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Marcus Mosiah Garvey, le chantre du panafricanisme

Histoire

Marcus Mosiah Garvey, le chantre du panafricanisme

Par Redaction NOFI

Leader jamaïcain panafricaniste, fondateur de l’UNIA (United Negro Improvment Association) et promoteur du mouvement « Back to Africa ».

Marcus Mosiah Garvey, le chantre du panafricanisme

Par Paul Yange – Marcus Mosiah Garvey est l’une des plus importantes figures de la lutte pour l’égalité raciale à travers le monde. Créateur de l’UNIA (Universal Negro Improvment Association) qui est le premier mouvement international de masse destiné aux noirs de tous horizons, partisan d’un nationalisme noir et promoteur du mouvement « Back to Africa » dans les années 20, il a inspiré de nombreux leaders tel Jomo Kenyatta ou Kwame Nkrumah.

Dernier enfant d’une famille qui en comptait 11, Marcus Garvey est né le 17 août 1887 à St Ann’s Bay en Jamaique. De son père, Garvey hérite d’un intérêt pour la lecture et fait bon usage de la bibliothèque familiale. A 14 ans, il abandonne ses études pour travailler dans une imprimerie. En 1908, il participe à la première grève du syndicat des imprimeurs jamaïcains, ce qui lui vaut de figurer sur une liste noire. A la même période, il édite un journal, « the Watchman ». Cherchant des financements pour commencer de nouveaux projets, Garvey quitte la Jamaïque pour aller travailler au Costa-Rica. Au cours de son passage en Amérique latine, il connaît la dure expérience de la discrimination raciale, ce qui le sensibilise grandement au problème de la condition des Noirs à travers le monde (Dans chaque pays où il passe, il remarque que les noirs sont dans des positions sociales inférieures).

Garvey encourage les travailleurs à s’organiser en syndicats de façon à négocier de meilleures conditions de travail et crée des journaux au Costa-Rica et à Panama où il se plaint de la discrimination et des conditions de vie des travailleurs. Ses activités « subversives » sont rapidement portées à l’attention du gouvernement Costa-Ricain qui l’expulse du pays. A son retour en Jamaïque, marqué par ce qu’il a vu en Amérique du Sud, Garvey jette les bases de l’UNIA (Universal Negro Improvment Association), un mouvement destiné à améliorer la vie des Noirs partout dans le monde et auquel il consacrera bientôt sa vie. Garvey se rend en Angleterre pour y vivre avec sa sœur qui travaille comme gouvernante. A Londres, il travaille à la création d’un journal « The African & Orient Review. En 1914, il fonde l’UNIA dont la devise est « un Dieu, un but, une destinée ».

En 1916, Garvey transfère le siège de l’UNIA à New-York (Harlem) et ouvres des centaines de succursales dans d’autres pays à forte population noire. Garvey qui est un grand orateur devient dans le même temps un formidable leader ; Il veut la naissance d’un « nouvel homme nègre », fier d’être noir et a pour ambition d’unifier « les peuples noirs dispersés dans le monde ». Son journal, « Negro World »(publié en anglais, français et espagnol de 1918 à 1933) touche toutes les communautés noires du monde et pénètre jusque dans les villages reculés d’Afrique. Il retrace l’histoire des héros de la « race noire » et vante la richesse de la culture africaine. Garvey affirme que les Noirs ne seront respectés que lorsqu’ils seront économiquement forts. Il défend l’idée d’une économie « noire » à l’intérieur de l’architecture que constitue le capitalisme « blanc ». Pour atteindre ses buts économiques (indépendance économique des noirs), Garvey met en place les « Negroes Factory Corporation » et la « Black Star Line » en 1919 (une compagnie de transport maritime opérant entre les Etats-Unis, les Antilles et l’Afrique. Mais le projet se soldera par la faillite de la compagnie du fait d’une mauvaise gestion de ses activités).

Sous la direction de Garvey, l’UNIA va étendre son influence : en 1920, une conférence réunissant des délégués provenant de 25 pays a lieu durant un mois à New-York et connaît un énorme succès. Garvey est à l’apogée de sa puissance. La conférence se termine par un défilé rassemblant plus de 50 000 personnes dans les rues de Harlem et menées par un Garvey qui parade dans un char flamboyant. L’UNIA compte alors selon Garvey plus de 6 millions d’adhérents à travers le monde. Sept autres conférences internationales de l’UNIA se tiendront de 1920 à 1938 (5 furent organisées à New-York de 1920 à 1924 sous la direction de Garvey, les deux suivantes à la Jamaïque en 1929 et 1934, et la dernière au Canada en 1938).

Garvey passe à un autre projet très ambitieux en négociant avec le gouvernement libérien des terres pour les noirs originaires des Etats-Unis, des Caraïbes et de l’Amérique du Sud. Il veut constituer une « nation centrale pour la race noire » et envoie en 1920 un émissaire qui définit précisément le projet : transfert du siège de l’UNIA au Libéria, aide financière au pays pour la construction d’écoles et d’hôpitaux, liquidation des dettes libériennes, installation d’une population noire qui contribuerait à développer l’agriculture et mettre en valeur les ressources naturelles. Le gouvernement libérien très enthousiaste commence par donner son accord, puis, sous la pression des puissances coloniales de l’époque, revient sur sa décision avant qu’un seul des nouveaux immigrants soit arrivé. Les terres promises à Garvey sont finalement octroyées à la firme américaine Harvey Firestone très influente au Libéria et soutenue par le gouvernement des Etats-Unis.

Cependant, les méthodes controversées de Garvey en affaires, de même que sa doctrine prônant clairement la séparation « raciale » entre noirs et blancs lui valent de se faire des ennemis parmi les leaders noirs influents comme A Philip Randolf et WEB du Bois, qui préside la NAACP (Garvey considère la NAACP – National Association for the Advancement of colored people -, une association visant à défendre les droits des noirs comme « le plus grand ennemi des nègres »). L’influence de Garvey décline quand lui et d’autres membres de l’UNIA sont inculpés pour tentative de fraude sur les actions de la Black Star Line. Garvey est condamé à 5 années de prison, mais il ne passe que deux ans en prison avant d’être gracié par le président Coolidge et d’être expulsé en tant qu’ étranger indésirable.

De retour en Jamaïque en novembre 1927, Garvey continue à s’impliquer dans l’UNIA (il organisera des conférences internationales de l’UNIA en Jamaïque et au Canada), mais aussi dans la vie politique locale (avec plus ou moins de succès). En 1935, l’UNIA déplace ses quartiers généraux à Londres où Marcus Garvey continuera son œuvre, (sans réussir à revivifier le mouvement). Il meurt dans une relative indifférence le 10 juin 1940 des suites d’une hémorragie cérébrale.

Dates : 17 août 1887 – 10 juin 1940

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