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RDC : l’ex chef de milice Germain Katanga va être libéré

Politique

RDC : l’ex chef de milice Germain Katanga va être libéré

Par SE

Condamné et retenu par la Cour pénale internationale (CPI) à la Haye depuis 2007, Germain Katanga va être libéré en janvier 2016. Après sa libération, l’ex chef de milice veut repartir vivre au Congo plus précisément à Aru situé à Ituri au nord-est de la République Démocratique du Congo.

Germain Katanga avait été écopé de douze ans de réclusion pour complicité de crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans l’attaque du village de Bogoro en Ituri le 24 févier 2003. Environ 200 civils avaient été tués en quelques heures après des pillages, des destructions de biens… Accusé d’avoir planifié et exécuté l’incident en tant que commandant des forces de résistance patriotique en Ituri  (FRPI), Germain Katanga a vu sa peine être réduite ce vendredi 13 novembre par la CPI. En accord avec son règlement qui permet aux personnes ayant purgé les deux tiers de leur peine de se voir attribué une réduction de peine mais également pour sa bonne conduite, la Cour pénale internationale a accordé à Germain Katanga une libération anticipée recevable à compter du 18 janvier 2016. Elle a justifié sa décision par les « regrets » exprimés par le détenu, sa « volonté de coopérer » avec la justice et son « comportement » démontrant « qu’il désavoue ses crimes ».

Germain Katanga a « exprimé son souhait de revenir en RDC et notamment à Aru en Ituri (au nord-est du pays) pour devenir agriculteur et vivre près de sa famille » a déclaré Margot Tedeso, coordinatrice chargée de la sensibilisation pour la CPI en RDC lors d’une conférence de presse tenue le lundi 16 novembre. Mais la libération anticipée de Germain Katanga ne satisfait pas l’organisation de défense des droits de l’homme américain Human Rights Watch (HRW) qui estime que la CPI « a la responsabilité de surveiller la situation sécuritaire et de s’assurer que les victimes, témoins et intermédiaires qui ont été impliqués dans [son procès] sont en sécurité ». Les responsables de Human Rights Watch (HRW) demandent aussi à la Cour d’expliquer la réduction de cette peine (huit ans et quatre mois au lieu de douze ans) « aux communautés affectées et préparer [son] retour » au pays. Même réaction du côté de l’ONG « Justice Plus » qui demande à la Cour pénale internationale de songer au sort des victimes qui attendent réparation et évoque éventuellement des tensions raciales. Deux requêtes que la CPI prétend gérer en expliquant que toutes les mesures sont mises en place pour remettre les victimes dans leur droit.

Le gouvernement congolais quant à lui estime que Germain Katanga est libre de rentrer chez lui après avoir purgé sa peine.