CULTURE

Festival Babi Slam: Quand Abidjan crie « Au nom du Slam »!

Par Georges Dominique. « Grand Corps Malade, il est où même. Ça fait longtemps, je ne l’ai pas entendu deh ! » S’interroge ce spectateur inquiet de ne plus avoir des nouvelles du slameur français. Du slam, poésie urbaine que pratique aussi Abd Al Malik, ils sont venus en écouter ce soir à l’Institut Français de Côte d’Ivoire. Retour sur une soirée où Abidjan a crié : « Au Nom du Slam ! ».

LES RETARDAIRES ARRIVENT À L’HEURE

« Faut te garer là ! », pourrait-on presque lire sur les lèvres de ce djosseur de nama, créateur d’espaces pour automobiliste à la recherche d’une place de parking. Il agite ses bras pour guider les voitures qui se succèdent timidement dans les rues désertes de ce quartier d’affaires abidjanais : le Plateau.

Dans la salle clairsemée, les premiers spectateurs , arrivés à 19 heures, attendent tranquillement que la soirée commence.

Billet d’erreur

Le ticket indique 20 heures. « Une erreur ! », selon l’animateur qui s’en excuse. Les retardataires sont finalement arrivés à l’heure.

JEUX DE MAUX

Quand le Slam fait son festival à Abidjan

Pour cette Grande nuit du Slam, organisée par le collectif Au Nom du Slam, dans le cadre de la troisième édition du Festival Babi Slam, la salle affiche quasiment comble : les 600 places ont presque toutes été prises !

Qu’ils soient originaires du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Tchad ou encore de la Martinique, la prise de parole de ces manieurs de maux tourne du thème : « L’apatridie en Afrique, mythe ou réalité ? ».

Des thèmes qui font l’actualité.

Dans cette salle sombre, éclairée par les smartphones sur lesquels certains spectateurs pianotent, ces hommes et femmes de lettres mettent en lumière des thèmes qui font trop souvent l’actualité en Afrique. Attentats terroristes commis par des « excités mal rasés », grossesse en milieu scolaire, immigration, les maux sont omniprésents. Mais ils détournent l’attention avec des jeux de mots.

LE SLAM GUÉRIT LES GRANDS CORPS MALADES

Suspendus à leurs lèvres, apaisés par leurs paroles, mélange entre spleen et idéal, ils les écoutent. Parmi ceux qui se succèdent sur la petite scène de l’Institut, certains retiennent plus l’attention que d’autres ; c’est notamment le cas de Kapegik qui slame en nouchi, argot ivoirien.

Retraçant la crise post-électorale, qui a touché la Côte d’Ivoire il y a huit ans, ce poète urbain prévient :

« On n’a pas tous l’argent aller en Ghana (en cas de nouvelle crise : NDLR) ». La salle éclate alors de rire.

Le spectacle qui a duré deux bonnes heures se termine. Visage satisfait, mine réjouie, les spectateurs repartent contents même si certains se demandent toujours : « Grand Corps Malade, il est où même. Ça fait longtemps, je ne l’ai pas entendu deh ! ».

Articles : 408