CULTURE

Taofeek Abijako, plus jeune designer à présenter sa collection à la New York Fashion Week

Le Nigérian Taofeek Abijako est devenu en 2018  le plus jeune designer à présenter une collection de sa marque Head of State à la prestigieuse New York Fashion Week.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.media

Dans un précédent article, je rapportais l’histoire largement médiatisée de Kheris Rogers, une jeune fille alors âgée de onze ans et qui était devenue la plus jeune créatrice de mode de l’histoire à avoir présenté l’une de ses collections lors de la New York Fashion Week.

En juillet 2018, le magazine Teen Vogue a à son tour rapporté un autre record de précocité dans cette même Fashion Week de New York.

Cet événement majeur de la mode mondiale est séparé en deux sections, l’une réservée à la mode féminine. Et alors que le record de Kheris Rogers vaut pour les deux sections,  Taofeek Abijako, devenu le plus jeune designer à présenter l’une de ses collections dans la section masculine de la Fashion Week de New York.

Ce jeune Nigérian de 19 ans installé à New York depuis quelques années seulement est le créateur de la marque Head of State+, une marque de streetwear.

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F/W 17 "Hooligans" collection preview (LOOK 2)

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Head of State+ a été créée en 2016 alors que Taofeek Abijako n’était encore qu’un lycéen.

Dès cette époque, la marque a attiré l’attention de grandes autorités de la mode comme le New York Times Fashion.

La collection présentée par Abijako lors de la Fashion Week de New York de juillet 2018 s’intitule Genesis.

Comme nombre de ses anciens travaux elle s’inspire de la mode de rue nigériane que le créateur a connu plus jeune ainsi que de celle des années 60 et 70 incarné par Fela Kuti et les photographies des Maliens Malick Sidibe et Seydou Kéita.

Ces influences sont clairement explicitées par le nom de la marque, référence au titre d’un morceau de Fela Kuti ‘Coffin for the Head of State’ et  aux photographies maliennes mobilisées comme affiches de ses collections.

Les looks maliens et de Head of State+ partagent certains éléments en commun. On pense par exemple aux tenues à la chemisette et aux pantalons assortis et rayés.

On trouve peut-être une référence à la mode de rue nigériane avec d’autres looks présentés par Taofeek Abijako lors de la Fashion Week de New York.

On remarque par exemple que seules les tenues monochromes sont accompagnées d’un tissu blanc portées dans la main droite du modèle.

Taofeek Abijako

Looks issus de Genesis par Head of State+

L’un de ces looks présente en plus une coiffure assortie à l’ensemble.

Taofeek Abijako

Look issu de Genesis par Head of State+

Il pourrait s’agir d’une référence à l’agbada, un vêtement nigérian ample, souvent monochrome, aux manches longues et dont l’abondance de tissu donne parfois l’impression  qu’il porte un tissu supplémentaire sur son bras. Son port est presque toujours accompagné d’une coiffure, notamment par le fila yoruba. L’interprétation de ce dernier peut aussi avoir été influencée par le Chullo péruvien déjà intégré dans le streetwear global. Taofeek Abijako

Un modèle portant un fila et un agbade assortis

Quelque soit la nature de l’influence de la mode africaine sur le travail de Taofeek Abijako, on ne peut que le féliciter d’honorer, qui plus est avec un tel talent, le continent africain dans le monde.

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