SOCIÉTÉ

Privé d’internet, il remporte un concours Google de programmation

Le Camerounais Nji Collins Gbah fait partie des 34 vainqueurs de l’édition 2016 du concours Google Code-in destiné aux jeunes programmeurs du monde entier.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.fr

Le Google Code-In est un concours annuel destiné aux jeunes collégiens et lycéens du monde entier âgés de 13 à 17 ans. Dans son édition de 2016, 1340 personnes issues de 62 pays y ont pris part. Parmi les 34 à en sortir victorieux figure un jeune homme au parcours pour le moins atypique. Né en 1999, Nji Collins est le premier Africain à obtenir cette distinction. Ce Camerounais, résident de Bamenda au sud-ouest du pays, s’est formé à la programmation informatique, de manière autodidacte, mobilisant livres, internet et tout autres moyens lui permettant de s’instruire sur le sujet. En tant que résident de Bamenda, ville anglophone du nord-ouest du pays, il a été témoin des manifestations début 2017 accusant le gouvernement camerounais de discrimination envers les minorités anglophones de cette région du pays. Ces protestations ont résulté, pour le jeune Nji Collins Gbah, en la fermeture de son lycée puis de l’internet, une situation qui le paralysait à la fois dans le cadre de son éducation formelle que dans son intérêt plus personnel.
Ces privations furent toutefois compensées par une nouvelle des plus attendues. Nji, qui était parvenu à accomplir 842 tâches lors du concours tenu par Google a appris faire partie de son nombre limité de vainqueurs. Un clin d’oeil à la victoire, à la même période, de ses compatriotes lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2017 face à l’Egypte au Gabon. En lieu et place de la Coupe brandie par ses compatriotes, Nji Collins bénéficiera d’un voyage en Californie pour visiter le Campus de Google et s’entretenir avec les ingénieurs du géant internet américain. A l’avenir, il souhaite être enrôlé dans une bonne université pour concrétiser son potentiel. En attendant, il s’est rendu à Yaoundé pour bénéficier de l’internet, sa ville de résidence en étant toujours privée. Car comme son histoire le lui a appris, c’est le contact constant de l’artiste avec son matériau qui lui permet à terme de le maîtriser.

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