Trilogie Kemi Seba

Associations afros dans le secondaire : vecteur d’insertion sociale et professionnelle

Société

Associations afros dans le secondaire : vecteur d’insertion sociale et professionnelle

Par SK

 Première partie. Les universités. Faire son entrée dans l’enseignement secondaire est un tournant souvent difficile. Le manque d’information et de réseau peut être responsable de l’errance estudiantine voire de l’échec des bacheliers. Il existe, au sein des universités et grandes Ecoles, des associations d’étudiants, tournées vers l’Afrique, qui représentent un véritable support d’intégration dans la vie étudiante mais aussi un tremplin pour la carrière que l’on souhaite embrasser. Une expérience professionnelle pour votre CV, un réseau, et surtout l’opportunité de s’impliquer dans le développement de l’Afrique, en rejoignant les entreprises sur place.

Bientôt, dans le cadre du projet de loi « égalité et citoyenneté » (art.14)*, l’engagement au sein d’une association scolaire ou universitaire permettra aux étudiants de valider quelques précieux crédits. Une pratique déjà en cours dans certaines facs. N »hésitez plus, engagez-vous !

Nous avons rencontrés 3 associations étudiantes implantées dans les universités françaises les plus connue, principalement à la Sorbonne et ses annexes : l’ADEAS, l’ADEM et l’AMECAS.

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L’ADEAS : Association des étudiants africains de la Sorbonne

L’ADEAS a été fondée en 2002 par des étudiants africains et de la diaspora. Née d’un désir de perpétuer le mouvement panafricaniste et le concept de négritude, elle a pour principale activité de promouvoir la culture africaine au sens large. Du vieux contient aux Caraïbes, l’ADEAS, héritière des Aimé Césaire et autres Senghor, organise des conférences et événements culturels tout au long de l’année. Elle est ouverte aux étudiants de toutes origines.

Samba Doukouré, journaliste,  28 ans, ADEAS. Licence d’histoire (Paris 4), Maîtrise d’Histoire (Paris 1), Master de Journalisme (CNJ). Président de l’ADEAS de 2010 à 2013.

« Je suis entrée à l’ADEAS lors de ma deuxième année en Fac. Un étudiant me donnait des cours particuliers d’Arabe et m’a parlé de l’association. J’ai écrit un article pour leur journal « Philanthropie », dont je suis ensuite devenu le rédacteur en chef. »

Samba Doukouré crédit photo: l'Afro

Samba Doukouré
crédit photo: l’Afro

Pensez-vous que le fait d’intégrer ce genre de réseau soit un risque ?

Non, ça ne m’a jamais traversé l’esprit. La personne qui m’en a parlé était une personne de confiance, ensuite, en assistant aux réunions, j’ai pu constater que les gens avaient l’air normal (rires). Ce qui m’a intéressé c’est d’apprendre sur l’Afrique parce que tout ce que j’en savais c’était le peu que ma famille a pu m’apprendre de mon histoire personnelle, sinon rien. En revanche, je me suis rendu compte très vite que beaucoup d’étudiants avaient cette crainte de rejoindre un réseau comme celui-ci.

L’administration perçoit plutôt bien l’ADEAS. Il y avait un travail de longue date de l’association, de bons rapports entretenus avec les services culturels de l’université et avec les autres centres universitaires où nous faisons régulièrement nos événements. Ce que j’ai appris très vite avec l’ancien président, c’est qu’il était essentiel de cultiver de bonnes relations avec l’administration. C’est elle qui nous permet d’avoir accès à du matériel et à des locaux pour nos activités. Finalement, peu d’associations organisent des événements qui animent l’université. Nous, nous lui apportons de la visibilité, nous faisons venir un public extérieur lors des conférences, ça bouge. Ils aiment ça.

 Quelles relations ces associations entretiennent-elles ?

C’est assez compliqué. Pendant mon mandat, j’ai essayé par plusieurs moyens de collaborer avec des associations tournées vers l’Afrique externes à la Sorbonne. Mais ce n’était pas évident car on ne se voit pas tout le temps, on ne se connaît pas vraiment, la gestion était quasiment impossible. Il y a un an, nous avons participé à La semaine de l’étudiant africain, on a pu y rencontrer beaucoup d’associations africaines mais le bilan était très mitigé. C’est bien de réussir à faire les choses de son côté et d’aller voir les autres plutôt pour des échanges d’expérience, du conseil ou des collaborations ponctuelles.

« En tant qu’étudiant, ça m’a aidé d’appartenir à une association parce que l’univers de la Fac est quelque chose de complètement étranger. »

Ces réseaux permettent-ils la connexion à des étudiants africains ?

Lorsque les étudiants africains nous contactent, c’est plus pour des questions administratives par rapport à leu situation. Pour ces étudiants qui viennent d’Afrique, le rapport est complètement différent que pour celui qui est né en France. D’abord, on n’a pas la même scolarité, eux ont une pression de résultat qu’on n’a pas. Ce sont souvent de très bons élèves, ce qui leur a permis de venir étudier ici,  donc même le rapport intellectuel est différent. Souvent, ils ont tellement de problèmes qu’ils ont peur de s’impliquer au détriment de leurs études. Le temps leur manque aussi, entre travail scolaire et petits boulots. La pression est énorme. L’autre différence c’est la vision de l’Afrique. Ils ont généralement des projets ambitieux pour leurs pays d’origine, leur but est de rentrer. Alors que nous, nous sommes dans une espèce de romantisme quant à l’Afrique, on veut de la culture, apprendre échanger.  Eux, ce qui les intéresse c’est leur avenir et ce qu’ils pourront faire pour leur pays.

 Ces réseaux tournés vers l’Afrique peuvent-ils finalement isoler les adhérents des autres étudiants ?

Non parce que les cursus qu’on suit ne sont pas africains. Pour ce qui est de l’emploi, l’ADEAS n’est pas l’association la plus adaptée. Nous sommes au sien de la Sorbonne, qui est une université des humanités : Langues, Lettres, Philosophie, Histoire. Nous ne sommes pas dans le business. Par ailleurs, les gens ont des ambitions différentes. Chez nous, ça se fait de manière plus informelle, tu rencontre quelqu’un qui te donne un coup de main pour trouver un stage par exemple ou un autre plan. Mais ce n’est pas la fonction première de l’ADEAS.

 Qu’est-ce que cela vous a réellement apporté dans votre vie étudiante. Dans votre vie professionnelle ?

Une solide base de culture générale. Par exemple, pour mon oral d’entrée en Ecole de journalisme, on m’a posé une question sur l’association. C’était une des compétences de mon CV, en tant que président et rédacteur en chef du journal. Ça m’a permis de me valoriser. Grâce à l’ADEAS, j’ai appris beaucoup, notamment pour la mise en page dans la confection d’un journal. En tant qu’étudiant, ça m’a aidé d’appartenir à une association parce que l’univers de la Fac est quelque chose de complètement étranger. Je ne connaissais quasiment personne. L’ADEAS m’a permis de rencontrer d’autres étudiants, qui m’ont aidé à dédramatiser ma situation et à tenir le coup dans mes études. De plus, être en contact avec des étudiants plus avancés dans leur parcours universitaire permet de se projeter.

Restez-vous connectés les uns aux autres après la Fac ?

Oui. Le secrétaire général de l’ADEAS de l’époque, bosse aujourd’hui pour France 24. Il m‘a beaucoup aidé pour la préparation des concours et la compréhension de la géopolitique. L’ADEAS n’est pas juste un endroit où on vient pour faire une bonne action. C’est un lieu où on s’investit et où chacun peut trouver son intérêt. J’ai aussi deux amis spécialisés dans l’énergie solaire avec qui on je travaille pour mettre en place des panneaux écologiques dans mon village. C’est un exemple concret de connexion qui se poursuit même après les études.

Quel conseil pourriez-vous donner aux nouveaux étudiants qui hésitent encore ?

Il ne faut pas avoir peur en se disant que c’est du communautarisme. Tout est une question de culture, on a une sensibilité envers l’Afrique, on a envie d’apprendre c’est tout. Chaque fois que quelqu’un veut rejoindre l’association je lui demande ce qu’il a envie de faire comme métier après. De cette façon, on peut lui confier des tâches en rapport avec son projet professionnel, qui pourront compter comme expérience sur son CV.  L’ancienne présidente par exemple, travaille aujourd’hui à l’UNESCO, un autre ancien membre travaille à la Francophonie en Roumanie. Autant de compétences acquises au sein de l’association qu’on peut ensuite valoriser. Le problème des jeunes étudiants c’est justement qu’ils ont du mal à valoriser leurs compétences. C’est pourquoi ces associations sont le meilleur moyen pour eux de s’intégrer à la Fac. Parce que c’est très difficile et que la sélection se fait par l’échec. Enfin, il est parfois plus valorisant d’avoir développé des compétences au sein d’une association, que d’obtenir une mention.

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L’AMECAS : Amicale des étudiants caribéens africains et sympathisants

A l’origine, cette association était une amicale d’entraide pour les étudiants venus d’Afrique. Depuis la reprise de la direction actuelle, en 2015, l’AMECAS prend la direction d’un Think Thank axé sur le panafricanisme comme clé de développement. Les étudiants publient fréquemment des articles via le site internet, afin d’attirer l’attention d’acteurs économiques, politiques et sociaux en Afrique subsaharienne.

Bruce, 23 ans, Licence Histoire et Master 2 sécurité nationale, études de gestion des conflits armés. Président de l’AMECAS.

« Quand je suis entré en Fac, on a voulu faire une expo sur l’Afrique et on cherchait une association qui pourrait nous aider. L’association existe depuis longtemps mais n’était plus active. Ils nous ont proposé, à un ami et moi, de la reprendre… »

Bruce Mateso, président de l'AMECAS

Bruce Mateso, président de l’AMECAS

Pensez-vous que le fait d’intégrer ce genre de réseau soit un risque ?

Non pas du tout. Le seul risque, comme pour toutes les associations, est d’avoir moins de temps pour les autres choses. L’administration perçoit plutôt bien notre association parce que la Sorbonne a cette réputation de favoriser les initiatives liées à l’Afrique. Il y a même une demande parce que ça fait de la publicité à l’Université. La Sorbonne est l’Université ayant le plus gros département Afrique de France.

 Quelles relations ces associations entretiennent-elles ?

Avec SunayOn* nous avons établi un partenariat car le président (mon meilleur ami) et moi avons restructuré les assos au même moment. SonayOn s’occupe du conseil des investissements en Afrique Subsaharienne. On a organisé un événement commun le 23 mai dernier et deux conférences. L’objet étant de cibler les secteurs de croissance économique et de faire le pont entre les étudiants et de potentiels employeurs. Sinon, avec les autres associations tournées vers l’Afrique, il nous arrive de collaborer parfois mais je trouve que la synergie peut encore être améliorée. C’est aussi lié au fait qu’il n’y a pas une communauté africaine, mais de multiples communautés africaines. Pour ce qui est des autres associations, il y a une assez bonne dynamique, même si on est bien conscients de ne pas avoir les mêmes intérêts. Avec l’AMECAS on veut quand même que 90, 95 % soient des étudiants africains ou d’origine africaine. On peut accepter des gens d’Afrique du nord ou des Européens mais ils ne peuvent pas êtres majoritaires, ni aux commandes et c’est un point sur lequel je suis clair. Le fil directeur c’est le panafricanisme, l’Afrique aux africains, analysée par les africains, sinon ça nous fait dévier.

Ces réseaux permettent-ils la connexion à des étudiants africains ?

Oui, la majorité des membres sont des étudiants africains venus pour leurs cursus. Seulement, il est vrai que le fonctionnement entre eux et les étudiants nés ici est difficile. Ils sont soumis à beaucoup de tracasseries administratives et financières, ce qui rend difficile leur implication au sein des associations. Bien entendu, le but c’est vraiment que l’on puisse fonctionner ensemble et, à moyen terme, faire le lien avec les étudiants africains en Afrique. Certains de nos membres sont sur le continent ou en césure ailleurs à l’étranger. Il faut que l’on profite du fait d’être sur une place névralgique de la mondialisation : la France. Il ne faut plus qu’on subisse cette mondialisation mais qu’en deviennent acteurs. Et dans les études aussi ça doit être comme ça. Par exemple, l’événement « Question Afrique » qu’on a organisé avec SonayOn en avril, on aimerait bien l’organiser en 2017 à Londres et pourquoi pas en 2018 dans une capitale africaine.

 Ces réseaux tournés vers l’Afrique peuvent-ils finalement isoler les adhérents des autres étudiants ?

Non, un réseau ne peut normalement pas nous isoler. Sauf s’il est utilisé de façon sectaire. C’est aussi pour cette raison qu’on collabore avec d’autres associations et avec la Fac. Le but est de puiser ce qu’on peut dans la diversité qui existe pour le mettre au service de notre communauté.

Qu’est-ce que cela vous a réellement apporté dans votre vie étudiante. Dans votre vie professionnelle plus tard ?

Sur le plan purement étudiant, le fait de s’impliquer dans une association permet de mieux connaître la Fac et son fonctionnement, mais aussi et surtout de connaître des gens. Professionnellement, à compétences égales, ça permet de se démarquer et concrètement, de concurrencer quelqu’un qui aurait fait une grande école. Personnellement, cela m’a permis de décrocher un excellent stage.

Restez-vous connectés les uns aux autres ?

Ça dépend des associations. Mais je pense que c’est ce vers quoi on doit tendre si on ne veut pas répéter éternellement les mêmes choses et que les gens ne s’évaporent dans la nature. Il y aura en tout cas un réseau entre les étudiants et les jeunes professionnels bientôt et on pourra partager nos carnets d’adresse.

Quel conseil pourriez-vous donner aux nouveaux étudiants qui hésitent encore ?

Qu’ils s’investissent car les associations permettent de rencontrer des gens plus expérimentés. La Fac est une jungle où l’accès à l’information est compliqué. Ça permet aussi de se former. Nous, associations, avons besoin de gens qui renouvellent le mouvement pour pérenniser la structure. Choisissez surtout en fonction de vos objectifs, un cadre qui vous apporterait réellement. Aujourd’hui l’offre est là. Nous sommes ouverts aux étudiants de toutes facs, même hors de la Sorbonne.

*SonayOn: Première association étudiante de conseil en investissement vers l’Afrique. (En Fon, langue béninoise, « sonayon » signifie « avenir prospère »).

 

 

ADEM

L’ADEM : Association des étudiants et diplômés maliens

L’ADEM a été fondée en France en 2003. Elle couvre un réseau de plus de 1000 personnes à l’international. L’ADEM travaille autour de quatre thématiques : éducation, insertion, solidarité internationale et accompagnement des migrants, santé et prévention. En France, elle aide les étudiants arrivants d’Afrique dans leur s d&marches administratives au sein de l’université et l’accès aux opportunités professionnelles en France et au Mali. Elle lutte également contre la discrimination à l’emploi.

Baba Dem, conseiller en image, ancien étudiant et membre de l’ADEM.

« Il y a deux ans, j’ai donné ma première conférence pour les étudiants de l’ADEM et les étudiants sénégalais. Ils ont apprécié parce qu’on s’est rendus compte qu’en France, il y a beaucoup de structures pour les étudiants, mais qui s’adressent à TOUS les étudiants hors, ceux qui sont africains rencontrent d’autres obstacles  spécifiques. »

Pensez-vous que le fait d’intégrer ce genre de réseau soit un risque ?

Absolument pas. C’est un élément de plus pour ces étudiants. Profiter de l’expérience d’aînés qui ont traversé les mêmes choses leur permet au moins de se faciliter le chemin et d’être informés. Si tout le monde avait les mêmes chances avec une même structure, on aurait pu parler de communautarisme mais ce n’est pas le cas, donc ce type d’initiative est un plus. Par ailleurs, beaucoup de nos membres sont à l’étranger, ce qui offre des opportunités supplémentaires.

 Quelles relations ces associations entretiennent-elles ?

Ce sont toujours les personnes et les membres qui font bouger les choses. Les activités de l’ADEM permettent d’attirer du monde et donc, de faire des rencontres. Par exemple, en 2012, l’ADEM avait initié la « Journée de l’Etudiant africain ». Ce fut un véritable succès et delà, nous avons décidé d’organiser « La semaine des étudiants africains ». Au départ, on avait beaucoup de préjugés, on craignait qu’en essayant de s’associer avec plusieurs structures africaine y ait des problèmes d’ego, de leadership ou d’organisation. Finalement pas du tout. Sinon, nous faisons de l’information sur le droit des étudiants étrangers, en collaboration avec les étudiants sénégalais, guinéens et maliens. Beaucoup d’étudiants d’autres nationalités sont aussi venus parce que tous sont intéressés de connaître leurs droits. Ça permet de faire des connexions et de mettre en commun les contacts. Il ya de l’émulation et ça fait plaisir de voir ça parce qu’on a l’habitude de dire que les africains ne sont pas unis.

Comment se passe la connexion avec les étudiants africains sur place ?

Il y a ADEM France et ADEM Mali, et on est constamment connectés. A la fac, on fait beaucoup d’accompagnement pour les nouveaux étudiants. Surtout pour ce qui est des problèmes administratifs. Notamment au niveau de leurs papiers ou de leurs cartes étudiantes. Il en va de même pour le monde du travail où l’on fait la différence par le réseau ou les recommandations essentiellement. A « égalité des chances », on va préférer les noms français ou se focaliser sur la nationalité française. Ces problèmes de changement de statut font que l’intégration des africains au niveau professionnel est difficile. Lorsqu’on organise des événements en faveurs de ces étudiants, on leur permet d’avoir des informations. Pour la connexion entre ceux qui sont en France et ceux qui sont en Afrique, nous avons initiés la chaîne ADEM TV, avec l’émission « 3 questions à », qui présente le parcours académique de l’étudiant ou du diplômé interviewé, ses objectifs professionnels et les conseils de réussite qu’il peut donner aux jeunes qui vont arriver. Puis, « 3 questions à…spécial réussite en Afrique », pour se focaliser sur des étudiants qui ont effectué leur cursus et leur intégration professionnelle en Afrique. C’est formidable parce que ces professionnels sont réceptifs à la détresse des étudiants africains de France et leurs proposent de venir postuler directement sur le contient. La section Mali a mis en place des devoirs de vacances pour les bacheliers. Les sénégalais mettent également en place un campus pour les étudiants sur place. Donc on est en lien avec les étudiants avant leur arrivée en France. Enfin, l’ADEM est en train de créer une maison de quartier au Mali pour que les jeunes puissent se retrouve et avoir accès à internet.

 Ces réseaux tournés vers l’Afrique peuvent-ils finalement isoler les adhérents des autres étudiants ?

Au contraire ! Nous sommes en relation avec la Maison des Initiatives étudiantes, qui fait partie de la Mairie de Paris et diffuse toutes nos actualités et notre agenda. On se rend alors compte que d’autres profils sont intéressés par l’Afrique et veulent même postuler à des offres d’emploi qu’on met en ligne. Les gens ne restent pas uniquement sur le même réseau, donc ils ne s’isolent pas.

Qu’est-ce que cela vous a réellement apporté dans votre vie étudiante. Dans votre vie professionnelle ?

En tant qu’étudiant, la confiance en soi, le fait d’intégrer une association vous permet d’entrer tout de suite dans le bain et de prendre des initiatives. C’est une façon de sortir de sa coquille pour aller vers les autres. C’est très important parce qu’on ne l’apprend pas en cours ça. Puis, on rencontre énormément de personnes, ce qui aide à se fabriquer un réseau. Au niveau du CV, ça permet de pallier au manque d’expérience redouté par les entreprises, parce que vous avez eu des responsabilités au sein de l’association. C’est une valorisation supplémentaire. Enfin, ce que je retiens surtout c’est la solidarité entre étudiants, l’information et le réseautage.

Quel conseil pourriez-vous donner aux nouveaux étudiants qui hésitent encore ?

La première chose que je leur conseille c’est d’avoir un « GPS de l’orientation », de savoir dès le départ ce qu’ils vont faire ou quelle carrière ils veulent mener dans les cinq prochaines années. Cela simplifie beaucoup les choses. Intégrer les associations présente des avantages considérables parce que les diplômes ne suffisent pas toujours. Il ne faut pas oublier qu’on est africains et noirs, ce sont des obstacles, il ne faut pas se mentir. Je les encourage vivement à rejoindre une association. Ça va leur ouvrir d’autres voies  c’est aussi un engagement citoyen.