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La Côte d’Ivoire exige à son tour la restitution de ses trésors volés

Culture

La Côte d’Ivoire exige à son tour la restitution de ses trésors volés

Par Atouma NKeussi

Après le Bénin, c’est au tour de la Côte d’Ivoire de demander la restitution de ses objets d’arts pillés durant la période coloniale française. Dans une lettre adressée au président français Emmanuel Macron, Sa Majesté Assemien Nogbou, roi d’Ebrah et président de l’Association Nationale des Rois de Côte d’Ivoire (ANARCI) s’est exprimé sur la nécessité de recouvrer l’ensemble des oeuvres d’art volées au peuple ivoirien.

« Nous souhaitons engager un dialogue avec vous et vos services sur la base des inventaires nationaux français, qui ont été récemment réexaminés, afin de déterminer l’origine des biens issus de notre pays, et d’envisager leur restitution le cas échéant. certains objets ont pu être acquis légalement, et les documents que vous détenez le prouveront aisément. D’autres non, et c’est de cela que nous souhaitons discuter… La restitution de ces biens est une question de justice, de culture mais aussi de développement économique… »

Tels ont été les mots du roi d’Ebrah, Sa majesté Assemien Nogbou, à l’adresse du président français. Cette requête, soutenue par le Cran, participe à l’élan de conscience pris par le monde africain. En 2015, le roi d’Abomey, suivi par le président béninois Patrice Talon l’année suivante, formulait une demande officielle de restitution de ses biens et leur rapatriement dans l’actuel  Bénin aux autorités françaises. Ces dernières avaient alors proposé de mettre en place une commission, laquelle n’a toujours pas vu le jour. Sa Majesté Tchiffi Zié, secrétaire permanent de United Kingdims of Africa déclarait « soutenir la démarche introduite par le Conseil représentatif des associations noires en vue d’atteindre ces objectifs de restitution concrète, de retour des biens et mobiliers arrachés à nos patrimoines ».

Louis-Georges Tin, président du CRAN a déclaré : « On parle souvent des biens mal acquis des présidents africains, mais la France a des biens encore plus mal acquis, pillés à l’occasion des massacres coloniaux. Nous ne pouvons que saluer la démarche historique de Sa Majesté le Roi d’Ebrah qui, au nom de tous les monarques de la Côte d’Ivoire, a introduit une demande de restitution. Le président Macron, qui a reconnu que la Colonisation fut un crime contre l’humanité doit désormais s’engager dans la voie de la vérité, de la justice et de la restitution ».

Ces oeuvres représentent pour l’hexagone un enrichissement certain pour ses musées et une manne financière conséquente. En effet, la France reste encore l’un des pays les plus visités au monde, notamment pour ses lieux culturels. En témoigne la popularité du musée du Louvre ou de celui du Quai Branly qui, sans ces objets seraient depuis longtemps tombés en désuétude. Par ailleurs, si la France acceptait de rendre ce qu’elle a volé au Bénin ou à la Côte d’Ivoire, cela l’obligerait à admettre qu’elle s’est rendu coupable de vol, d’une part. D’autre part, elle pourrait avoir à craindre un effet boule de neige en ce que d’autres pays, comme l’Égypte par exemple, pourraient à leur tour réclamer ce qui leur appartient.

Consultez le communiqué du CRAN ici

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