Au cœur des années 60, une période marquée par la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, naît un chapitre peu connu de l’histoire afro-américaine : la formation de la Republic of New Africa (RNA). Ce mouvement, fondé lors de la « Black Government Conference » à Detroit le 31 mars 1968, revendiquait l’établissement d’un état autonome pour les Noirs américains.
Fondation et idéaux de la Republic of New Africa
La Republic of New Africa (RNA), sous la direction d’Imari Obadele1, fut fondée avec l’objectif de créer un territoire souverain pour les Afro-Américains dans le sud des États-Unis. La vision de la RNA englobait des États à forte population noire, notamment la Louisiane, le Mississippi, l’Alabama, la Géorgie, les Carolines, l’Arkansas, le Texas, le Tennessee et la Floride.

Robert F. Williams, un président engagé
À la tête de cette république naissante, Robert F. Williams, ancien président de la NAACP de Monroe2, en Caroline du Nord, et défenseur de la défense armée de la communauté noire. La RNA, dotée d’une constitution et d’une structure gouvernementale, a élu Williams président, faisant de lui le symbole de la lutte pour l’autodétermination.

Des revendications économiques et sociales fortes
La Republic of New Africa ne s’est pas contentée de revendications territoriales. Elle a exigé des réparations financières pour les sévices de l’esclavage et de la ségrégation, et a appelé à un référendum exclusif aux Afro-Américains pour décider de leur indépendance. Inspirée par l’Ujamaa de Julius Nyerere3, la RNA a cherché à établir un modèle politico-économique centré sur la communauté et l’autosuffisance.

La répression et la résistance
Face à l’inévitable opposition du gouvernement américain, la RNA a envisagé des stratégies de résistance, y compris la formation de la « Black Legion« , une milice d’autodéfense. Les affrontements avec la police ont été inévitables, entraînant des arrestations et des accusations graves contre les membres de la RNA.
L’héritage de la Republic of New Africa

Malgré la répression, les arrestations et la surveillance par le programme COINTELPRO5 du FBI, la RNA a survécu. Aujourd’hui, elle continue de militer et revendique des milliers de membres, perpétuant l’esprit de résistance et la quête d’autodétermination de la communauté afro-américaine.
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