HISTOIRE

Tereza de Benguela, la « Rainha » du Quilombo do Piolho

Connaissez-vous Tereza de Benguela, la reine du Quilombo do Piolho célébrée au Brésil chaque 25 juillet, lors de la journée des femmes noires ?

Tereza de Benguela, était la cheffe du Quilombo do Piolho (aussi appelé Quariterê), une communauté autonome située dans l’état actuel du Mato Grosso, au Brésil, dans la seconde moitié du 18ème siècle [1]. Ce Quilombo réussit l’exploit de réunir des « Nègres Bossales » (Noirs nés en Afrique), des Noirs nés au Brésil, des Amérindiens, des Cafuzos (métis nés de l’union des Noirs et des Indiens) et même quelques Blancs. Il était situé sur les rives de la rivière Piolho (ou Quariterê) [2].

Selon la description qu’en faisaient les colons portugais de l’époque, Tereza était une « Africaine d’Angola », déportée du continent depuis le port de Benguela, une ville fondée en 1617 par les Portugais, située sur la côte Atlantique, à 418 km au sud de la capitale Luanda. Il s’agissait d’un « centre commercial » majeur, notamment en ce qui concernait la traite des esclaves vers le Brésil (et Cuba).

« Rade de Benguela et rivière de Cantonbelle » (carte xviiie siècle).

Le Quilombo do Piolho abritait une population de près de 300 personnes dirigée par José Piolho son premier roi. A a mort, son épouse Tereza, devint la reine et se fit connaitre sous le nom de « Rainha Tereza« . Sous son leadership, la communauté noire et indigène résista près de deux décennies à l’oppression esclavagiste.

La reine Tereza commandait la structure politique, économique et administrative du quilombo, entretenant un système de défense avec des armes à feu échangées avec les Blancs ou pillées dans des villes voisines. Les instruments de torture en fer utilisés contre la communauté noire réfugiée dans le Quilombo do Piolho furent transformés en instrument de travail. La communauté maîtrisait, en effet, les mystères de la forge. Le quilombo développa la culture du coton et possédait des métiers à tisser sur lesquels étaient fabriquées des étoffes commercialisées en dehors des quilombos, ainsi que les surplus alimentaires. Le quilombo disposait de plus, d’un parlement qui conseillait les souverains :

« Elle gouvernait ce quilombo à la manière d’un parlement, ayant pour le concile une maison destinée, dans laquelle, les jours marqués de chaque semaine, les députés entraient, étant ceux qui possédaient la plus grande autorité, avaient pour conseiller, José Piolho. Ils le firent si bien qu’ils furent appelés par la reine qui présidait, et le Sénat noir assis, exécutait ses ordres à la lettre, sans appel ni contestation. » [3]

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En 1770, après que l’existence du quilombo fut découverte par les autorités coloniales, un commando fut mis sur pied pour le détruire. Le commando était composé de 30 hommes sous le commandement d’un certain João Leme de Prado. Le commando voyagea un mois durant de Vila Bela da Santíssima Trindade, une ville qui servait de plaque tournante pour les excursions dans la forêt amazonienne, jusqu’au quilombo. Le commando attaqua le quilombo par surprise et captura la majorité de ses habitants; une autre partie fut tuée pendant le combat, et une autre a fui. La Rainha Tereza

Après avoir été capturé en 1770, le document stipule:

« Elle mourut, fut décapitée et placée au milieu du carré de ce quilombo, sur un haut perron, où elle resta pour le souvenir et servir d’exemple de ceux qui la voyaient. » [4]

Quelques quilombolas ont réussi à échapper à l’attaque et l’ont reconstruit – pourtant, en 1777, il fut de nouveau attaqué par l’armée coloniale et détruit en 1795.

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Notes et références

[1] Les Quilombos étaient des communautés fondées par des personnes d’origine africaine (appelés « Quilombolas » ou « Nègres Marrons« ). La plupart des habitants des Quilombos étaient des esclaves fugitifs.

[2] ~ João de Medeiros Alves, « O Quilombo do Quariterê« , historianet.com.br, publié le 16 novembre 2010

[3] ~ João Afonso Côrte-Real, « Anal de Vila Bela de Santíssima Trinidade desde o descobrimento do sertão de Mato Grosso, no ano de 1734« , Lisbonne, 1940

[4] « Teresa de Benguela« , julianamittelbach.wordpress.com

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.

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