Ce samedi 30 mai, Ousmane Dembélé et le Paris Saint-Germain ont remporté leur seconde Ligue des Champions face à Arsenal (4-3).
« C’est bon maintenant : passe la seconde. », conseillent des moniteurs d’auto-école à leurs inexpérimentés élèves impatients. Eux qui sont trop souvent pressés pour emprunter l’autoroute de l’imprudence.
Hier, le Paris Saint-Germain a d’abord plié dès le début du match avant de finalement passer la seconde pour l’emporter au terme d’une soirée inoubliable. Retour sur la finale de Champions League qui s’est déroulée à la Puskas Arena à Budapest en Hongrie ; pays cher à un ex-président français récemment condamné par la justice française.
PARIS SANCTIONNÉ PAR UN EXCÈS DE VITESSE
Le nouvel horaire choisi par l’UEFA, pour favoriser un retour plus facile des supporters, selon nos informations, les 61 035 spectateurs – dont 20 000 parisiens – eux n’en ont que faire. 16h en temps universel et 18h à Paris, les voilà prêts à pousser leur équipe respective. Et la première à se mettre en évidence c’est Arsenal.
Unique buteur de la finale remportée par Chelsea, il y a quatre ans, l’Allemand Kai Havertz profite d’un contre favorable pour mettre les gaz et laisser notamment dans le rétroviseur un William Pacho, pourtant rarement pris au dépourvu, avant d’aller battre le portier Matvey Safonov. Paris – Arsenal (0-1, 5ème minute de jeu).
La suite n’est qu’une attaque défense oú les Parisiens butent sur des Londoniens bien organisés et bien placés – à l’image du défenseur brésilien Gabriel – mais qui ont aussi la fâcheuse tendance à vouloir coûte que coûte gagner de précieuses secondes en toutes circonstances.
La première mi-temps se termine d’ailleurs sur un drôle de séquence ou l’arbitre M. Daniel Siebert envoie les 22 acteurs au vestiaire avant que Bukayo Saka, homme invisible de ses finales, n’ait eu le temps de prendre le temps pour tirer le corner obtenu.

OUSMANE DEMBÉLÉ ET PARIS PASSE ENFIN LA SECONDE

Gêné par un dispositif, un 4 – 3 – 3 light qui se transforme en 4 – 4 – 2 béton, avec des ailiers jetés sur l’autel du sacrifice, le Ballon d’Or 2025 Ousmane Dembélé est discret. Ses décrochages, ses permutations, avec Désiré Doué n’y changent rien. Il est suivi jusqu’au petit coin par des Gunners affamés à l’idée de décrocher leur première coupe aux grandes oreilles. La lumière ou plutôt le premier éclair vient de son coéquipier Khvicha Kvaratskhelia.
Poursuivi par l’hispano-colombien Mosquera, le Georgien, qui regarera la Coupe du Monde 2026 depuis son salon, s’effondre dans la surface. Sans une once d’hésitation, l’arbitre désigne le point de penalty.
Le fer de lance de l’attaque parisienne s’avance avec le poid de l’égalisation qui manque d’enfoncer ses épaules frêles ; façon syndrome de la coiffe des rotateurs. Face à lui, le portier espagnol David Raya, dernier rempart de la meilleure défense de la compétition (seulement 6 buts encaissés).
Fans londoniens, ultra parisiens retiennent alors leur souffle à l’unisson. Le numéro dix parisien, Sans un bruit dans sa tête, s’avance, tire et prend à contre-pied le gardien d’Arsenal. Paris – Arsenal (1-1, 65ème). Paris exulte de joie sur et au bord du terrain avec le craquage de fumigènes qui propage une fumée rouge dans le ciel. On aurait dit les derniers espoirs des Rouge et Blanc réduits en cendres par des Rouge et Bleu qui vont les traumatiser.
DES CHANGEMENTS, T’AS PEUR
Les changements tactiques de Mikel Arteta, ex-joueur coeauipier de Nicolas Anelka dans les annees 2000, avec notamment le passage désastreux à deux attaquants Havertz et Gyokeres, incapable de suffisamment bien contrôler le ballon pour (re)donner de l’air à son équipe. De l’autre côté, en termes de maladresses, c’est quasiment la même chose avec un Bradley Barcola, entré à la 83e minute. Le remplaçant de Kvaratskhelia retombe dans ses travers et le fait qu’il peine à conclure après avoir pourtant fait la différence avec sa vitesse.
GABRIEL, ANGE DÉCHU
Puisque les deux prolongations n’ont pu les départager, les deux équipes passent à la séance des tirs au but.
Privés de deux de ses tireurs, Vitinha et surtout Ousmane Dembélé, plombé par des crampes, le Paris Saint-Germain n’est à priori pas favori. Et pourtant, Eberechi Eze, l’enfant du club, manque son penalty. Certes, derrière Nuno Mendes voit le sien stopper par Raya. Paris a repris l’avantage (4-3) quand Gabriel, l’un des meilleurs joueurs du match, se présente face à Safonov.L’ancien lillois envoie une mine au-dessus des buts et le ballon termine sa course dans le parc parisien avec ses supporters entassés et ivres de bonheur.

Gabriel l’ange déchu, tête d’affiche du haram ball pratiqué par Arteta, a offert à Paris sa seconde Ligue des champions. Sans que les hommes de Luis Enrique Martinez, qui a récupéré les clés d’un véhicule de luxe avant le customiser, n’aient eu besoin d’entendre : « C’est bon maintenant : passe la seconde. »
Huit ans après le Real Madrid, le Paris Saint-Germain réussit son back-to-back. Dommage que de nombreux incidents aient gâché la fête.
