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Cannes : le tchadien Mahamat-Saleh Haroun, en lice pour la palme d’or

Culture

Cannes : le tchadien Mahamat-Saleh Haroun, en lice pour la palme d’or

Par Thalie Mpouho

Personnalité de la culture tchadienne, le cinéaste Mahamat-Saleh Haroun présente “Lingui, les liens sacrés”, un des deux films du continent en lice pour la Palme d’or

Mahamat-Saleh Haroun, un cinéaste aguerri

Il a 27 années d’expérience dans le métier. Originaire d’Abeché dans l’est du Tchad, Mahamat-Saleh Haroun fait partie des deux cinéastes africains en lice pour remporter la prestigieuse Palme d’or au Festival de Cannes. Le second cinéaste n’est autre que le marocain Nabil Ayouch. 

Mahamat-Saleh Haroun a grandi dans un Tchad où coups d’Etats et rebellions se multipliaient. D’abord journaliste avant d’être cinéaste, il quitte N’Djamena, la capitale, a 20 ans après avoir été touché par une balle perdue. Arrivé en France, il réalise son rêve et intègre une école de cinéma. Il retranscrit alors certains événements politiques de son pays à travers plusieurs de ses films. En 2016, il signe un documentaire, “Hissein Habré, une tragédie tchadienne”, où il donne la parole aux emprisonnés et torturés du pays sous le régime despotique d’Hissein Habré. 

Mahamat-Saleh Haroun

© Daniele Venturelli/WireImage/Gettyimages

“Un homme qui crie” de Mahamat-Saleh est le premier film d’un cinéaste tchadien à être sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes en 2010 et à en repartir avec le prix du jury. Depuis, le réalisateur multiplie les nominations. Pour la 74 e édition du festival, c’est avec son film ”Lingui, les liens sacrés”, qu’il propulse le cinéma africain au devant de la scène. 

“Lingui, les liens sacrés”

À travers ce film, le cinéaste bouscule les tabous ancrés dans la culture tchadienne. “Lingui, les liens sacrés” raconte l’histoire d’Amina, une mère seule vivant dans les faubourgs de N’Djamena avec Maria, sa fille de 15 ans. Elle apprend que sa fille est enceinte. Une grossesse due à un viol que l’adolescente refuse de garder malgré le fait que l’avortement soit punit au Tchad, par la religion mais aussi par la loi. 

Mahamat-Saleh Haroun met alors en scène des femmes qui tentent de survivre dans un milieu où le patriarcat et la religion sont rois. Avec le traitement de sujets tels que l’interdiction de l’avortement, l’excision des filles et la soumission des femmes, l’oeuvre du cinéaste s’impose comme un des films les plus féministes du festival.

Sources

AFP

RFI

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