CULTURE

Saïd Ahamada, un comorien à l’Assemblée nationale

Veste brune par-dessus une chemisette rayée, toujours le sourire aux lèvres, le profil parfait de l’homme politique. Saïd Ahamada est le premier élu issu de l’immigration comorienne à occuper un poste de député dans les Bouches-du-Rhône. Vainqueur de la 7ème circonscription avec 58% des voix, ce partisan de La République en Marche s’est donné pour mission de réduire les inégalités sociales et territoriales durant son mandat.

Saïd Ahamada est né un 7 novembre 1972 à Saint- Denis de la Réunion. A trois ans, ses parents quittent Le Tampon, commune réunionnaise dont sa mère est originaire, pour s’installer dans les quartiers Nord de Marseille. Saïd Ahamada y passera son enfance.Très jeune, il est pourtant sensible à l’intégration de sa communauté dans les Bouches-du-Rhône : « Ce sont des hommes et des femmes qui ont la fibre entrepreneuriale, mais qui n’ont pas les moyens de réaliser leur projet » constate-t-il à l’époque. Son parcours commence donc dans le monde associatif. Par ses actions, il entreprend d’encourager la création d’entreprises.

Toutefois, c’est un événement tragique qui va accélérer son engagement envers sa communauté. Mardi 21 février 1995, Ibrahim Ali, un jeune marseillais d’origine comorienne âgé de 17 ans, est assassiné en pleine rue par des colleurs d’affiches du Front National : « A ce moment-là je me suis rendu compte que le quotidien pouvait basculer », explique le militant de père comorien. Cette histoire marquera un tournant dans sa vie et son entrée en politique.

Six ans plus tard, il devient président de la Chambre de Commerce franco-comorienne à tout juste 29 ans.

Selon Saïd Ahamada, la seule façon pour ses compatriotes originaires des Comores de s’intégrer en France serait de passer par l’intermédiaire de la création d’entreprise. Une lacune qu’il dénonce : « Il nous semble curieux qu’en 20 ans, une communauté de près de 70 000 individus n’ait permis la création que de quelques entreprises ».

Saïd Ahamada, président de la chambre de commerce franco-comorienne
Source : France Comore Magazine

Par la suite, il devient responsable de la Fédération Comorienne de Marseille. En parallèle avec son activité associative, son master de finance en poche, il se consacre à l’accompagnement et à la création d’entreprises pendant dix ans. Fort de cette expérience, qui deviendra expertise, il réussit les concours de la fonction publique et entre à la Caisse des dépôts et consignations pour ensuite rejoindre la direction générale de l’institution à Avignon.

En 2016, il s’associe au mouvement initié par le président Emmanuel Macron, La République en Marche. Il est élu le 7 juin 2017 à Marseille, dans la 7ème circonscription des Bouches-du- Rhône, contre Sophie Grech, candidate FN.

En plus de l’emploi, de la formation et de la sécurité ; Saïd Ahamada fait de la politique de la ville et de l’environnement les priorités de son mandat.

La première mesure qu’il propose vise à faire de Marseille « un laboratoire économique et social ». Il définit sa ville comme une pépinière de talents, avec des entreprises en développement, un foisonnement associatif et une volonté de réussite commune. Ainsi s’est-t-il donné pour mission d’éradiquer la ghettoïsation et la radicalisation.

« A Marseille, nous avons des Français musulmans solides sur les acquis ? C’est- à- dire que l’islam est lié à la culture d’origine. L’un ne va pas sans l’autre ou difficilement, sauf pour les néo-convertis, et on voit les dégâts. Il y a moins de prises pour l’islamisme radical (…). Il y a aussi beaucoup d’Algériens et de Français d’origine algérienne qui ont connu les attentats islamistes chez eux, et ils savent ce que c’est. » A-t-il expliqué à nos confrères de Go-met.com.

Saïd Ahamada est un homme d’engagement. A quelques jours de l’anniversaire de sa première année de mandature, le député marseillais a toujours ce rêve : faire de la diversité un atout pour sa ville.

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