barbarie au mois février 2019. Elle devient ainsi la première personne à être reconnue coupable d’une tel infraction au Royaume-Uni [1].

En vertu de la loi britannique, toute personne reconnue coupable d’avoir perpétré des MGF peut être emprisonnée pour une période maximale de 14 ans. Ces pratiques sont illégales au Royaume-Uni depuis 1985. Lors du prononcé de la peine, vendredi 8 mars 2019, au tribunal pénal londonien d’Old Bailey, la juge Whipple a prononcé une peine d’emprisonnement de 11 ans et de 2 ans supplémentaires pour possession d’images indécentes et de pornographie extrême. Ainsi, pour le juge :

« Les mutilations génitales féminines sont depuis longtemps contraires à la loi et soyons clairs, elles sont une forme de maltraitance à enfant. C’est une pratique barbare et un crime grave. C’est une infraction qui vise les femmes, particulièrement infligées quand elles sont jeunes et vulnérables. » [2]

Le juge a expliqué à la mère indigne que sa fille souffrirait probablement des conséquences psychologiques de ce traumatisme à à long terme.

 « Vous avez trahi sa confiance en vous en tant que protectrice » 

En février dernier, le tribunal pénal avait indiqué à la presse qu’une femme d’origine ougandaise, vivant à Walthamstow, avait été reconnue coupable d’avoir pratiqué une excision à l’été 2017 [3]. La mère s’est effondrée en larme au tribunal lorsque le verdict est tombé, tandis que son compagnon originaire du Ghana avait été acquitté. Le couple avait nié les accusations d’avoir pratiqué la mutilation génitale féminine et d’avoir omis de protéger une fille du risque de mutilation génitale.

Selon Ian Baker, inspecteur en chef  de la police métropolitaine la jeune victime a fait preuve de « courage » depuis cette épreuve atroce. Le policier indique de plus que la fillette mutilée a »récupéré très rapidement » et qu’elle a été confiée à une autre famille.

L’excision désigne communément l’ablation du capuchon du clitoris voire du clitoris en entier. En 2016, parmi les plus de 200 millions de femmes excisées dans le monde, 44 millions sont des filles de moins de 15 ans [4]. Rappelons de plus qu’en Ouganda, il n’existe aucune loi réprimant les pratiques de MGF. En 1996, toutefois, un tribunal avait statué en faveur de la prohibition de ces pratiques. Ceci, sur la base des termes de la section 8 de la Charte des Enfants, promulguée cette même année, qui rend illégal le fait de soumettre un enfant à des pratiques sociales ou coutumières néfastes pour sa santé [5].

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Notes et références

[1] « Royaume-Uni : une femme condamnée à 11 ans de prison pour l’excision de sa fille« , leparisien.fr, publié le 8 mars 2019

[2] « Ugandan mother jailed after becoming first convicted of FGM in UK« , france24.com, publié le 8 mars 2019

[5] « L’excision et autres mutilations génitales féminine en hausse en Ouganda« , bbc.com, publié le 21 janvier 2019

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.

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