POLITIQUE

L’immigration au service du capitalisme mondialiste

Sous la bannière des « Droits de l’Homme », la politique européenne en matière d’immigration détruit des millions de vies. D’Afrique en Europe, la pauvreté s’accroît sous le joug de politiques au service du capitalisme par l’exploitation des masses populaires.  

La politique migratoire de l’Europe

Nous vivons dans un monde interconnecté et interdépendant. Les autorités supranationales prennent le pas sur la souveraineté des Etats dans les domaines politiques, économiques et sociaux. Que ce soit l’Union Européenne, l’Union Africaine, l’ONU ou l’OTAN, les décisions dépassent désormais la seule volonté des dirigeants nationaux.

Ainsi, depuis le début de « la crise des migrants », des drames humains sont devenus normalité. Des personnes meurent continuellement dans la Méditerranée. D’autres sont exploitées par le travail illégal, les réseaux mafieux (drogue, prostitutions…), mais la propagande politique continue d’écarter les questions de fond. Car son intérêt est de maintenir un système qui lui rapporte.

D’un côté, Orbán qui craint « une invasion ». Il a déclaré en août que deux camps s’affrontaient « en Europe et le premier est dirigé par Macron. Il est à la tête des forces politiques en faveur de l’immigration. Nous … voulons mettre un terme à l’immigration clandestine« . Quant à E. Macron, il a identifié les « nationalistes » qui « prêchent la haine », comme ses principaux adversaires. A ce propos, le Ministre de l’Intérieur italien, Salvini avait Tweeté cette phrase le 10 juin 2018 :

« A partir d’aujourd’hui aussi l’Italie commence à dire non à la traite des êtres humains, non aux histoires d’immigration illégale. Mon but est d’assurer une vie sereine pour ces enfants en Afrique et pour nos enfants en Italie. »

Le 21 janvier 2019, le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio enfonce le clou. Il a réaffirmé que la politique néocoloniale de la France en Afrique générait la paupérisation des populations africaines et provoquait l’immigration de masse.

« Si aujourd’hui les gens partent d’Afrique, c’est parce que certains pays européens, la France en tête, n’ont jamais cessé de coloniser des dizaines d’États africains. »

La ruée vers l’Europe de la jeunesse africaine

Selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations[1], 1.600 personnes ont perdu la vie depuis janvier 2018, soit environ 2,2% des personnes qui ont tenté la traversée. Par ailleurs, l’Indice mondial de l’esclavage de 2018[2] révèle que près de 9, 2 millions d’Africains vivent en situation de servitude.

Les études expliquent que l’Afrique est confrontée à une pression démographique sans précédent en raison de la très forte fécondité au sud du Sahara. Selon les Nations Unies, la population de l’Afrique passera de 1,2 milliard en 2017 à 2,5 milliards en 2050, voire 4,4 milliards d’ici 2100. Ainsi, des « chercheurs » concluent qu’il y aura un exode massif de l’Afrique vers l’Europe et que dans 30 ans, 20 à 25% de la population européenne sera d’origine africaine, contre 1,5 à 2,0% en 2015[3].

Ce scénario alarmiste révèle principalement une chose : ces chercheurs n’envisagent pas un changement de paradigme des politiques africaines ! Car c’est de cela qu’il s’agit. Ce n’est pas le développement qui mène à l’émigration, mais la disparité entre l’offre et la demande de travail, en particulier chez les jeunes. L’économiste Robert Lucas a souligné que «pratiquement toutes les preuves indiquent que le resserrement des marchés du travail dans le pays décourage le départ». Cela signifie que la responsabilité première revient aux politiques menées dans le lieu de départ : l’Afrique. En ce sens, Clemens et Postel décrivent le lien de corrélation entre immigration et emploi.

«Il existe une relation négative indéniable entre l’emploi des jeunes et l’émigration. Le taux d’émigration dans les pays où l’emploi des jeunes est supérieur à 90% est deux fois moins élevé que dans les pays où seulement 70% des jeunes sont employés. « 

L’exploitation des travailleurs africains: un engagisme 2.0

En France Emmanuel Macron a été un fervent défenseur du pacte de Marrakech signé en décembre 2018. Ce texte est censé rendre les migrations « bénéfiques à tous ». Pour ce faire, 23 objectifs ont été fixés auxquels devront se soumettre les pays signataires. L’idéologie qui sous-tend ce texte est limpide: à l’heure de la mondialisation, la migration est facteur de « prospérité, d’innovation et de développement durable »[4]. Mais pour qui?

Il serait possible de croire (naïvement) en la bonté du président français et autres signataires vis-à-vis des Africains arrivant en France…Pourtant, en 2017, la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a condamné la France à plusieurs reprises. En effet, elle a retenu 304 enfants dans ces Centres de rétention, soit sept fois plus que les 44 enfants incarcérés en 2013.

Par ailleurs, le Pacte de Marrakech comporte de nombreux autres aspects, qui tendent à encourager l’immigration plutôt qu’à la contrôler. Ainsi, l’objectif 5 favorise « la mobilité de la main-d’œuvre ». L’objectif 18 encourage les États à trouver des solutions pour « faciliter la reconnaissance mutuelle des qualifications et compétences des travailleurs migrants ». De fait, un rapport présenté le 4 septembre 2018 par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne[5] (FRA) dénonce l’existence de pratiques abusives dans de nombreux secteurs de l’économie.

« Des travailleurs sont gravement exploités dans toute l’UE, et les inspections ne sont pas efficaces pour mettre un terme à cette situation », avertit la FRA dans le rapport intitulé Protéger les travailleurs migrants de l’exploitation dans l’UE : renforcer les inspections sur le lieu de travail.

De leur côté, les États-Unis ont jugé ce Pacte « incompatible » avec leur politique migratoire et la souveraineté nationale américaine. De même, l’Italie, la Hongrie, l’Autriche, la République tchèque, la Bulgarie et la Pologne ont refusé de le signer. Dernièrement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a fait savoir qu’il ne signerait pas non lus. Tout en réaffirmant «son engagement à surveiller [ses] frontières contre l’arrivée de migrants illégaux».

Alors que le pays européens semblent divisée sur la politique d’immigration, une autorité internationale réagit pragmatiquement. Il s’agit du FMI qui a venter haut et fort les bienfaits de cette migration clandestine et ses raisons valent le détour. Le journal espagnol « El Mundo[6] » dévoile notamment la vision de l’Institution. Le FMI préconise la venue de 5.5 millions de migrants d’ici 2050, en partant du « principe que 80% de cette immigration est en âge de travailler ». Ils permettraient d’augmenter le nombre d’actifs du vieux continent et de « reconstituer la pyramide démographique ».

La bataille des pauvres contre les pauvres

« Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. »

De façon factuelle, la situation est assez limpide. Il y a d’une part des Africains qui partent pour l’Europe, dans l’espoir de trouver une vie meilleure. Dans des bateaux de fortune, ils sont ballotés de pays en pays, en attendant de savoir qui les recevra. Des hommes, femmes et enfants sont entassés et témoins de nombreux morts en mer…Ceux qui arrivent se retrouvent dans des conditions de vie indécentes, sous des ponts de Paris, dans des « jungle » ou exploités économiquement…Comment qualifier ce traitement autrement qu’en parlant de « traite humaine » ?

D’autre part, il y a les populations européennes taxées à outrance par des politiques supranationales (Union Européenne) soumises au grand patronat. Elles assistent au déclin de leurs services publics, à la concurrence internationale déloyale, aux baisses des aides sociales des plus pauvres et des retraités.

La vision binaire et infantile contant qu’il y a d’un côté les gentils défenseurs des Africains, et d’un autre les méchants racistes qui sont contre l’immigration, est caduque. Au niveau politique, tous sont motivés par des intérêts certes divergents, mais que seul le capitalisme motive. La concordance des agendas politiques d’immigration et d’austérité économique ne peut que sauter aux yeux. Cela entraîne irrémédiablement des tensions internes dans les pays d’accueil, attisant ainsi une bataille de pauvres contre d’autres pauvres. C’est une stratégie classique qui a fait ses preuves : détourner l’attention des populations en les affamant…et substituer la lutte des races à la lutte des classes.

Pour une alternative à l’immigration vers l’Europe

En 2009 déjà, Mouammar Kadhafi prévoyait l’immigration massive des Africains au vue de leurs conditions de vie déplorables. Le 11 juin 2009, il rencontrait Berlusconi à Rome pour la signature d’un accord. Celui-ci, d’un montant de 5 milliards d’euros, devait permettre à la Libye d’endiguer les départs vers l’Europe par la création d’emplois au pays du Guide libyen. « Vous n’avez pas besoin de ces immigrés. Ils doivent rester en Afrique », avait-il affirmé.

Cependant, le système capitaliste mondial est si bien ancré aujourd’hui dans les esprits qu’il n’est que peu de fois remis en question. Pourtant, il existe un autre moyen, non exploré, qui consisterait à revoir la pertinence du modèle économique dominant. Prédire uniquement un avenir de crise et de pauvreté pour l’Afrique est terriblement défaitiste, pour ne pas dire espéré.

Un changement passe par irrémédiablement par la question des relations Nord-Sud. Pour exemple, les accords de libre-échange signés en 2014 par l’Union Européenne avec 30 pays africains pourraient en fait encourager l’immigration. En effet, les injections continuelles « d’aide  au développement » et de « coopération » contribuent à la destruction des emplois en Afrique. Et sans emploi chez eux, les jeunes espèrent illusoirement trouver mieux ailleurs. De plus, les pays africains sont dépendants[7], pour leurs programmes les plus importants (éducation, santé, sécurité…), de l’Union européenne et de ses partenaires internationaux. De même pour l’Union africaine qui fonctionne avec un budget dépendant à 54% de donateurs étrangers[8].

Pourtant l’Afrique a pour elle, la jeunesse, le nombre (ressources, compétences), les richesses (30 % des réserves mondiales en minerais dont 40 % des réserves en or, 60 % du cobalt et 90 % du platine[9]). Le continent noir affiche une croissance moyenne de 5 % par an depuis plus d’une décennie et six des dix pays à la plus forte croissance en 2018 sont africains[10].

L’Afrique a terriblement besoin de liberté et d’indépendance pour réduire les migrations. C’est le seul moyen pour améliorer le niveau de vie en Afrique. Mais pour cela, il s’agit de se pencher sur les causes premières des problèmes.

Sources:
[1] http://www.unhcr.org/desperatejourneys
[2] « L’Afrique est maintenant l’épicentre de l’esclavage moderne », Nofi
[3] https://mondediplo.com/2018/11/09migration
[4] https://francais.rt.com/international/55729-pacte-onu-sur-migration-mondialistaion-travailleurs-est-elle-marche
[5] https://www.euractiv.fr/section/economie/news/les-travailleurs-migrants-sont-souvent-exploites-dans-lue/
[6] Voir l’article du journal espagnol « El Mundo »  daté du 13/08/2018 :  « la seguridad social necesita mas de cinco millones de inmigrantes »
[7] Selon l’OCDE, le volume de prêts accordés à des pays en développement a augmenté en 2017
[8] Site Nofi : « L’Union africaine taxe les Etats qui ne sont pas à jour de leurs contributions »
[9] Dossier PNUE, Africa: Atlas of Our Changing Environment
[10] Courrier international, « 6 des 10 pays à la plus forte croissance en 2018 sont africains », publié le 20/01/2018

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