HISTOIRE

Le royaume de Napata

Le royaume de Napata est la seconde période du royaume de Kouch, le grand rival de l’Egypte pharaonique situé dans l’actuel Soudan. Cette période voit aussi le règne des souverains de Kouch sur l’Egypte.

Par Sandro CAPO CHICHI

Après la colonisation

Au XIe siècle avant notre ère, les colons égyptiens se retirent de Nubie. Faute de témoignages écrits et de données archéologiques suffisantes, cette période en Basse-Nubie est très mal comprise par les historiens. C’est le cas jusqu’au XIe siècle avant notre ère. Cette absence de témoignages historiques a été expliquée par plusieurs critères : le résultat de migrations par les guerres menées par les Egyptiens, ou encore une baisse du niveau du Nil [1]. Selon d’autres chercheurs, toutefois, il n’y aurait pas eu de baisse de la population. L’absence de tombes aurait été masquée par un appauvrissement des matériaux utilisés pour les construire [2].

En Haute-Nubie, dans la région de Dongola au Soudan, a été repéré un cimetière dans l’actuelle ville d’El Kurru, où les représentants d’une chefferie locale seraient enterrés. Ce cimetière aurait été utilisé entre le Xe et le IXe siècles.

 

Cette chefferie aurait commercé avec les Egyptiens et avec le Proche-Orient. L’un des profits notables de ce commerce est l’acquisition, par la chefferie, d’un équipement militaire d’élite.

Alara est le premier des chefs d’El Kurru dont nous connaissons le nom. Son règne a certainement eu lieu au début du VIIIe siècle. Alara est le premier membre cité dans la dynastie à la tête du deuxième royaume de Kouch : le royaume dit de Napata.

L’émergence des chefs d’El Kurru

Au départ des colons égyptiens de Nubie, le pouvoir en Basse-Egypte du Nord est largement morcelé. De nombreux chefs s’y sont en effet autoproclamés rois. Souvent, dans ce genre de situation, un bon moyen de gagner en autorité est d’emporter l’adhésion du peuple. Pour cela, être légitimement au pouvoir à ses yeux est capital. A cette époque, la Haute-Egypte est le cœur politique et religieux du pays ; le clergé du roi des dieux égyptiens Amon y est d’ailleurs installé, dans la ville de Thèbes.

C’est certainement dans cette perspective de recherche de légitimité que Kachta, successeur et frère d’Alara, parvient à faire installer sa sœur Aménardis comme divine adoratrice d’Amon.
Ces dernières sont une « dynastie » de prêtresses vierges. Elles exercent un important pouvoir politique et religieux sur la région de Thèbes. Aménardis succède donc à Shepenouet, la fille du souverain de Thèbes. Cette transition se fait vraisemblablement de manière pacifique. De la même manière, Kachta succède désormais aux descendants d’Osorkon III à la tête de Thèbes. L’un de ces derniers, Roudamon, règne sur la ville d’Héracléopolis en Basse-Egypte.

La divine adoratrice est symboliquement l’épouse du Dieu. Dans la culture kouchite, la succession se fait parfois par le fils de la sœur. La légitimité royale de Kachta et des Kouchites est donc désormais acquise aux yeux des habitants de Haute-Egypte.

En outre, les Kouchites sont eux-mêmes attachés à la forme locale du Dieu Amon. Ils l’appellent Amanai ou Amani [3] Il s’agit très certainement de la fusion d’une divinité locale à forme de bélier et du Dieu Amon égyptien importé lors de la colonisation. Le lieu de culte d’Amani, installé par les Egyptiens, est le Djebel Barkal, à quelques kilomètres de leur fief de Napata. Il était considéré par les Egyptiens comme le lieu de résidence d’Amon.

Dès lors, c’est donc tout naturellement que Kachta se pare des titres typiquement égyptiens de « roi de Haute et de Basse Egypte », sans pour autant avoir conquis le pays.

Vers la moitié du VIIIe siècle, Kachta est remplacé sur le trône par son fils Piankhy. Ce dernier reprend la titulature royale d’anciens pharaons égyptiens et se dit « fils d’Amon ». Une stèle triomphale de Piankhy permet de mieux comprendre les conditions de son ascension au pouvoir et sa conquête de l’Egypte.

La conquête de l’Egypte

Durant le règne de Piankhy à Napata se prépare une avance du redoutable empire assyrien vers l’Egypte. C’est peut-être en réponse à cette offensive qu’un chef de la tribu libyenne des Meshwesh, Tefnakht, parvint à conquérir une bonne partie de la Basse et de Moyenne-Egypte. Il s’empare notamment d’Héracléopolis dirigée par Peftjauawybast, un des successeurs d’Osorkon  III. On l’a vu, ces derniers sont d’anciens alliés des Kouchites. Tefnakht marche ensuite vers le Sud et rassemble sous son autorité un des roitelets de Moyenne-Egypte.

Piankhy décide alors de contre-attaquer. Il se rend à Thèbes où il se fait accueillir avec enthousiasme et accepter comme roi par les populations locales. Il s’empare des cités de Moyenne et de Basse-Egypte. Il obtient la soumission de ses chefs et  de Tefnakht, sans toutefois l’avoir capturé. Piankhy laisse toutefois une certaine autonomie dans la gouvernance aux chefs de Basse-Egypte. Ils continuent en effet à exercer leur pouvoir comme avant la conquête.
Toutefois, Piankhy se considère être le seul souverain suprême du pays. Il justifie notamment sa campagne par deux critères. Le premier est sa filiation avec Amon par qui il a été choisi. Le second est le manque de respect des traditions religieuses égyptiennes par les princes de Basse-Egypte, souvent d’origine libyenne, alors que les Kouchites sont, eux, beaucoup plus proches de la culture égyptienne. Les raisons sont probablement dues à leur longue présence commune dans la Vallée du Nil et la colonisation égyptienne de Kouch.

Outre ses campagnes militaires, le règne de trente et un ans de Piankhy est marqué par l’installation de sa fille Chepenoupet II comme future divine adoratrice d’Amon.

Il s’illustre aussi par quelques constructions religieuses. Il rassemble dans le temple d’Amon des statues de rois égyptiens précédents dans le temple d’Amon. L’objectif semble être de créer une impression de continuité historique entre les pharaons de l’ancienne Egypte et les rois de Kouch de la vingt-cinquième dynastie.
L’influence égyptienne sur la royauté kouchite est également visible dans l’égyptianisation de la tombe du roi. Celle-ci a en effet la forme d’une pyramide. Mais ses dimensions sont bien plus modestes que celles des pyramides égyptiennes de Gizeh.

Piankhy meurt vers 716 avant notre ère. Quand son frère Shabaka prend le pouvoir à sa mort, il est confronté à une nouvelle menace au nord de l’Egypte. Les chefferies ont en effet été réunies par le successeur de Tefnakht, Bakenranef. Pour faire face à la menace, Shabaka fait déplacer sa capitale de Napata à Memphis au nord de l’Egypte. Dès le début de son règne, Shabaka vainc Bakenranef et les autres chefferies du nord où il installe des gouverneurs locaux. C’est là le véritable début de la vingt-cinquième dynastie égyptienne. [4].

 

Les Kouchites, maîtres de l’Egypte

Parallèlement à l’unification de l’Egypte sous son règne, Shabaka assiste à la montée en puissance du redoutable empire assyrien. Peut-être pour rester en bons termes avec lui, Shabaka lui rend un rebelle assyrien du nom d’Iamani, qui s’était réfugié à Kouch.

Si la contribution de Piankhy (et de sa cour) à la littérature d’expression égyptienne fut grande avec sa stèle triomphale, celle de Shabaka l’est aussi, mais dans un autre domaine. Il commande en effet la réécriture d’un vieux texte philosophique perdu datant de plus de mille ans auparavant. Celui-ci était un texte de penseurs de la ville de Memphis expliquant la création du monde. [5]

Le règne de Shabaka est aussi marqué par de nombreuses et importantes restaurations et constructions religieuses dans la ville de Thèbes. Poursuivant la tradition de Kachta, il installe sa fille comme future divine adoratrice d’Amon.

Shabaka meurt quatorze ans après son accession au pouvoir. Son fils Shebitqo lui succède.

Suite à une série de révoltes qui secouent l’Empire assyrien en 705 avant notre ère à la mort du roi Sargon II, Shebitqo tente de profiter de la situation et d’étendre son influence dans le Levant.

Une bataille a tout naturellement lieu entre les armées de Shebitqo et celles du successeur de Sargon, Sennacherib. Le conflit a lieu à Elketeh en 701 av. J.-C. L’armée kouchite est notamment dirigée par le jeune cousin de Shebitqo, Taharqa. Les Kouchites l’emportent et les Assyriens se retirent en Philistie, puis en Assyrie en interrompant leur siège de la ville de Jérusalem.

A la mort de Shebitqo en 690, c’est Taharqa qui monte sur le trône.


Cette accession se fait contre la tradition. En effet, le système de succession royal kouchite se fait généralement par la sœur du souverain. Or Taharqa, fils de Piye et d’une de ses sœurs, Abar, n’en  est pas issu. C’est probablement l’âge adulte de Taharqa à l’époque du premier conflit kouchito-assyrien qui avait conduit Shabaka à en faire son héritier « au détriment de tous les frères et les fils de Shebitqo ».

Les premières années du règne de Taharqa sont prospères et paisibles. Elles sont essentiellement consacrées à la conservation et à la construction de temples en Egypte.

Les contacts, probablement commerciaux, avec la côte phénicienne y sont importants.

 

Les invasions assyriennes

En 673 toutefois, le nouveau roi d’Assyrie Esarhaddon lance une offensive contre l’Egypte dans laquelle il est vaincu [6] par les troupes de Taharqa. En 671, il entreprend une autre invasion contre la terre des pharaons. Cette fois-ici, la capitale de Memphis est prise et Taharqa, blessé, prend la fuite. Des membres de sa famille, femmes et enfants, ainsi qu’un gigantesque butin sont capturés par les Assyriens.

La Basse Egypte est alors conquise par les Assyriens qui y délèguent des vassaux déjà sur place.
Avant ou peu après la mort d’Esarhaddon en 669, Taharqa rétablit son pouvoir en Basse-Egypte. Cependant, deux plus tard, Assurbanipal, le nouveau roi assyrien, envahit une nouvelle fois l’Egypte. Cette offensive force Taharqa à fuir vers la Haute-Egypte puis à Napata.

Taharqa, qui a auparavant perdu la domination et le tribut de la province de Khor (Syrie-Palestine), apparaît profondément touché par la perte de l’Egypte et de ses proches. Dans une prière adressée à son dieu Amon, il lui reproche de ne rien avoir fait pour empêcher la perte de son règne sur son territoire.

Il cherche à nouveau, depuis Napata, à regagner le pouvoir avec le concours des chefs de Basse-Egypte. Mais après la découverte du complot, tous les chefs sont exécutés par les Assyriens, à l’exception d’un, nommé Néchao. Ce dernier est installé comme vassal par les Assyriens autour de sa chefferie de Saïs.

Taharqa meurt en 664 sans avoir pu réaliser son rêve de reconquête de l’Egypte. Il est enterré à Nuri. En faisant ainsi, il rompt avec la tradition de ses ascendants enterrés à El-Kurru. La structure de sa tombe serait une référence au mythe égyptien d’Osiris. Elle lui permettrait, comme le Dieu Osiris, après s’être réincarné en son fils Horus, de se venger de son meurtrier Seth, de prendre sa revanche sur les Assyriens et de récupérer son territoire. De rétablir l’ordre établi.

Une nouvelle fois, la succession de Taharqa se fait à contre-pied du principe de succession traditionnel des Kouchites. Taharqa est à nouveau remplacé par un fils de Shabaka, Tanoutamon. Ce choix serait à nouveau motivé par l’âge de ce dernier par rapport aux autres prétendants.
Tanoutamon tente de reconquérir l’Egypte, réempruntant la voie de son prédécesseur Piankhy. Il se fait d’abord légitimer par le clergé d’Amon à Thèbes. Il marche ensuite vers Memphis qu’il reconquiert parallèlement au reste de la Basse-Egypte. Son offensive entraîne la mort de Néchao, le vassal installé par les Assyriens et basé à Saïs.
La réplique assyrienne ne se fait pas attendre. La même année, en 664, Assurbanipal reprend Memphis, forçant Tanoutamon à fuir jusqu’ à Kouch, saccageant au passage la ville sacrée de Thèbes. Cet épisode, traumatisant pour toute la vallée du Nil, marque le début du déclin du monde noir [7].

Les Assyriens établissent comme seul roi d’Egypte Psammétique Ier, fils et successeur de Néchao à Saïs. Son nom assyrien prouve son allégeance à l’Assyrie. La reconnaissance de son autorité auprès de la Haute-Egypte est assurée comme le veut la coutume. Il installe de sa fille Nitocris comme divine adoratrice d’Amon à Thèbes.

 

Après la perte de l’Egypte

Les six successeurs immédiats de Tanoutamon sont connus : il s’agit d’Atlanersa (seconde moitié du VIIe siècle), fils de Taharqa, de son fils Senkamanisken (seconde moitié du VIIe siècle), de ses petits-fils Anlamani, puis Aspelta (fin du VIIe siècle–début du VIe siècle), du fils d’Aspelta, Aramatelqo (début du VIe siècle) et du fils de ce dernier Malonaqen (première partie du VIe siècle).
Le nom des souverains des cinq générations suivantes est inconnu ; apparaît ensuite celui de Nasakhma (première moitié du Ve siècle), puis ses deux fils, Malowiebamani (moitié du Ve siècle) et Talakhamani (seconde moitié du  Ve siècle) ; puis le fils de Malowiebamani, Irike Amanote, et, après un hiatus de trois générations, Harsiyotef, puis, après un autre hiatus de trois générations, de Nastasen, le dernier souverain du royaume de Napata.

Les successeurs de Tanoutamon à la tête du royaume entre le VIIe siècle et le IVe siècle sont mal connus.
On sait que le fils de Taharqa, Atlanersa, fut son successeur immédiat. Sous son règne, la nécropole royale d’El Kurru fut définitivement abandonnée au profit de celle de Nuri.
Sous Anlamani, petit-fils d’Atlanersa, est faite la première mention d’un conflit entre les Kouchites et les Blemmyes, les ancêtres des Bédja modernes.

Au début du règne d’Aspelta a lieu, en 593 avant notre ère, la campagne militaire du pharaon Psammétique II contre Kouch. Elle a peut-être lieu pour prévenir d’une invasion de l’Egypte par Kouch. Une autre possibilité serait que Psammétique II soit un descendant de Tefnakht et des chefs du delta autrefois vaincus par les Kouchites. Une dernière hypothèse serait qu’il souhaite mettre fin à la légitimité des Kouchites auprès de l’influent et ambitieux clergé d’Amon à Thèbes.

Toujours est-il que le pharaon égyptien basé à Saïs attaque et vainc Kouch avec un étonnant acharnement. Les noms des souverains kouchites sont systématiquement martelés et les statues et temples détruits. La Basse-Nubie semble dès lors occupée par les Egyptiens, ce qui semble motiver le déplacement du royaume de Kouch à Méroé. Les souverains continuent toutefois à se faire couronner et inhumer à Napata.

On ne sait que très peu de choses du règne des dix rois ayant succédé à Aspelta à la tête de Kouch. On sait toutefois que des échanges commerciaux furent établis avec l’Empire perse après son invasion de l’Egypte. Les révoltes égyptiennes  contre l’occupation perse au Ve siècle avant notre ère semblent avoir entraîné une réoccupation de la Basse-Nubie par Kouch, et Irike Amanote semble avoir espéré reconquérir l’Egypte sans aller au bout de son ambition.

Sous Harsiyotef, sont attestées des campagnes contre les nomades Reheres et Medjay. Il serait également parvenu à vaincre des rebelles Mxwif à l’autorité kouchite en Basse-Nubie.

Sous Nastasen, des habitants de Basse-Nubie, sous la direction du dénommé Kambasawden se révoltèrent à nouveau contre l’autorité kouchite, une nouvelle fois sans succès. D’autres campagnes contre des nomades orientaux ont lieu. Sous son règne, Nastasen aurait aidé Nectanebo à s’installer en Haute-Egypte après la conquête perse du pays. Il fut peut-être aussi contemporain de la conquête de l’Egypte par Alexandre Le Grand. Il aurait ainsi profité des troubles occurrant à cette période pour tenter de remettre pied en Haute-Egypte. Le roi Ptolémée I aurait répliqué par une expédition punitive contre Kouch. Elle lui permet de rendre le contrôle de la Basse-Nubie à l’Egypte. Nastasen fut le dernier souverain à avoir été enterré à Nuri. Son possible successeur, Aktisanes, inaugure un cimetière au pied du Djebel Barkal.

Quelques générations plus tard, le cimetière royal sera une nouvelle fois déplacé, cette fois à 275 kilomètres au sud-est de Napata, dans la ville de Méroé. Cela se produisit probablement en raison de l’émergence d’une dynastie originaire de cette région. Ce sera la fin du royaume de Napata et le début de celui de Méroé.

Culture et société du royaume de Napata

A partir de la colonisation égyptienne de Kouch, les textes égyptiens font référence aux souverains par le titre de kwr. Ce titre est vraisemblablement la retranscription du mot employé dans la langue des Kouchites pour désigner leurs souverains. Il sera retranscrit qore lorsque ceux-ci élaboreront leur propre système d’écriture lors de la période du royaume de Méroé.

Le kwr de Kouch emploie des noms de couronnement égyptiens. Il communique son pouvoir à travers la civilisation égyptienne. Toutefois, il montre un certain nombre de caractéristiques autochtones différentes de la royauté pharaonique. Le roi est coiffé d’un bonnet kouchite, de boucles d’oreilles, de deux uraei contre un seul en Egypte, ou encore d’un collier orné de trois têtes de bélier.

Ce bélier représente le dieu Amani local issu d’un syncrétisme entre un dieu bélier local et le dieu Amon égyptien lors de la colonisation, comme on l’a vu plus haut.

C’est l’Amon de Napata qui confère à Piankhy le pouvoir sur le monde, et non l’Amon égyptien de Thèbes, lequel ne lui permet que de régner sur l’Egypte.

La transmission du pouvoir à Kouch mêlait, elle aussi, des éléments égyptiens et natifs.

Ainsi, dans certains cas, elle suivait le principe de succession de père en fils des pharaons égyptiens ; le système thébain de légitimation par une sœur au préalable désignée comme reine mère ou la pratique locale de succession entre frères[8].

D’un point de vue artistique, les rois kouchites s’inspirent des canons égyptiens classiques. Ils y intègrent aussi de manière plus réaliste les traits des rois de Kouch. Ceux-ci sont également représentés avec des membres outrancièrement stylisés.

Les rois kouchites sont peints sur les reliefs en rouge, ainsi que leurs reines. Il s’agirait d’une convention propre aux Kouchites et qui diffère de la représentation égyptienne des femmes en jaune. Il s’agirait manifestement d’une convention sans base réaliste. En effet, Taharqa, ses femmes et ses enfants sont décrits par son adversaire Esarrhadon comme ayant des peaux aussi noires que de l’asphalte[9].

 

[1]Colin Firth (1912), The Archaeological Survey of Nubia: Report for 1908-1909. Cairo.

[2]  . Torgny Säve Södebergh (1969), Die Akkulturation der Nubischen C-Gruppe im Neuen Reich ZDMG Suppl. I (1969) pp. 12-20.

[3] Claude Rilly (2007), La langue du royaume de Méroé : un panorama de la plus ancienne culture écrite d’Afrique subsaharienne, Paris : H. Champion, p.303.

[4] Improprement dite des ‘Pharaons noirs’.

[5] Voir notamment : Théophile Obenga (1990), La philosophie africaine de la période pharaonique  : 2780-330 avant notre ère, Paris : l’Harmattan, pp.65-76.

[6] Cf. notamment Dan’El Kahn (2004), Taharqa, King of Kush and the Assyrians, Journal of the Society for the Study of Egyptian Antiquities 31, pp.109-128.

[7] Cheikh Anta Diop (1981), Civilisation ou barbarie: anthropologie sans complaisance, Paris : « Présence africaine », p.37.

[8] Laszlo Török (1997), The kingdom of Kush : Handbook of the Napatan-Meroitic civilization, Leiden ; New York ; Köln : Brill, pp.255-262.

[9] Cf.  Dan’El Kahn (2004), Taharqa, King of Kush and the Assyrians, Journal of the Society for the Study of Egyptian Antiquities 31, p.116.

 

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