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Assiste-t-on à un génocide de la population noire aux Etats-Unis?

Société

Assiste-t-on à un génocide de  la population noire aux Etats-Unis?

Par Sandro CAPO CHICHI

Une étude du New York Times a montré qu’environ 1,5 millions d’hommes noirs américains étaient absents de la vie civile, à cause de décès ou d’emprisonnement, une disparité qui a amené certains commentateurs à parler de ‘génocide‘ envers les hommes de cette communauté.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.fr

Le problème des familles monoparentales noires américaines aux Etats-Unis n’est pas ancien. En 1965 déjà, une étude du sociologue américain Daniel Moynihan prédisait que l’absence relative de familles nucléaires dans la communauté afro-américaine freinerait son progrès économique. En 2011, un recensement opéré par le gouvernement américain révélait qu’il existait un plus grand nombre de familles afro-américaines dirigées par des mères seules que par des couples mariés. Une nouvelle étude, récemment publiée par nos confrères du New York Times et basée sur le recensement américain de 2010 ne rassure malheureusement pas par ses statistiques : pour 100 femmes afro-américaines entre 25 et 54 ans liberté dans la société civile, on ne trouve que 83 hommes. Une disparité d’autant plus inquiétante qu’elle n’existe pas pendant l’enfance et qu’elle tranche avec la situation chez les Américains blancs où pour 100 femmes de la même tranche d’âge, on trouve 99 hommes, soit un quasi rapport d’égalité. L’étude du New York Times rapporte que 600000 des 1,5 millions d’hommes noirs américains disparus le sont à cause de la prison, les autres étant en grande partie dus aux homicides. De manière encore plus significative, la ville où la disparité entre hommes et femmes est la plus importante aux Etats-Unis serait Ferguson dans le Missouri. Cette ville, tristement célèbre pour avoir vu le meurtre du jeune Noir Michael Brown par un policier blanc en août 2014 avait également été dénoncée pour ses pratiques supposément discriminatoires envers les Noirs par un rapport du ministère de la Justice américain, des accusations toutefois notamment réfutées par l’économiste et commentateur politique conservateur politique John Lott, Jr. La gravité des chiffres évoqués par le New York Times a toutefois alerté de nombreux commentateurs afro-américains comme Glen Ford du Black Agenda Report pour qui la disparition du million et demi d’hommes afro-américains n’est ni plus ni moins qu’une volonté de génocide, une utilisation du terme que l’on a toutefois récemment retrouvé au Brésil où les populations noires masculines sont victimes d’une épidémie similaire mais numériquement encore plus alarmante. Selon les Nations Unies en effet, on peut parler de génocide si les actes suivants ont été accomplis avec l’intention de détruire partiellement ou totalement une population: le meurtre de membres du groupe ethnique, le transfert d’enfants du groupe vers un autre, l’imposition de mesures destinées à empêcher des naissances au sein du groupe et de des conditions de vie destinées à détruire totalement ou partiellement les membres du groupe ethnique concerné. Si l’inquiétant nombre de morts noirs américains de sexe masculin peut être envisagé comme ‘remplissant’ au moins une de ces conditions, la part de culpabilité de la criminalité intra-afro-américaine reste à mieux déterminer pour freiner cette épidémie comportementale à combattre dans la plus grande urgence. Le notion de ‘génocide’ qui au vu des conditions évoquées plus haut semble pouvoir s’appliquer à tous les types d’attaques contre des populations n’est pas le coeur du propos et son utilisation ne semble être qu’une façon d’attirer l’attention médiatique comme le fait toujours le crime considéré comme le génocide par excellence dans les médias, à savoir l’Holocauste des Juifs.

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