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DMX : entre grandeur et décadence

Culture

DMX : entre grandeur et décadence

Par Abou Cissé

Le rappeur américain est souvent dans la rubrique fait divers ces derniers temps. Le dernier en date a failli coûter la vie à un artiste qui a marqué son temps dans le rap américain.

Son dernier dérapage 

Un énième dérapage qui fut presque fatal pour DMX. Selon le site TMZ, la police a reçu un appel concernant un homme retrouvé inconscient aux alentours de 18 heures près d’un hôtel Ramada à New York le lundi 8 février dernier. Arrivés sur place, les forces de l’ordre ont découvert le corps de DMX sur le parking à côté d’un véhicule. Après avoir constaté que l’homme était sans vie, ils se sont empressés de lui faire un massage cardiaque pour tenter de le sauver.

Une minute plus tard, le cœur de l’artiste de 45 ans était reparti. Un témoin présent sur les lieux a confié à la police avoir vu de son vrai nom Earl Simmons ingurgiter une sorte de poudre avant qu’il ne perde connaissance. Les autorités ont alors donné une dose de Narcan, un antidote contre la dépression respiratoire. DMX a ensuite été transporté à l’hôpital dans un état semi-conscient. Il est désormais dans un état stable.

Une carrière à double casquette

Le rappeur américain DMX détient pourtant une carrière prolifique dans la musique. Il se fait connaitre du monde de la musique par le titre « Get at Me Dog » en 1998 qui provient de son premier album, « It’s Dark and Hell Is Hot ». Un opus qui se hisse en tant que numéro un du Billboard en mai 1998 et s’est écoulé à plus de quatre millions d’exemplaires avec un autre tube « Ruff Ryders Anthem ». Son deuxième album  « Flesh of My Flesh, Blood of My Blood »est lancé six mois plus tard par son label Dej Jam. Il obtient des résultats similaires que le premier mais son troisième opus nommé « …And Then There Was X » qui est apparu en décembre 1999 est le plus commercial à ce jour. Le titre phare de cet opus est « Party up (up in here) ».

D’autres albums apparaîtront par la suite dans les années 2000 mais ils n’auront pas le même succès que les trois premiers. Il a vendu au total 38 millions d’albums c’est à dire le cinquième rappeur à avoir vendu le plus de disques. Mais DMX c’est plus que du rap. Le natif de Mount Vernon est aussi un acteur. Il a joué dans « Belly » de Hype Williams. On l’a vu aussi dans « Romeo Must Die » avec Jet Li et Aaliyah en 2000. Il s’est fait remarquer notamment dans Hors limites, dans lequel il a partagé la vedette avec Steven Seagal en salle en 2001. Le film a engrangé 35 millions de dollars dès son premier week-end en salle. Il a aussi participé à la série américaine très connue New York 911, en faisant une apparition dans un épisode. En 2004, DMX obtient finalement sa reconnaissance en tant qu’acteur en tenant le rôle principal dans « Never Die Alone ».

Une mauvaise gestion de sa notoriété 

Mais en dehors de ses deux métiers qu’ils ont amené à la gloire, DMX a enchaîné de nombreuses incartades qui l’a conduit à la déchéance. En 2010, il a été placé en hôpital psychiatrique. Les médecins ont diagnostiqué des troubles de la personnalité. Il a été plusieurs fois arrêté pour divers délits routiers notamment ou pour des possessions de drogues. Le rappeur de 45 ans a eu aussi des soucis avec son ex-femme Tashera Simmons pour des pensions alimentaires qu’il n’a pas payé à temps ou pour des infidélités (12 enfants avec 6 mères différentes). Les démons de son enfance difficile en tant que jeune délinquant sont des éléments qui peuvent expliquer cette chute ou autodestruction.

DMX n’a pas fait le ménage dans cet environnement néfaste pour une star comme lui. Résultat des courses, ces dérapages ont terni sa belle réputation. Un vrai gâchis pour un artiste qui a marqué l’histoire de la musique. Il a été le deuxième rappeur après Tupac à classer deux albums en numéro 1 au Billboard 200 le jour de sa sortie. En boite de nuit, certains de ses tubes passent encore ou sont repris dans des films. Mais à l’heure actuelle à chaque fois qu’on parle de lui, on le retrouve dans la case fait divers. Au sommet de son art, Earl Simmons était sous le label Def Jam. Depuis qu’il a quitté cette enseigne, le succès n’est pas revenu. On verra si il arrivera à sortir de cette spirale négative afin de retrouver le sommet sur le plan musical, sa première passion.