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Les stades en Afrique : des lieux marqués par l’histoire

Sport

Les stades en Afrique : des lieux marqués par l’histoire

Par Francis NOFI

Le continent africain possède une histoire riche à travers les époques et les lieux géographiques. Certains monuments propres à chaque pays peuvent porter le nom de ces événements ayant marqué le passé. A ce titre, nous nous sommes penché sur l’histoire des stades en Afrique, lieux de représentations sportives sur le continent.

L’Afrique du Sud, possède le plus grand stade du continent. L’actuel First National Bank Stadium, ou autrement appelé ENB Stadium en langue Afrikaans est l’enceinte sportive comptant le plus grand nombre de places parmi ses semblables. Aujourd’hui, après les rénovations de 2010, la capacité du stade fait état de 94 700 places, soit plus de 10 000 de plus qu’à sa création. Ce stade qui à été nommé Soccer City en 2010 à l’occasion de la Coupe du Monde de football organisée en Afrique du Sud, est situé entre Johannesburg et Soweto. Un symbole de réconciliation entre les communautés noire et blanche dans ce pays qui a connu des décennies d’apartheid (On en parle ici). C’est d’ailleurs dans ce stade que Nelson Mandela a fait sa dernière apparition publique à l’occasion de la coupe du Monde. C’est également à cet endroit que s’est tenue la cérémonie d’hommage à Madiba en décembre 2013.

Bon à savoir : « Soweto » est une abréviation pour « South Western Townships ». Cette banlieue a été créée au cours des années 1950 dans le but d’écarter du centre de la ville la population noire vis à vis de la population blanche. Une ségrégation sociale portant le nom d’apartheid au sein de laquelle les villes étaient réservées à la population blanche.

En Afrique centrale, la République Démocratique du Congo possède peut être l’une des plus belles enceintes sportives du continent. Le Stade des Martyrs situé dans la capitale Kinshasa, est pour l’heure le troisième plus grand stade d’Afrique avec une capacité de 80 000 places. Inauguré en 1994, le grand bâtiment initialement baptisé Stade Kamanyola, a très rapidement remplacé le Stade Tata Raphaël au titre de stade national. C’est d’ailleurs au sein de ce dernier qu’a eu lieu le célèbre combat de boxe opposant Mohamed Ali à George Foreman en 1974. Le stade des Martyrs quant à lui, tire son nom de l’exécution publique de 4 hommes politiques.  Jérôme Anany, Emmanuel Bamba, Alexandre Mahamba et Évariste Kimba étaient accusés de complot contre le régime de Mobutu et ont été pendus le 1er Juin 1966 à l’emplacement même de l’actuel complexe sportif.

Source photo Youtube

Bon à savoir : C’est lors du combat de boxe anglaise Foreman-Ali qu’est apparu le slogan scandé par la foule, devenu célèbre à travers le monde « Ali, Bomaye » (‘’Ali, tue-le’’, en Lingala – langue officielle en RDC). L’intégralité de l’évènement a été financé par Mobutu.

Dans le monde africain, il existe de nombreux stades évoquant des faits historiques passés. Ainsi, il n’est pas rare de voir des complexes sportifs baptisés par des dates historiques. C’est le cas par exemple du Stade du 26 Mars au Mali. Cet espace qui accueille l’essentiel des rencontres de l’équipe nationale tient son nom du coup d’État ayant mis fin à la dictature de Moussa Traoré le 26 mars 1991. Avec ses 60 000 places, le Stade du 26 Mars est le complexe le plus remarquable du pays et l’un des plus importants d’Afrique de l’Ouest. L’Angola a décidé d’attribuer la date d’accession à l’indépendance à son stade principal. Le Stade National du 11 Novembre, qui comprend 50 000 places, avait été choisi en 2010 pour accueillir des matchs de la Coupe d’Afrique des Nations. C’est aussi dans ce stade qu’ont eu lieu les cérémonies d’ouverture et de clôture de la compétition.

 

Sources :

Léopardsfoot // Le petit futé

RFI Afrique  // Libération