Seydou Keita, père de la photographie africaine

Le photographe Seydou Kéïta (1921-2001) fait partie du club fermé des plus grands photographes  de l’histoire.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.fr

Né vers 1921 dans l’actuel Mali, le jeune Seydou découvre la photographie après que son oncle lui rende visite de retour du Sénégal avec un appareil photo de marque kodak. Alors âgé de 14 ans, il convaincra son oncle de le lui offrir comme cadeau.

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Autoportrait de Seydou Kéïta

 

4 ans plus tard, il commence l’exercice professionnel de la photographie tout en travaillant en parallèle comme charpentier. Malgré des débuts difficiles dans la photographie, il persiste dans ses efforts et s’améliore, grâce au notamment au soutien technique et logistique de pionniers de la photo dans cette région du monde, comme Jean Garnier et Mountaga Dembélé.

 

En 1948, il construit son propre studio sur un terrain hérité de son père. Il sera un succès, attirant une clientèle représentative de toute la société malienne urbaine d’alors.

Femme et enfant maliens par Seydou Kéïta (1950-1955)
Femme et enfant maliens par Seydou Kéïta
(1950-1955)
Un couple malien, par Seydou Kéïta (1960-1964)
Un couple malien, par Seydou Kéïta
(1960-1964)

En 1962, après l’indépendance du Mali, il deviendra le photographe officiel du Président Modibo Kéïta jusqu’à sa retraite en 1977.

Photographie par Seydou Kéïta
Photographie par Seydou Kéïta

Une retraite qui n’allait constituer qu’un pont vers une carrière et une renommée, cette fois-ci internationales. Mentionné par son ami et confrère  malien Malick Sidibe à la célèbre photographe française Françoise Huguier, Keïta fera progressivement l’affiche de prestigieuses expositions dans les grandes villes d’Occident ou du Japon dans les années 90. Vers la fin de celles-ci, il fera l’objet de prestigieuses commandes allant parfois jusqu’à 16000 dollars, les plus célèbres étant notamment effectuées pour le célèbre magazine de mode US Harper’s Bazaar et pour les magasins TATI en France.

Seydou Kéita pour Harper's Bazaar (1998)
Seydou Kéita pour Harper’s Bazaar (1998)

Peu après avoir fondé la Fondation Seydou Kéïta au Mali et destinée à la préservation de ses travaux  et la promotion de jeunes photographes africains, il s’éteindra en 2001 lors d’un voyage en France. Son style,, souvent dénué d’éclairage artificiel, basé sur des portraits individuels et de groupes placés au centre de l’objectif devant un fond souvent décoré de complexes décorations. Décrit par le New York Times comme ‘’l’homme qui avait apporté à la photographie de portrait une nouvelle vitalité’’, Seydou Kéita, outre un exceptionnel artiste inspiré par la portraiture africaine et la photographie occidentale, demeure à travers son œuvre, le témoin d’une époque, celle de la fin de la colonisation où des gens simplement heureux et fiers d’être photographiés montrent l’impact de l’Afrique dans ce média aujourd’hui incontournable qu’est est la photographie.

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