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Comment le Nigérian Masai Ujiri a mené les Raptors à la victoire

Par Georges Dominique. Si les Raptors ont remporté leur premier titre, c’est grâce au Nigérian Masai Ujiri.

« Les champions et le titre ne sont pas fabriqués en un an » aurait déclaré Masai Ujiri, le président des opérations basketball des Toronto Raptors, quand son équipe atteint les finales NBA. Et pourtant en un peu moins d’un an, le dirigeant dont les origines sont nigériane et kényane, par ailleurs visé par une plainte, a prouvé le contraire. Gros plan sur ses cinq décisions qui ont permis à la franchise canadienne de remporter son premier titre NBA.

1)  Investir en Afrique et sur Pascal Siakam

Pascal Siakam, une autre victoire de Masai Ujiri – Getty Images

Il y a ceux qui crient haut et fort que : « L’Afrique c’est le futur » et ceux qui y croient vraiment à cette phrase (trop) parfaite pour présentation Power Point.

Masai Ujiri semble être dans la seconde catégorie, le natif du Nigéria qui s’occupe notamment de Giants Of Africa une organisation non gouvernementale qui promeut le basketball en Afrique.

C’est probablement animé par ce désir de voir l’Afrique briller qu’il a choisi en 2016 de recruter un jeune camerounais inconnu : Pascal Siakam.

Sauf retournement de situation, le Camerounais, dont la débauche d’énergie des deux côtés du parquet en fait un joueur précieux, devrait remporter le Most Improved Player Award récompensant le joueur ayant le plus progressé au cours de la saison régulière.

2)  Virer le meilleur coach de l’année

La saison dernière, au terme d’une élimination piteuse par les Cleveland Cavaliers de Lebron James, le meilleur dirigeant de la saison 2012 – 2013 se sépare de Dwayne Casey, pourtant meilleur coach de l’année avant de le remplacer par son…assistant : Nick Nurse, auquel Drake a offert un massage en plein match des playoffs.

3)  Transférer son franchise player

Toujours dans sa volonté de créer une onde de choc, le general manager laisse partir son franchise player, son joueur emblématique, DeMar DeRozan.

On ignore par contre si le manque d’adresse à trois points de l’ancien Raptors qui a conduit à son départ chez les San Antonio Spurs, lui qui avait très mal digéré son départ de la francise canadienne : « Parce que j’étais investi là-bas de mes 19 ans jusqu’à mes 28 ans, je crois. Tout ce que j’ai appris vient de là-bas. Partir en un claquement de doigts, au moment où tu t’y attends le moins…Au final, nous sommes humains donc ça te blesse évidemment. »

4)  Récupérer Kawhi Leonard

Kawhi Leonard, le pari gagnant de Masai Ujiri

L’autre grand coup réalisé par Ujiri, c’est donc le remplacement de DeRozan par Kawhi Leonard.

Avant d’éclabousser de tout son talent ces finales et par conséquent de décrocher logiquement le titre de MVP, « l’homme qui ne sourit jamais » faisait l’objet de moqueries sur sa blessure qui l’a tenue éloigné des parquets pendant longtemps. « Pourquoi Toronto fait ça ? » se seraient demandés plusieurs observateurs de la NBA, convaincus que le transfert de Leonard serait un échec. Le double MVP des finales leur a donné tort.

5)  Recruter Marc Gasol

Parce qu’il manquait un big man, un pivot expérimenté et surtout adroit, les Raptors et Ujiri font venir l’Espagnol Marc Gasol. Le pivot barbu s’est parfaitement intégré dans le système défensif des néo-champions.

Pour rappel, Marc Gasol et Serge Ibaka auraient communiqué en espagnol pour étouffer Giannis Antetotounmpo, la série victorieuse face aux Milwaukee Bucks.

« Les champions et le titre ne sont pas fabriqués en un an » aurait déclaré Masai Ujiri. Le general manager des Raptors a vu juste : il lui a fallu un peu moins d’un an. Rester à savoir s’il va exporter ses talents ailleurs chez les WashingtonWizards, qui compteraient sur un certain Barack pour le faire…

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