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La mémoire controversée du Mémorial ACTe

Histoire

La mémoire controversée du Mémorial ACTe

Par Redaction NOFI

Par Pascale Joly. Voilà bientôt 3 ans que le Mémorial ACTe trône dans la baie de Pointe-à-Pitre. Cette initiative pour la mémoire de l’esclavage et de l’histoire d’une partie de l’histoire des peuples afro descendants suscite néanmoins le débat parmi les visiteurs.

Ses 1 700 m2 d’exposition permanente offre aux visiteurs de vivre une expérience sensorielle, bouleversante et enrichissante inédite. Ces derniers témoignent de leur vive émotion et de leur satisfaction d’apprendre leur histoire. Sans cesse plus nombreux, en septembre 2017, ils étaient 300 000 à avoir visiter le MACTe, et selon Jacques Martial, le Président, la marge de progression est réelle.

©Pascale Joly

De plus, la programmation artistique (expositions temporaires, concerts, conférences…), riche de sa diversité est saluée par la critique.

©Pascale Joly

Enfin le musée jouit d’une reconnaissance internationale, plusieurs titres lui ayant été décernés notamment, le « Prix du musée 2017 » du Conseil de l’Europe.

©Pascale Joly

Pourtant, malgré ces succès, et dès son inauguration le 10 mai 2015, des voix se sont élevées pour dénoncer l’approche idéologique et le contenu scientifique de l’exposition permanente. Parmi ces voix, on compte le CIPN* à l’origine du projet, le MIR** ou encore le LKP*** qui dénoncent le refus du chef de l’Etat de poser clairement la question des réparations et voient dans ce Mémorial une réponse uniquement symbolique. Par ailleurs, le collectif « Mémoire et respect » qui regroupe des associations de Guadeloupe, Martinique et Guyane, dans une lettre adressée au Président de la Région Guadeloupe, en novembre 2016, s’insurge contre « la banalisation de l’esclavage, la déculpabilisation des descendants des esclavagistes et le rejet de l’Afrique. »

©Pascale Joly

 

 Quoiqu’il en soit, l’existence même du Mémorial n’est pas remise en question. En peu de temps il est ainsi devenu incontournable tant sur le plan culturel que touristique. Toutefois, abordant une histoire encore sensible, sa visite qui peut se vivre comme le début d’une démarche de recherche ou une simple étape, peut-elle s’affranchir de tout esprit critique ?

 

Notes et références:

(*) : CIPN (Comité International des Peuples Noirs)

(**) : MIR (Mouvement International pour les Réparations)

(***) : LKP (Lyannaj Kont Pwofitasyon)

 

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